Redécouvrir Vatican II


7 - La vie religieuse
"Perfectæ caritatis"

Dès l’origine de l’Église, il y eut des hommes et des femmes qui voulurent vivre les conseils évangéliques, pour suivre et imiter le Christ. Certains vécurent dans la solitude, d’autres fondèrent des familles religieuses approuvées par l’Église. Tous contribuèrent à enrichir l’Église et à l’embellir des dons de ses enfants. Tous ceux que Dieu appelle à la pratique des conseils évangéliques et en font profession se vouent au Seigneur en suivant le Fils, Christ chaste, pauvre et obéissant “Ils vivent toujours davantage pour le Christ et pour son Corps qui est l’Église.” (1)

Ce qui est statué par le Concile concerne les Instituts religieux, les Sociétés de vie commune sans vœux, et les Instituts séculiers.

Les principes de la rénovation sont le retour continu aux sources de toute vie chrétienne ainsi qu’à l’inspiration originelle des Instituts et la correspondance de ceux-ci aux conditions nouvelles d’existence. (2)

- Norme ultime et règle suprême: suivre le Christ.
- Pour le bien de l’Église: maintenir fidèlement l’esprit des fondateurs et les saines traditions qui constituent le patrimoine de chaque Institut et communier à la vie de l’Église.
- Brûler de zèle apostolique pour porter les secours nécessaires aux hommes d’aujourd’hui.

“Il faut bien voir que les meilleures adaptations aux exigences de notre temps ne produiront leur effet qu’animées par une rénovation spirituelle.” (2)


Les critères de la rénovation

L’organisation de la vie, de la prière et de l’activité doit être adaptée aux conditions physiques et psychiques des religieux et aux besoins de l’apostolat.

“Une rénovation efficace et une juste adaptation ne peuvent s’obtenir qu’avec le concours de tous les membres de l’Institut.” (3) Toutefois, les membres de tout Institut se rappelleront qu’ils ne vivent plus que pour Dieu seul, qu’ils ont dédié leur vie entièrement à son service, qu’ils ont renoncé au monde, et qu’ils sont morts au péché. Comme cette donation d’eux-mêmes a été acceptée par l’Église, ils sont également liés à son service.

“C’est pourquoi il faut que les membres de tout institut ne cherchant avant tout que Dieu seul, unissent la contemplation par laquelle ils adhèrent à Lui de cœur et d’esprit, et l’amour apostolique qui s’efforce de s’associer à l’œuvre de la Rédemption et d’étendre le Royaume de Dieu.” (5)

Les religieux doivent donc aimer Dieu avant tout, Lui qui nous a aimés le premier. Ils “cultiveront... l’esprit d’oraison et l’oraison elle-même...” Ils liront chaque jour la Sainte Écriture et “célébreront la sainte Liturgie, surtout le Mystère de la Très Sainte Eucharistie, priant selon l’esprit de l’Église, du cœur et des lèvres, et ils alimenteront leur vie spirituelle à cette source inépuisable.” (6)

Les Instituts de vie apostolique

Ils sont très nombreux dans l’Église. Dans ces Instituts, à la nature même de la vie religieuse, appartient l’action apostolique et bienfaisante qui leur est confiée par l’Église pour être exercée en son nom. “C’est pourquoi toute la vie religieuse de leurs membres doit être pénétrée d’esprit apostolique... animée par l’esprit religieux... Il faut que leur activité apostolique dérive de leur union intime avec Dieu.“ Il faut que, dans les différents instituts, “la vie des religieux au service du Christ soit soutenue par les moyens qui leur sont propres et qui leur conviennent.” (8)

La vie religieuse laïque

Cette vie constitue un état complet de la profession des conseils évangéliques. Elle est particulièrement utile à la charge pastorale de l’Église, dans l’éducation, le soin des malades, etc., et le Concile, qui la tient en grande considération, exhorte ses membres à adapter leur vie aux exigences du monde actuel. (10)

Les Instituts séculiers

Ces Instituts ne sont pas des Instituts religieux, mais ils comportent cependant une vraie profession des conseils évangéliques dans le monde. Ils sont reconnus par l’Église, et leurs membres, qui se donnent totalement à Dieu par leur consécration, doivent tendre à la charité parfaite. “Qu’ils sachent bien cependant qu’ils ne pourront accomplir cette tâche que s’ils reçoivent une solide formation dans les choses divines et humaines afin d’être, dans le monde, un levain pour la vigueur et l’accroissement du Corps du Christ. Que les supérieurs veillent donc sérieusement à ce qu’une formation surtout spirituelle leur soit donnée et se poursuive ultérieurement.” (11)

La chasteté

La chasteté pour le Royaume de Dieu évoque l’union par laquelle l’Église a le Christ comme unique Époux. La chasteté “dont les religieux font profession doit être regardée comme un grand don de la grâce. Elle libère le cœur de l’homme pour qu’il brûle de l’amour de Dieu et de tous les hommes... C’est un moyen très efficace pour le religieux de se consacrer sans réserve au service divin et aux œuvres de l’apostolat.” Pour rester fidèles à leur profession, les religieux doivent, entre autres choses, “ne pas présumer de leur forces, pratiquer la mortification et la garde des sens... et il repousseront tout ce qui peut mettre en péril la chasteté.” Ne seront admis à la profession de la chasteté que ceux ayant la maturité psychologique et affective nécessaire. (12)

La pauvreté

“La pauvreté volontaire, en vue de suivre le Christ... doit être pratiquée soigneusement par les religieux et même, au besoin, s’exprimer sous des formes nouvelles... Il ne suffit pas seulement de dépendre des supérieurs dans l’usage des biens, mais il faut que les religieux soient pauvres effectivement et en esprit, ayant leur trésor dans le ciel.”

Le travail est fortement recommandé aux religieux pour qu’ils puissent se procurer le nécessaire à l’entretien personnel et aux œuvres, mais ils doivent rejeter tout souci excessif, et se confier à la Providence du Père des cieux. D’une manière générale “il faut éviter tout luxe, tout gain immodéré ou cumul de biens.” (13)

L’obéissance

À l’exemple du Christ qui “est venu pour faire la volonté du Père”, les religieux font, par leur profession, l’offrande totale de leur propre volonté comme sacrifice d’eux-mêmes à Dieu. “Sous la motion de l’Esprit-Saint, ils se soumettent dans la foi à leurs supérieurs, représentants de Dieu... Loin de diminuer la dignité de la personne humaine, l’obéissance religieuse la conduit à la maturité en faisant grandir la liberté des enfants de Dieu.

Les supérieurs responsables exerceront l’autorité dans un esprit de service pour leurs frères.” (14)

La vie commune

La vie commune doit conduire “à persévérer dans la prière et la communion d’un même esprit, nourrie de la doctrine évangélique, de la Sainte Liturgie et surtout de l’Eucharistie... Membres du Christ, les religieux se préviendront d’égards mutuels, dans une vie de fraternité, portant les fardeaux les uns des autres,... car la charité est la plénitude de la loi et le lien de la perfection.” (15)

L’habit religieux

L’habit religieux est le signe de la consécration à Dieu: il doit être simple et modeste, “pauvre et décent,... adapté aux besoins de l’apostolat.” (17)

La formation des sujets

“... on poursuivra la formation spirituelle, doctrinale et technique des sujets, en prévoyant même l’obtention de diplômes appropriés... Il faut également leur donner... une connaissance suffisante des règles en vigueur ainsi que les manières de voir et de penser dans la vie sociale actuelle.” La formation doit ainsi aboutir chez le religieux, à l’unité de la vie. Cette formation devra se poursuivre tout au long de l’existence. (18)

Le maintien, l’adaptation ou l’abandon des œuvres propres à l’institut

“Les Instituts doivent conserver fidèlement et poursuivre leurs œuvres spécifiques” tout en les adaptant, au besoin, aux nécessités des temps et des lieux. Mais “il faut absolument conserver dans les Instituts religieux l’esprit missionnaire... pour que l’Évangile soit prêché plus efficacement parmi tous les peuples.” (20)

Le Concile traite ensuite des instituts en décadence et des unions entre Instituts religieux. (21 et 22) Des conférences ou conseils de Supérieurs majeurs seront organisés.


Les vocations religieuses

“Les prêtres et les éducateurs chrétiens doivent faire de sérieux efforts pour donner, à proportion des besoins de l’Église, un nouvel accroissement des vocations religieuses choisies avec soin et discernement... Il est permis aux Instituts de se faire connaître pour favoriser les vocations et de chercher des candidats, pourvu qu’ils le fassent avec la prudence requise et en observant les normes établies par le Saint-Siège et l’Ordinaire du lieu.” (24)


Conclusion

Le Concile tient les Instituts religieux en grande estime et “met un ferme espoir dans la fécondité de leurs œuvres, obscures ou connues de tous. Que les religieux... répandent le Bonne Nouvelle du Christ dans l’univers entier, et que leur témoignage soit visible à tous, et que notre Père qui est aux cieux soit glorifié.

Ainsi, par l’intercession de la très douce Vierge Marie, Mère de Dieu, dont la vie est pour tous une règle de conduite, ils connaîtront de continuels accroissements et porteront des fruits de salut plus abondants.” (25)


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