Au fil des jours ... en 2012





30 juin : Les premiers martyrs de l'Église de Rome († 64)
La mémoire de ce jour, aussi ancienne que celle des apôtres Pierre et Paul, fondateurs de l’Eglise de Rome, a été placée à cette date à partir de 1923, et en 1969, elle a été insérée dans le Calendrier romain général, pour compenser la suppression de presque toutes les mémoires des martyrs romains qui figuraient dans le précédent calendrier.

Au calendrier traditionnel : Commémoraison de Saint Paul, apôtre

et Mémoire de Saint Pierre, apôtre
(les deux princes des Apôtres ne sont jamais dissociés par la liturgie)



« Bienheureux apôtre Pierre, tu ne crains pas de venir dans cette grande cité [Rome], tandis que l'apôtre Paul, ton compagnon de gloire et de travaux, est occupé à l'organisation d'autres églises ; tu entres dans cette forêt remplie de bêtes féroces ; tu marches sur cet océan tumultueux avec plus de constance que sur la mer ; tu ne trembles point à l'aspect de cette maîtresse du monde, toi qui fus saisi de crainte, dans la maison de Caïphe, à la voix d'une simple servante. Est-ce que la tyrannie de Claude et la férocité de Néron étaient moins à craindre que le jugement de Pilate ou que la méchanceté des Juifs ? Mais ton amour vainquit tes craintes ; tu ne pensas point devoir céder à la terreur alors que tu travaillais au salut de ceux que tu avais pris en affection. Tu pris le sentiment de cette charité intrépide, lorsque tu donnas des témoignages d'un amour sincère à ton Maître, qui t'interrogea par trois fois et qui te confia la garde de son troupeau, en te recommandant de lui faire part de la même nourriture dont tu avais été nourri toi-même.

Paul, ton collègue à l'apostolat, ce vase d'élection, cet illustre docteur des Gentils, accourut alors et vint partager tes travaux dans cette ville où la pudeur, l'innocence et la liberté étaient aux abois sous la tyrannie du cruel Néron, dont la rage, excitée par toutes les mauvaises passions, en vint à cet excès de folie de soulever le premier contre le nom chrétien les fureurs d'une persécution générale, comme s'il eût prétendu anéantir la Grâce de Dieu en massacrant les saints. L'un des plus grands bienfaits de cette grâce est que le mépris de cette vie temporelle nous ouvre la porte des félicités éternelles. La mort des saints du Seigneur est précieuse devant ses Yeux. La religion fondée sur la Croix du Christ et cimentée de son Sang ne peut être ébranlée par les supplices les plus cruels. Les persécutions, loin d'abattre l'Église, la font briller d'une nouvelle splendeur : le champ du Seigneur produit alors au contraire une plus riche moisson, tous les grains qui tombent renaissent multipliés. Les milliers de martyrs qui reçurent les palmes du triomphe prouvent d'une glorieuse manière combien se multiplièrent ces deux illustres grains de la Semence divine ; ces dignes émules des glorieux apôtres entourèrent notre cité d'une vaste ceinture de tombeaux qui couronnent son front comme un diadème composé de perles précieuses.

Nous devons nous réjouir, bien-aimés, d'une si puissante protection, nous fortifier dans la foi et nous encourager à la patience par leur exemple ; mais la fête des bienheureux apôtres doit encore exciter notre joie ; Dieu les a choisis entre tous les membres de son Église, et Il en a fait les yeux mystiques du Corps dont la tête est le Christ. Nous ne devons établir aucune différence entre leurs mérites et leurs vertus qui sont inénarrables. Leur élection, leurs travaux et leur mort les rendent tous deux parfaitement égaux. Notre propre expérience nous l'a appris et nos aînés nous l'ont confirmé : les prières de ces deux illustres patrons nous sera d'un grand secours pour obtenir la Miséricorde de Dieu dans les travaux de cette vie ; car, si nous sommes accablés par le poids de nos propres péchés, les mérites des apôtres nous soutiennent par notre Seigneur Jésus Christ, qui forme, avec le Père et le saint Esprit, une seule Puissance et une seule Divinité dans les siècles des siècles. Amen. »

Saint Léon le Grand († 461), extraits du Sermon sur la Fête des Apôtres Saints Pierre et Paul, Traduction française de Ernest de Montferrier, d'une édition de 1838 : "Chefs d'oeuvre des Pères de l'Église", mise en français moderne.

(Source)



Jean-Leon Gérôme (1824-1904) : "Dernières prières des martyrs chrétiens" (1883)
Walters Art Museum, Baltimore, Maryland (USA)



Mois du Sacré-Coeur

Trentième jour : Le Sacré-Cœur et Saint Jean

Il ne suffit pas au Sauveur de répandre ses dons sur Saint Jean, il veut lui donner jusqu’à la source. Tous les dons viennent de l’amour ; il lui a donné son amour ; c’est au cœur que l’amour prend son origine ; il lui donne encore le cœur et le met en possession du fonds dont il lui a déjà donné tous les fruits. Viens, dit-il, oh ! mon cher disciple, je t’ai choisi devant tous les temps pour être docteur de la charité, viens la boire jusque dans sa source, viens-y prendre ces paroles pleines d’onction par lesquelles tu attendriras mes fidèles ; approche de ce Cœur qui ne respire que l’amour des hommes, et, pour mieux parler de mon amour, viens sentir de près les ardeurs qui me consument… Ô Jean, puisque vous en êtes le maître, ouvrez-nous ce Cœur de Jésus, faites-nous-en remarquer tous les mouvements que la seule charité excite. C’est ce qu’il a fait dans tous ses écrits ; tous les écrits de Saint Jean ne tendent qu’à expliquer le Cœur de Jésus. En ce Cœur est l’abrégé de tous les mystères du christianisme, mystères de charité dont l’origine est un cœur ; un cœur, s’il se peut dire, tout pétri d’amour ; toutes les palpitations, tous les battements de ce cœur, c’est la charité qui les produit. Voulez-vous voir Saint Jean vous montrer tous les secrets de ce Cœur ? Il remonte jusqu’au principe, in principio ; c’est pour venir à ce terme : et habitavit, il a habité parmi nous. Qui l’a fait ainsi habiter parmi nous ? L’amour.
Bossuet (1627-1704)

Exemple : Une révélation de Sainte Gertrude sur le Sacré-Cœur
Un jour, Saint Jean, l’apôtre bien-aimé du Cœur de Jésus, fut montré à Sainte Gertrude dans l’éclat d’une gloire incomparable… S’adressant à Gertrude, Jean lui disait : « Epouse de mon Maître, venez : ensemble, reposons notre tête sur la très douce poitrine du Sauveur ; en elle sont renfermés tous les trésors du ciel. » Or, comme la tête de Gertrude était inclinée à la droite et la tête de Jean à la gauche de la poitrine de Jésus, le disciple bien-aimé poursuivit : « c’est ici le Saint des saints ; tous les biens de la terre et du ciel y sont attirés comme vers leur centre. » Cependant, les battements du Cœur de Jésus ravissaient l’âme de Gertrude : « Bien-aimé du Seigneur, demanda-t-elle à Saint Jean, ces battements harmonieux qui réjouissent mon âme réjouirent-ils la vôtre quand vous reposâtes, durant la Cène, sur la poitrine du Sauveur ? – Oui, je les entendis, et leur suavité pénétra mon âme jusqu’aux moelles. – D’où vient donc que, dans votre Evangile, vous avez à peine laissé entrevoir les secrets amoureux du Cœur de Jésus-Christ ? – Mon ministère, dans ces premiers temps de l’Eglise, répondit l’Apôtre bien-aimé, devait se borner à dire sur le Verbe divin, Fils éternel de Dieu, quelques paroles fécondes que l’intelligence des hommes peut toujours méditer, sans en épuiser jamais les richesses ; mais aux derniers temps était réservée la grâce d’entendre la voix éloquente du Cœur de Jésus. A cette vois, le monde vieilli rajeunira. Il sortira de sa torpeur, et la chaleur de l’amour divin l’enflammera encore. »
(Sainte Gertrude)

Page d’histoire :
Dans une paroisse de la Suisse, deux hommes des plus influents s’étaient brouillés et bientôt leur rancune dégénéra en inimitié publique, au grand scandale de la population. Toutes les démarches tentées pour les réconcilier avaient été inutiles, lorsque plusieurs personnes pieuses entreprirent une neuvaine au Sacré Cœur avec toute la ferveur possible. Par un prodige humainement inexplicable, dès le lendemain, l’un des deux ennemis envoya dire à l’autre qu’il désirait rentrer en grâce avec lui. La réconciliation eut lieu le jour même, et, le dimanche suivant, ils communièrent en présence de toute la paroisse qui rendit des actions de grâces au Sacré Cœur.

Bouquet spirituel :
Il est écrit que Saint Jean s’est reposé sur le Cœur de Jésus : c’est là qu’il a puisé les trésors de la sagesse et de la science.
Origène (v.185-v.253)

Saint Jean, pendant le sommeil, puisa de ce Cœur la connaissance des mystères célestes : Saint Thomas, en le scrutant, y découvrit d’abondants trésors. Grande école que celle où se formèrent de tels disciples !
Saint Thomas de Villeneuve (v.1487-1555)

Pratique :
Pour nous rappeler plus facilement les promesses et les désirs du Cœur de Jésus, ayons dans notre principal livre de piété quelque image ou quelque feuille qui nous en renouvelle le souvenir. Ornons notre chambre d’une image de ce Cœur Sacré.

Oraison jaculatoire :
Cœur Sacré de Jésus, qui nous aimez d’un amour aussi persévérant que généreux, rendez notre amour généreux et persévérant.

"Mois du Sacré Cœur - à l’usage des personnes occupées", par Franc, Maison de la Bonne Presse, 1901.
Nihil Obstat Lutetiae Parisiorum, die 7 maii 1901. Franc. Picard
Imprimatur Lutetiae Parisiorum, die 9 maii 1901. E. Thomas, Vic. Gen.
et
"Mois du Sacré Cœur – Tiré des écrits des Saints, des Pères et des auteurs ascétiques", par le P. Vincent Jeanroy, Paris, Bayard, 1900 (nlle édition).
Imprimatur Luxemburgi, in festo Ascensionis, 1896. + Joannes-Josephus, Epis. Luxemburgensis.
Parisiis, die 13 junii 1900. E. Thomas, Vic. Gen.



Intentions de prière du Pape Benoît XVI pour le mois de juillet

Universelle :
"Pour que tous puissent avoir un travail et l'effectuer dans des conditions de stabilité et de sécurité."

Missionnaire :
"Pour que les volontaires chrétiens, présents dans les territoires de mission, sachent témoigner de la charité du Christ."

Source : Apostolat de la prière.





Chant serbe à la Vierge Marie - Soeurs de Sainte Elisabeth du monastère de Minsk



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