Visages du Christ

Textes des Eglises



Eglise Catholique Romaine



Extraits du Catéchisme de l'Eglise Catholique, Paris, Mame-Plon, 1992.



476
Puisque le Verbe s'est fait chair en assumant une vraie humanité, le corps du Christ était délimité (1). A cause de cela, le visage humain de Jésus peut-être " dépeint " (Ga 3,2). Au sixième Concile œcuménique (2), l'Eglise a reconnu comme légitime qu'il soit représenté sur des images saintes.

477
En même temps l'Eglise a toujours reconnu que, dans le corps de Jésus, " Dieu qui est par nature invisible est devenu visible à nos yeux " (3). En effet, les particularités individuelles du corps du Christ expriment la personne divine du Fils de Dieu. Celui-ci a fait siens les traits de son corps humain au point que, dépeins sur une image sainte, ils peuvent être vénérés car le croyant qui vénère son image " vénère en elle la personne qui y est dépeinte " (4).

(1): Cf. Cc. Latran en 649 : DS 504
(2): Cc. Nicée II en 787 : DS 600-603
(3): Préface de Noël
(4): Cc. Nicée II : DS 601

1159
L'image sacrée, l'Icône liturgique, représente principalement le Christ. Elle ne peut pas représenter le Dieu invisible et incompréhensible; c'est l'Incarnation du Fils de Dieu qui a inauguré une nouvelle " économie " des images :
Autrefois Dieu qui n'a ni corps, ni figure, ne pouvait absolument pas être représenté par une image. Mais maintenant qu'Il s'est fait voir dans la chair et qu'Il a vécu avec les hommes, je peux faire une image de ce que j'ai vu de Dieu. (…) Le visage découvert, nous contemplons la gloire du Seigneur (1).
1160
L'iconographie chrétienne transcrit par l'image le message évangélique que l'Ecriture Sainte transmet par la parole. Image et parole s'éclairent mutuellement.
Pour dire brièvement notre profession de foi, nous conservons toutes les traditions de l'Eglise écrites ou non écrites qui nous ont été transmises sans changement. L'une d'elle est la représentation picturale des images, qui s'accorde avec la prédication de l'histoire évangélique, en croyant que, vraiment et non pas en apparence, le Dieu Verbe s'est fait homme, ce qui est aussi utile et aussi profitable, car les choses qui s'éclairent mutuellement ont indubitablement une signification réciproque (2).
(1) : S. Jean Damascène, imag. 1,16
(2) : Cc. Nicée II, en 787 : COD 111

" La beauté et la couleur des images stimulent ma prière. C'est une fête pour mes yeux, autant que le spectacle de la campagne stimule mon cœur pour rendre gloire à Dieu. "
S. Jean Damascène, imag. 1,27
2129
L'injonction divine comportait l'interdiction de toute représentation de Dieu par la main de l'homme. Le Deutéronome explique : " Puisque vous n'avez vu aucune forme, le jour où le Seigneur, à l'Horeb, vous a parlé du milieu du feu, n'allez pas vous pervertir et vous faire une image sculptée représentant quoi que ce soit… " (Dt 4,15-16). C'est le Dieu absolument Transcendant qui s'est révélé à Israël. " Il est toutes choses " mais, en même temps, " Il est au-dessus de toutes ses œuvres " (Si 43,27-28). Il est " la source même de toute beauté créée " (Sg 13,3).

2130
Cependant, dès l'Ancien Testament, Dieu a ordonné ou permis l'institution d'images qui conduiraient symboliquement au salut par le Verbe incarné : ainsi le serpent d'airain (1), l'arche d'alliance et les chérubins (2).

2131
C'est en se fondant sur le mystère du Verbe incarné que le 7° Concile œcuménique, à Nicée (en 787), a justifié, contre les iconoclastes, le culte des icônes : celles du Christ, mais aussi celles de la Mère de Dieu, des anges et de tous les saints. En s'incarnant, le Fils de Dieu a inauguré une nouvelle " économie " des images.

2132
Le culte chrétien des images n'est pas contraire au premier commandement qui proscrit les idoles. En effet, " l'honneur rendu à une image remonte au modèle original (3) ", et " quiconque vénère une image, vénère en elle la personne qui y est dépeinte (4) ". L'honneur rendu aux saintes images est une " vénération respectueuse ", non une adoration qui ne convient qu'à Dieu seul :
Le culte de la religion ne s'adresse pas aux images en elles-mêmes comme des réalités, mais les regarde sous leur aspect propre d'images qui nous conduisent à Dieu incarné. Or le mouvement qui s'adresse à l'image en tant que telle ne s'arrête pas à elle, mais tend à la réalité dont elle est l'image (5).
(1) : Cf Nb 21,4-9 ; Sg 16,5-14 ; Jn 3,14-15
(2) : Cf Ex 25,10-22 ; 1R 6,23-28 ; 7,23-26
(3) : S. Basile, Spir. 18,45
(4) : Cc. Nicée II : DS 601 ; Cf Cc. Trente : DS 1821-1825 ; Cc. Vatican II : SC 126 ; LG 67
(5) : S. Thomas d'A., s. th. 2-2,81,3,ad 3



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