Visages du Christ



Une interrogation permanente, voilà ce qu'est le visage du Christ : rien de plus, mais rien de moins. Parce qu'il est l'homme tout entier, et qu'il assume dans sa plénitude notre nature, tout peut être dit sur lui, et tout a été dit en effet. Selon qu'on a cherché à lui appliquer tel ou tel passage des Ecritures, on l'a décrit "le plus beau parmi les enfants des hommes" comme l'avait dit le Psaume XLV, ou misérable, méprisable, triste et laid comme l'abandon, ainsi que l'évoquait le prophète Isaïe dans son célèbre chapitre LIII. Et il est bon que, de ce point de vue aussi, il apparaisse "signe de contradiction". Si, par hasard, un portrait authentique avait existé de lui, si Luc ou Matthieu avaient donné une description précise, irrécusable, de sa personne, un type du Seigneur eût été imposé une fois pour toutes, et l'humanité y eût assurément perdu. Elle eût perdu cette chance unique de se représenter le Dieu vivant sous tous les aspects, dans toutes les expressions qu'une recherche deux fois millénaire a indéfiniment dénombrées. Un des plus grands thèmes de l'inspiration de l'Occident eût été nul et non avenu. Bienheureuse ignorance ! C'est à cause d'elle que l'art a pu exprimer la foi !

Daniel-Rops, Christus, Editions du Florilège, Société Internationale d'Edition, Paris, 1950



"Celui qui est vraiment pieux met surtout sa dévotion dans l'objet invisible que représentent les images. Il n'a pas besoin de beaucoup d'images ; très peu lui suffisent [...]. Il y a plus : son coeur n'a aucune attache aux images dont il se sert. Vient-on les lui enlever, il ne s'en préoccupe pas beaucoup ; il cherche en effet, cette image vivante qu'il porte en lui-même, c'est-à-dire Jésus crucifié. Voilà pourquoi, par amour pour lui, il est plutôt heureux de ce qu'on lui enlève tout et de ce que tout lui manque, même les moyens qui semblaient les plus aptes à l'élever vers Dieu. [...] Sans doute c'est une chose bonne que de se réjouir quand on a ces images ou ces moyens qui favorisent la dévotion ; aussi doit-on choisir toujours celles qui y portent le plus ; mais ce n'est pas une perfection que d'y être tellement attaché qu'on les possède avec un esprit de propriété. [...] Ce moyen doit aider l'âme à prendre son vol vers Dieu, et il doit être aussitôt mis de côté."

Jean de la Croix, La Montée du Carmel, l. III, chap. 34 (Paris, édit. du Seuil, 1947, p. 432)




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