La dévotion au Sacré-Coeur de Jésus

Annexes




3. 1789-1814 : la Révolution française et Napoléon
les mesures antireligieuses en France


1789 : Le 5 mai, les Etats généraux s'ouvrent à Versailles.
Le 17 juin, devant l'absence de réformes et sur proposition du député de Paris l'Abbé Sieyès (1748-1836), le Tiers Etat se proclame Assemblée nationale (soit cent ans jour pour jour après le "Message du Sacré Cœur à la France" reçu par Marguerite-Marie).
Le 20 juin, Serment du Jeu de Paume.
Le 9 juillet, l'Assemblée nationale se déclare constituante.
Le 14 juillet, soulèvement du peuple parisien, et prise de la Bastille.
Le 17 juillet, Louis XVI se rend à l'Hôtel de Ville et y reçoit la cocarde tricolore, avalisant la révolution.
En juillet-août, la "grande peur" se propage en France, et les "jacqueries" se multiplient en province.
Le 4 août, l'Assemblée décrète l'abolition des privilèges, dont la dîme et le casuel.
Le 26 août, est voté à l'Assemblée le texte de la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen.
Les 5 et 6 octobre, des femmes marchent sur Versailles, et obligent la famille royale à regagner Paris.
Le 2 novembre, sur proposition de Talleyrand, les biens du clergé sont confisqués, et "mis à la disposition de la Nation".
Le 17 décembre, ces biens sont en partie vendus pour éponger la dette publique. Création du futur assignat, garanti par les terres confisquées à l'Eglise.

1790 : Le 13 février, un décret interdit les vœux monastiques perpétuels et les congrégations religieuses à vœux solennels sont supprimées.
Le 15 février, création des départements.
Le 17 avril, l'Assemblée vote la nationalisation des biens de l'Eglise. La religion catholique cesse d'être la religion de l'Etat.
En juin, les premiers baptêmes civiques sont célébrés à Strasbourg.
Le 3 juillet, La Constituante supprime les congrégations à vœu solennel.
Le 12 juillet, L'Assemblée Constituante vote la Constitution civile du clergé (promulguée le 24 août), visant à créer une Eglise nationale, intégrée dans l'Etat. L'acte divise la France en 83 diocèses (qui coïncident avec les départements) groupés en 10 métropoles, et le prêtre devient un salarié de la nation. L’Abbé Henri Grégoire est le premier à y prêter serment.
Le 14 juillet, la fête de la Fédération est célébrée au Champ de Mars.
Le 28 juillet, Louis XVI demande au pape d'examiner la Constitution.

« Très saint Père, c'est en vous seul que j'ai mis mon espoir. Le petit-fils de saint Louis, soumis au successeur de saint Pierre, vous demande non seulement des conseils, mais des ordres qu'il s'empressera de faire exécuter. […] Mais le temps presse : l'esprit impur a soufflé. Très saint Père, soyez l'interprète du Ciel. Hâtez-vous de prononcer ; soyez l'Ange de lumière qui dissipe les ténèbres ; j'attends avec impatience votre décision, cette Bulle que réclame le clergé et que demande le Fils aîné de l'Eglise, toujours fidèle au Saint-Siège. »

Le 17 août, Pie VI félicite Louis XVI pour sa sagesse, et l'informe qu'il va instituer une commission qui sera chargée d'examiner la Constitution. Il en prononcera la condamnation par le Bref du 10 mars 1791.
Le 24 août, Louis XVI signe la Constitution.
Le 30 septembre, l'Assemblée constituante se sépare.
Le 21 octobre, première apparition du drapeau tricolore.
Le 30 octobre, 93 évêques de l'Assemblée réfutent la nouvelle Loi dans un Mémoire.
Le 27 novembre, un décret de l'Assemblée impose à tous les ecclésiastiques en exercice (évêques, curés, vicaires, directeurs de séminaires) de jurer fidélité à la nouvelle Constitution dans les 8 jours, sous peine de destitution : « Je jure de veiller avec soin sur les fidèles qui me sont confiés, d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi, et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée Nationale et acceptée par le roi. » Seuls quatre évêques résidentiels prêtent serment : le cardinal Loménie de Brienne (Sens), Talleyrand (Autun), Jarente (Orléans) et Savine (Viviers), ainsi qu'un tiers du bas clergé.

1791 : Le 4 janvier, à l'Assemblée Nationale, 40 évêques sur 44 refusent de prêter serment.
Le 27 janvier, les curés et vicaires qui refusent le serment doivent être remplacés par des jureurs.
Le 30 janvier, les paroisses d'Angers sont réduites de 19 à 8.

Le 24 février, Talleyrand sacre évêques deux prêtres jureurs.
Le 10 mars, Pie VI, par le bref
Quod Aliquantum, condamne la Constitution civile du clergé « qui renverse les dogmes les plus sacrés, abolit les cérémonies les plus saintes et entraîne toutes sortes de calamités ».
L'Eglise Sainte-Geneviève est transformée en Panthéon.
Le 2 avril, mort de Mirabeau, inhumé au Panthéon. Voltaire l'y rejoindra le 11 juillet.
Le 13 avril, Pie VI, dans le bref
Caritas adressé aux cardinaux, évêques, chapitres, clergé et peuple de France, déclare qu'aucun fidèle ne peut plus douter que « cette nouvelle Constitution civile du clergé ne soit établie sur des principes hérétiques ». Les prêtres qui prêtent serment à la Constitution (les "jureurs") sont déclarés "suspens" par Pie VI (le roi cesse donc de les reconnaître). Les élections et actes de juridiction à venir sont frappés de nullité, et il invite les évêques et prêtres non jureurs à résister. Plusieurs jureurs se rétractent alors.
A Paris, la foule brûle une effigie du pape au Palais-Royal.
Le 23 avril, les administrateurs du Maine-et-Loire écrivent au président de l'Assemblée :
«département est, des quatre-vingt-trois départements, le plus hérissé d'ecclésiastiques réfractaires. »
Le 21 juin, Louis XVI et la famille royale sont arrêtés dans leur fuite à Varennes, et ramenés prisonniers à Paris (le 25).
Au cours de l'été, élection de l'Assemblée législative.
Le 3 septembre, la nouvelle Constitution est adoptée et acceptée par Louis XVI, qui prête serment le 14, et devient "roi des Français".
Le 12 septembre, La France annexe les états pontificaux d'Avignon et du Comtat Venaissin.
Le 30 septembre, fin de la Constituante.
Le 1° octobre, première réunion de l'Assemblée législative.
Le 9 novembre, l'Assemblée vote un décret qui déclare tout émigré non rentré le 1° janvier 1792 suspect de conspiration.
Le 18 novembre, les prêtres réfractaires sont mis hors la loi.
Le 29 novembre, l'Assemblée vote un décret qui oblige tous les prêtres (même ceux qui n'ont aucun emploi public) à prêter serment à la Constitution. Les ecclésiastiques qui n'auront pas prêté serment dans les huit jours sont déclarés "suspects de révolte contre la loi et de mauvaises intentions contre la patrie". Louis XVI oppose son veto au décret. A la fin de l'année, on dénombre environ 1500 prêtres à avoir rejoint Rome.

1792 : La Religion civique prévoit dans les communes un autel de la patrie. Les tables de la Déclaration des droits de l'Homme et de la Constitution sont offertes à la vénération publique.
Le 23 mars, appelés par le roi, les Girondins accèdent au pouvoir.
Le 20 avril, sur proposition de Louis XVI, l'Assemblée législative déclare la guerre au roi de Bohême et de Hongrie. C'est le début des guerres révolutionnaires.
Le 25 avril, première exécution avec la guillotine. Le bandit Nicolas Pelletier est décapité en place de Grève.
Le 26 mai, tous les prêtres insermentés de Maine-et-loire doivent résider à Angers et pointer chaque jour.
Le 27 mai, l'Assemblée nationale décrète que les prêtres réfractaires, dénoncés par 20 citoyens d'un canton, seront expulsés de France. Les prêtres réfractaires qui se cachent et les chrétiens qui les cachent sont déclarés ennemis de la nation. De très nombreux chrétiens (prêtres, religieux et laïcs) sont, pour ce motif, jugés et exécutés. Le 11 juin, Louis XVI oppose son veto à ce nouveau décret.
Le 29 mai, la garde du roi est licenciée par décret de l'Assemblée.
Le 6 juin, formation par décret d'un camp de 20.000 fédérés près de Paris. Nouveau veto du roi.
Le 13 juin, Louis XVI renvoie le ministère girondin.
Le 17 juin, les prêtres insermentés résidant à Angers sont incarcérés.
Le 20 juin, insurrection dans les faubourgs, des émeutes éclatent aux Tuileries.
Le 11 juillet, l'Assemblée législative décrète la patrie en danger. Des volontaires de tout le pays arrivent à Paris. Fin juillet, les fédérés marseillais rejoignent la capitale.
Le 10 août, une Commune insurrectionnelle est constituée à l'Hôtel de Ville. Les troupes révolutionnaires s'emparent des Tuileries. Chute de la Monarchie, le roi est enfermé au Temple avec sa famille.
Le 14 août, l'Assemblée impose aux prêtres le nouveau serment de "Liberté Egalité" : «jure de maintenir de tout mon pouvoir la liberté et l'égalité, ou de mourir en les défendant. »
Le 17 août, création d'un Tribunal extraordinaire.
Le 18 août, vote d'une loi qui supprime l'ensemble des corporations vouées à l'enseignement et à la charité (y compris les corporations religieuses ou séculières ecclésiastiques), et défend le port du costume de ces corporations.
Le 19 août, invasion des Austro-Prussiens en Lorraine.
Le 24 août, décret de déportation accordant un délai de 15 jours aux prêtres réfractaires pour quitter le sol français. Une véritable chasse s'organise. 30.000 prêtres quittent ainsi le pays.
Le 2 septembre, capitulation de Verdun.
Entre le 2 et le 6 septembre,
Massacres de septembre, à Paris, Meaux, Châlons, Rennes et Lyon, prélude à la Terreur. Plus d'un millier de royalistes, prêtres réfractaires et détenus de droit commun sont massacrés par le peuple en armes. Parmi ceux-ci, 3 évêques, Mgr du Lau (Arles), Mgr de la Rochefoucauld (Beauvais) et son frère (Saintes), 127 prêtres séculiers, 55 religieux et 5 laïcs, massacrés aux Carmes seront béatifiés le 17 octobre 1926 par Pie XI. Les Prussiens entrent en Champagne.
Mi-septembre, la Convention nationale remplace la Législative.
Le 20 septembre, l'état civil est laïcisé et le divorce institué. Victoire de Valmy.
Le 21 septembre, ouverture de la Convention nationale. La royauté est abolie.
Le 22 septembre, la 1° République est proclamée.
En septembre-octobre, offensives victorieuses en Savoie, au comté de Nice et sur le Rhin.
Le 6 novembre, victoire de Jemmapes, suivie de la conquête de la Belgique.
Le 18 novembre, Thomas Lindet (1743-1823), élu en 1791 évêque constitutionnel de l'Eure, se marie devant un prêtre constitutionnel.
Le 10 décembre, ouverture du procès de Louis XVI.

1793 : Le 21 janvier, Louis XVI est guillotiné place de la Révolution (actuelle place de la Concorde).
En février, une coalition s'organise contre la France, composée de l'Angleterre, de l'Autriche et de la Prusse, de la Hollande, de la Sardaigne, de Naples et de l'Espagne.
Le 14 février, un décret déclare que quiconque dénoncera et fera arrêter un réfractaire touchera 100 livres.
Le 25 février, la Convention décrète la levée de 300.000 conscrits. La Vendée refuse la conscription.
Le 26 février, quiconque cache une personne sujette à la déportation devient passible de six ans de fer.
Le 10 mars, début de la 1° guerre de Vendée. Création du Tribunal révolutionnaire. Un manifeste, imprimé et largement diffusé en Vendée, expose clairement les raisons du soulèvement des vendéens :

« 1° Ecartez de nous le fléau de la milice, et laissez aux campagnes des bras qui leur sont nécessaires. Vous nous parlez d'ennemis qui menacent nos foyers. C'est là que nous saurons les repousser s'ils viennent nous attaquer ; c'est là que nous saurons défendre contre eux et contre tous autres nos femmes, nos enfants, nos bestiaux et nos récoltes, ou périr avec eux ;
2° Rendez à nos vœux les plus ardents nos anciens pasteurs, ceux qui furent dans tous les temps nos bienfaiteurs et nos amis, qui partagent nos peines et nos maux, nous aident à les supporter par de pieuses instructions et par leur exemple. Rendez-nous, avec eux, le libre exercice d'une religion qui fut celle de nos pères, et pour le maintien de laquelle nous saurons verser jusqu'à la dernière goutte de notre sang.
Telles sont nos principales demandes. Nous y joignons notre vœu pour le rétablissement de la royauté, ne pouvant vivre sous un gouvernement républicain qui ne présente à nos esprits que des idées de division, de trouble et de guerre.
Vous nous parlez des chefs qui nous égarent. Nous ne reconnaissons de chefs, que l'amour de notre sainte religion, de la justice et d'une sage liberté. Nous sommes tous animés du même esprit. »
In Yves Daoudal : "Guillaume Repin et ses quatre-vingt-dix-huit compagnons", D. Martin Morin, 1984.

Le 18 mars, les réfractaires à la loi de déportation sont passibles de mort.
Le 19 mars, les prêtres, nobles, émigrés et citoyens suspects d'avoir participé à des attroupements ou réunions séditieuses sont passibles de mort, avec confiscation des biens.
Le 20 mars, perte de la Belgique.
Le 6 avril, création du Comité de salut public.
Le 21-23 avril, bannissement et déportation en Guyane des ecclésiastiques réfractaires (y compris les frères convers). Ceux qui ont prêté le serment peuvent être déportés pour incivisme. La désobéissance à la loi entraîne la peine de mort dans les 24 heures.
En juin, les cérémonies et les processions hors des églises sont interdites, ainsi que le port des insignes sacerdotaux. Les prêtres sont incités à abjurer et à se marier.
Le 2 juin, les Girondins, en désaccord avec les Montagnards, sont éliminés de la Convention. Soulèvements en province.
Le 11 juin, à l'occasion du Consistoire, Pie VI s'adresse à la France :

« Ah ! France ! Ah ! France ! Toi que nos prédécesseurs appelaient le miroir de la chrétienté et l'inébranlable appui de la foi, toi qui par ton zèle pour la croyance chrétienne et par ta piété filiale envers le siège apostolique, ne marches pas à la suite des autres nations, mais les précèdes toutes, que tu nous es contraire aujourd'hui ! De quel esprit d'hostilité tu parais animée contre la véritable religion !
Combien la fureur que tu lui témoignes surpasse déjà les excès de tous ceux qui se sont montrés jusqu'à présent ses persécuteurs les plus implacables ! Et cependant tu ne peux pas ignorer, quand même tu le voudrais, que la religion est la gardienne la plus sûre et le plus solide fondement des empires, puisqu'elle réprime également les abus d'autorité dans les puissances qui gouvernent, et les écarts de la licence dans les sujets qui obéissent. Et c'est pour cela que les factieux adversaires des prérogatives royales cherchent à les anéantir et s'efforcent d'amener d'abord le renoncement à la foi catholique.
Ah ! encore une fois, France ! Tu demandais même auparavant un roi catholique. Tu disais que les lois fondamentales du Royaume ne permettaient point de reconnaître un roi qui ne fût pas catholique, et c'est précisément parce qu'il était catholique que tu viens de l'assassiner !
»

Le 12 juin, Jacques Cathelineau (1759-1793) est élu commandant en chef de l'armée catholique et royale (il mourra le 14 juillet, 15 jours après avoir été blessé à Nantes ; sa famille sera anoblie en 1817, et il est connu aujourd'hui sous le titre de "Saint de l'Anjou"). L'emblème du Sacré-Cœur apparaît sur les étendards et les scapulaires se répandent parmi l'armée vendéenne.
Le 24 juin, la Convention promulgue une nouvelle Constitution (la Constitution de l'An I), qui ne sera jamais appliquée.
Le 10 juillet, Danton est éliminé du Comité de Salut public, et le 27, Robespierre y fait son entrée. Un gouvernement révolutionnaire est institué, qui instaure la Terreur.
Le 13 juillet, assassinat de Marat par Charlotte Corday.
Le 26 juillet, Barère, membre du Comité de Salut Public, dans un discours prononcé à la tribune de la Convention, programme l'extermination des vendéens.

« Le Comité de Salut public a préparé des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle, à faire disparaître leurs repaires, à incendier leurs forêts, à couper leurs récoltes. C'est dans les plaies gangrénantes que la médecine porte le fer et le feu, c'est à Mortagne, à Cholet, à Chemillé que la médecine politique doit employer les mêmes moyens et les mêmes remèdes : c'est faire le bien que d'exterminer le mal ; c'est être bienfaisant que de punir les révoltés… »

Le 1° août, la Convention décrète la destruction matérielle de la Vendée insurgée.
Le 10 août, première fête du culte de la déesse Raison, organisée place de la Bastille.
Le 23 août, suite aux défaites des armées du Nord, la Convention décrète la levée en masse.
Le 6 septembre, délivrance de Dunkerque.
Le 9 septembre, la Convention décrète la destruction de la Sainte ampoule qui a servi au sacre des rois de France depuis Clovis en 496, et qui est conservée à l'abbaye Saint-Remi à Reims. Elle sera détruite le 7 octobre suivant.
Le 17 septembre, vote de la "loi des suspects" qui étend la Terreur, et marque le début de la déchristianisation active : sera arrêté quiconque est connu comme "ennemi de la liberté", ou n'aura pas manifesté son "attachement à la Révolution".
Le 5 octobre, le calendrier révolutionnaire (ou républicain) est instauré, en remplacement du calendrier julien. Le nouveau calendrier supprime les dimanches et les jours de fête religieuse. Toutes les villes, places et rues au nom d'un saint sont débaptisées.
Le 7 octobre, le conventionnel montagnard Philippe-Jacques Rühl se fait remettre la Sainte ampoule par l'Abbé Seraine, curé de St-Remi de Reims, et la détruit à coups de marteau sur les degrés du piédestal qui a porté la statue de Louis XV. Une portion du baume avait été prélevée par le curé et sera plus tard placé dans une nouvelle Sainte ampoule. C'est cette nouvelle ampoule qui servira au sacre de Charles X.
Le 10 octobre, Fouché ordonne que l'on laïcise les convois funèbres.
Le 16 octobre, la reine Marie-Antoinette est guillotinée.
Le 17 octobre, victoire de Cholet sur les Vendéens. Début de la Virée de Galerne au nord de la Loire.
Le 21 octobre (30 vendémiaire an II), un décret condamne à l'échafaud les prêtres qui se sont soustraits au bannissement, ainsi que leurs complices. Tout citoyen qui fera arrêter un prêtre insermenté pris les armes à la main ou muni d'un signe contre-révolutionnaire (tel le Sacré-Cœur) recevra cent livres de récompense.
Le 31 octobre, exécution des Girondins.
Le 5 novembre, un rapport de Marie-Joseph Chénier envisage la création d'un culte national qui remplacerait le christianisme : instauration du culte de la déesse Raison.
Le 6 novembre, un décret stipule que les municipalités sont libres de renoncer au culte catholique, et de désaffecter les églises.

Le 9 novembre, abjuration du clergé constitutionnel de Paris. Leurs leaders Pierre Gaspard Chaumette (1763-1794), procureur de la Commune et Gobel, évêque constitutionnel, seront guillotinés l'année suivante.
Le 10 novembre, deuxième fête du culte de la Raison, organisé à Notre-Dame de Paris.
Le 12 novembre, le tutoiement devient obligatoire à Paris.
Le 16 novembre, début des noyades de Nantes organisées par Carrier.
Le 21 novembre, les restes de sainte Geneviève sont brûlés place de la Grève.
Le 23 novembre, la Commune de Paris fait fermer et réquisitionner toutes les églises de la ville. Le mouvement se répand rapidement en province. La célébration de messes privées est interdite sous peine d'emprisonnement.
Le 4 décembre, le vote d'une nouvelle loi répressive accroît les persécutions sanglantes. Mascarades dans les églises et tuerie des "suspects" vont de pair
.
En décembre, victoires de Hoche en Alsace, et nouvelles défaites des Vendéens au Mans (le 13) et à Savenay (le 23). 15.000 morts sont dénombrés dans cette seule ville, où tous les prisonniers sont fusillés. "Il n'y a plus de Vendée ! Suivant les ordres que vous m'avez donnés, j'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé !" proclame Westermann (1751-1794) au Comité de Salut public à son retour.

1794 : Le 3 janvier, suite à la prise de Noirmoutier, les Vendéens capitulent. Tous les prisonniers seront exécutés, dont Maurice Gigot d'Elbée (1752-1794), qui avait succédé à Cathelineau à la tête de l'armée vendéenne.
En janvier, Louis-Marie Turreau (1756-1816) élabore les "Colonnes Infernales", deux armées de 6 divisions comprenant chacune deux colonnes, destinées à raser la Vendée. L'approbation du Comité de Salut public lui est donnée le 8 février.

« Mon intention est bien de tout incendier, de ne préserver que les points nécessaires à établir les cantonnements propres à l'anéantissement des rebelles, mais cette grande mesure doit être prescrite par vous. Je ne suis qu'un agent passif. »
Louis-Marie Turreau au Comité de Salut public, 17 janvier 1794.

En janvier et février, 15.000 exécutions de Chouans ont lieu à Laval, Saumur et Angers, dont 3.000 dans cette ville pour raison religieuse (assistance quotidienne à la Messe, port de bannière aux processions, etc.). 99 d'entre eux seront béatifiés par Jean-Paul II en février 1984.
De janvier à juillet, les Colonnes de Turreau pratiquent en Vendée la politique de la "terre brûlée" : 180.000 civils sont exécutés.
Le 28 janvier, mort de La Rochejaquelein (1772-1794), généralissime vendéen depuis le 18 octobre 1793, tué dans une escarmouche près de Nouaillé.
Le 21 février, Noël Pinot (1747-1794, béatifié en 1926)
curé angevin qui a été arrêté alors qu'il célébrait l'Eucharistie est guillotiné en vêtements liturgiques.
Les 26 février et 3 mars, décrets confisquant les biens des suspects.
Le 28 février, massacre des Lucs par la Colonne Cordelier, qui fait 564 morts dont 107 enfants. Un monument commémoratif sera inauguré en 1993 en présence d'Alexandre Soljenitsyne.
Le 24 mars, exécution des Hébertistes.
Le 30 mars, arrestation, de Danton, Desmoulins et leurs amis.
Le 5 avril, exécution des Dantonistes.
Le 7 mai, la Convention adopte un décret organisant le Culte de l'Etre suprême.
Le 10 mai, institution du tribunal révolutionnaire, qui punit de mort quiconque aura cherché à altérer la pureté des principes révolutionnaires (pas d'avocat pour ces "conspirateurs").
Le 8 juin, célébration du culte de l'Etre Suprême au Champ de Mars, au cours duquel Robespierre officie comme "prêtre du bonheur du peuple".
Le 10 juin (22 prairial), promulgation d'un décret simplifiant la procédure judiciaire, qui permet l'exécution des accusés sur simple "preuve morale", sans interrogatoire ni audition de témoins. Ce décret organise la Grande Terreur.
Le 26 juin, victoire de Fleurus sur les Autrichiens.
Le 27 juillet (9 thermidor an II), Robespierre est arrêté avec ses amis par les membres d'une coalition modérée, ils sont guillotinés le lendemain. En deux mois (juin et juillet), plus de 1.300 personnes ont péri à Paris sur l'échafaud. Mais le nombre total des victimes de la Terreur est estimé à 40.000 sur l'ensemble du pays (dont plus de 8.000 à Nantes, pour ceux qui ont soutenu la rébellion vendéenne). Plusieurs religieuses guillotinées au cours de cette période (4 filles de la Charité le 28 juin à Arras, 15 Carmélites de Compiègne le 17 juillet à Paris, 32 Sacramentines et Ursulines du 6 au 26 juillet à Orange, et 11 Ursulines les 17 et 23 octobre à Valenciennes) seront béatifiées ou canonisées.
En août, réorganisation du Tribunal révolutionnaire et du Comité de salut public. Les prêtres sont invités à renoncer au sacerdoce et à se marier. Les prêtres arrêtés sont livrés au Tribunal et exécutés.
Le 18 août, les religieux et laïcs catholiques malades sont débarqués à l'île Citoyenne (ex-île Madame). 254 d'entre eux y mourront, 64 seront béatifiés le 1° octobre 1995 par Jean-Paul II.
Le 18 septembre, la suppression du budget du culte prépare la séparation de l'Eglise et de l'Etat.
En novembre, occupation de la Hollande.


1795 : Le 17 février, paix de La Jaunaie, signée entre François de Charette (1763-1796) pour l'armée vendéenne et le général Canclaux (1740-1817) pour l'armée républicaine. Deux autres actes en date du 20 avril et du 2 mai (Saint-Florent) compléteront celui-ci, garantissant l'amnistie pour les insurgés, le droit de conserver leurs prêtres réfractaires et d'exercer leur culte librement. La Vendée ne sera définitivement pacifiée qu'en 1800.
Le 21 février (3 ventôse an III), la séparation de l'Eglise et de l'Etat est décrétée. La liberté des cultes est reconnue à toute la nation. Des messes sont aussitôt célébrées à Paris, et le jour de Pâques 1795 sera fêté presque partout en France.
Le 1° avril (12 germinal), des femmes poussées par la faim envahissent l'Assemblée.
Le 5 avril, signature de la paix de Bâle avec la Prusse.
Le 16 mai, signature du Traité de La Haye avec la Hollande.
Le 20 mai (1° prairial), insurrection menée par d'anciens Jacobins.
En mai-juin,
Terreur blanche menée par des royalistes contre les anciens Jacobins, surtout dans la vallée du Rhône.
Le 30 mai, sous la poussée de l'opinion, les Conventionnels décident la restitution provisoire des églises non aliénées. Mais les manifestations publiques (processions, cérémonies hors des églises, port de la soutane) restent interdites
.
Le 8 juillet, mort présumée de Louis XVII à la prison du Temple.
Le 22 juillet, signature de la paix de Bâle avec l'Espagne.
Le 22 août, la Constitution de l'an III est adoptée.
Le 5 octobre (13 vendémiaire), une insurrection des royalistes parisiens contre la Convention est réprimée par les troupes de Bonaparte. La Convention se sépare le 26, et le Directoire est mis en place.
Le 25 octobre (3 brumaire), une loi remanie et codifie l'instruction publique.

1796 : Le 2 mars, Bonaparte est nommé général en chef de l'armée d'Italie.
Le 29 mars, exécution de Charette et fin de la 2° guerre de Vendée.
En avril, début de la campagne d'Italie (qui se prolongera jusqu'en avril 1797). Les troupes françaises entrent dans les Etats de l'Eglise.
Le 25 juin, signature du Traité de Tolentino, qui entérine la cession d'Avignon et du Comtat Venaissin à la France
.
Le 5 juillet, signature du Traité de Bologne. Pie VI livre 100 objets d'art choisis par la France, ainsi que la somme de 21 millions de francs et 500 manuscrits.
Promulgation de la Bulle
Pastoralis Sollicitudo de Pie VI, qui exhorte les catholiques français à se soumettre à la République, mais le pape refuse au Directoire d'annuler les sanctions prises depuis la Constitution civile du clergé.
Le 4 décembre, le culte est de nouveau autorisé à Paris.

1797 : Le 19 février, Bonaparte contraint Pie VI à ratifier le Traité de Tolentino. Les relations entre Paris et Rome reprennent.
Le 18 avril, signature de la paix de Leoben.
Le 27 avril, annulation des lois frappant les gens d'Eglise.
Le 1° mai, La Réveillère-Lépeaux, un des membres du Directoire exécutif, prononce à l'Institut de France un discours dans lequel il exprime son désir d'instaurer un culte théophilanthropique destiné à remplacer le culte catholique. Il célèbre la nature, l'agriculture, et la succession des âges. Après de nombreux essais, ce culte sombre dans le ridicule.
Le 1° juin (20 prairial an V), Camille Jordan (1771-1821) signe un rapport qui rend les églises aux catholiques.
Le 16 juillet, les lois contre les prêtres réfractaires sont abolies.
Le 15 août, ouverture du premier concile de l'Eglise constitutionnelle.
Le 4 septembre (18 fructidor), un coup d'état ramène les Jacobins au pouvoir. Nouveau serment de "haine à la royauté et à l'anarchie".
Le 5 septembre, les mesures d'apaisement sont révoquées (2° Terreur). Exil et déportations recommencent. De nombreux prêtres sont envoyés à Cayenne en Guyane, ou sont internés (à Rochefort, dans l'île de Ré et dans l'île d'Oléron).
Le 17 octobre, signature du Traité de Campo-Formio, qui confirme les préliminaires de Leoben.

1798 : Le 15 mars, Rome est occupée par les Français. Pie VI est arrêté par le général Berthier, avant d'être conduit en France (en avril) où il meurt le 29 août 1799. Il est enterré civilement.
Le 4 mai (22 floréal), coup d'état contre la gauche.
Le 19 mai, Bonaparte part pour la campagne d'Egypte (mai 1798 août 1799).
Le 21 juillet, bataille des Pyramides.
Le 1° août, défaite d'Aboukir.
En décembre, une deuxième coalition s'organise contre la France, composée de l'Angleterre, de la Russie, de la Prusse, de Naples, de la Turquie et de l'Autriche.

1799 : Le 23 août, Bonaparte quitte l'Egypte.
Le 18 juin, sur un coup de force, remaniement du Directoire.
Le 29 août, Pie VI meurt en captivité à Valence.
Le 10 novembre, Bonaparte prend le pouvoir (coup d'état du 18 brumaire an VIII). Le Directoire est supprimé. Beaucoup de prêtres émigrés rentrent en France
.
Le 13 décembre, adoption de la Constitution de l'an VIII.
Le 24 décembre, la nouvelle Constitution instaure le Consulat.

1800 : Le 19 février, Bonaparte s'installe aux Tuileries.
Le 20 février, le comte de Provence écrit à Bonaparte en lui demandant de restaurer la monarchie légitime.
En mars, le conclave réuni à Venise élit pape l'évêque d'Imola, le cardinal Chiaramonti, qui prend le nom de Pie VII. Entré à Rome le 3 juillet, celui-ci rétablit les Etats de l'Eglise et réclame à Napoléon les biens ecclésiastiques qui ont été confisqués par la Révolution.
Le 6 mai, Bonaparte part pour la deuxième campagne d'Italie. Il rentre aux Tuileries le 2 juillet.
Le 7 septembre, Bonaparte répond au comte de Provence qu'il doit "sacrifier son intérêt au repos de la France".

1801 : Le 9 février, signature de la paix de Lunéville avec l'Autriche.
Le 1° mars, le nombre des diocèses est réduit à 60.
Le 16 juillet à 2h00 du matin (27 messidor an IX), le cardinal Consalvi, au nom du pape Pie VII, signe le Concordat qui restaure la religion catholique en France, et abolit la loi de 1795 séparant l'Eglise de l'Etat. En retour, le Saint-Siège reconnaît la légitimité de la République. C'est la fin d'un schisme de plus de dix ans.

« Convention entre le Gouvernement français et Sa Sainteté Pie VII.

Le Gouvernement de la République française reconnaît que la religion catholique, apostolique et romaine est la religion de la grande majorité des Français.
Sa Sainteté reconnaît également que cette même religion a retiré et attend encore en ce moment le plus grand bien et le plus grand éclat de l'établissement du culte catholique en France, et de la profession particulière qu'en font les consuls de la République.
En conséquence, d'après cette reconnaissance mutuelle, tant pour le bien de la religion que pour le maintien de la tranquillité intérieure, ils sont convenus de ce qui suit :

ARTICLE PREMIER. - La religion catholique, apostolique et romaine sera librement exercée en France : son culte sera public, en se conformant aux règlements de police que le Gouvernement jugera nécessaires pour la tranquillité publique.

ART. 2. - Il sera fait par le Saint-Siège, de concert avec le Gouvernement, une nouvelle circonscription des diocèses français.

ART. 3. - Sa Sainteté déclarera aux titulaires des évêchés français qu'elle attend d'eux avec une ferme confiance, pour le bien de la paix et de l'unité, toute espèce de sacrifices, même celui de leurs sièges.
D'après cette exhortation, s'ils se refusaient à ce sacrifice commandé par le bien de l'Eglise (refus néanmoins auquel sa Sainteté ne s'attend pas), il sera pourvu, par de nouveaux titulaires, au gouvernement des évêchés de la circonscription nouvelle, de la manière suivante.

ART. 4. - Le premier Consul de la République nommera, dans les trois mois qui suivront la publication de la Bulle de sa Sainteté, aux archevêchés et évêchés de la circonscription nouvelle. Sa Sainteté conférera l'institution canonique, suivant les formes établies par rapport à la France avant le changement de gouvernement.

ART. 5. - Les nominations aux évêchés qui vaqueront dans la suite, seront également faites par le premier Consul, et l'institution canonique sera donnée par le Saint-Siège, en conformité de l'article précédent.

ART. 6. - Les évêques, avant d'entrer en fonctions, prêteront directement, entre les mains du premier Consul, le serment de fidélité qui était en usage avant le changement de gouvernement, exprimé dans les termes suivants :
" Je jure et promets à Dieu, sur les saints Evangiles, de garder obéissance et fidélité au Gouvernement établi par la Constitution de la République française. Je promets aussi de n'avoir aucune intelligence, de n'assister à aucun conseil, de n'entretenir aucune ligue, soit au dedans, soit au dehors, qui soit contraire à la tranquillité publique ; et si, dans mon diocèse ou ailleurs, j'apprends qu'il se trame quelque chose au préjudice de l'Etat, je le ferai savoir au Gouvernement. "

ART. 7. - Les ecclésiastiques du second ordre prêteront le même serment entre les mains des autorités civiles désignées par le Gouvernement.

ART. 8. - La formule de prière suivante sera récitée à la fin de l'office divin, dans toutes les églises catholiques de France :
Domine, salvam fac Rempublicam ;
Domine, salvos fac Consules.

ART. 9. - Les évêques feront une nouvelle circonscription des paroisses de leurs diocèses, qui n'aura d'effet qu'après le consentement du Gouvernement.

ART. 10. - Les évêques nommeront aux cures. Leur choix ne pourra tomber que sur des personnes agréées par le Gouvernement.

ART. 11. - Les évêques pourront avoir un chapitre dans leur cathédrale, et un séminaire pour leur diocèse, sans que le Gouvernement s'oblige à les doter.

ART. 12. - Toutes les églises métropolitaines, cathédrales, paroissiales et autres non aliénées, nécessaires au culte, seront mises à la disposition des évêques.

ART. 13. - Sa Sainteté, pour le bien de la paix et l'heureux rétablissement de la religion catholique, déclare que ni elle, ni ses successeurs, ne troubleront en aucune manière les acquéreurs de biens ecclésiastiques aliénés, et qu'en conséquence, la propriété de ces mêmes biens, les droits et revenus y attachés, demeureront incommutables entre leurs mains ou celles de leurs ayants-cause.

ART. 14. - Le Gouvernement assurera un traitement convenable aux évêques et aux curés dont les diocèses et les paroisses seront compris dans la circonscription nouvelle.

ART. 15. - Le Gouvernement prendra également des mesures pour que les catholiques français puissent, s'ils le veulent, faire en faveur des églises, des fondations.

ART. 16. - Sa Sainteté reconnaît dans le premier Consul de la République française, les mêmes droits et prérogatives dont jouissait près d'elle l'ancien gouvernement.

ART. 17. - Il est convenu entre les parties contractantes que, dans le cas où quelqu'un des successeurs du premier Consul actuel ne serait pas catholique, les droits et prérogatives mentionnés dans l'article ci- dessus, et la nomination aux évêchés, seront réglés, par rapport à lui, par une nouvelle convention.

Les ratifications seront échangées à Paris dans l'espace de quarante jours.
Fait à Paris, le 26 Messidor an IX.»
Texte intégral du Concordat de 1801, d'après les documents originaux.

Le 15 août, Pie VII signe lui-même le Concordat, et en vertu de l'article 3 invite les évêques survivants de l'Ancien régime à démissionner. 55 se soumettent à cette décision, et 33 refusent, émigrés pour la plupart à Londres. Talleyrand est réduit à l'état laïc.
Le 8 septembre, Napoléon signe à son tour le Concordat, et les ratifications sont échangées deux jours plus tard.

1802 : Le 25 mars, signature de la paix d'Amiens entre la France et l'Angleterre
Suite au vote du 5 avril et à la promulgation du 8 (18 germinal an X), Bonaparte introduit le Concordat dans la législation française. Il y ajoute, au moment de la publication, un recueil de 77 Articles organiques, de tendance nettement gallicane. Le Saint-Siège refuse de les reconnaître, Pie VII protestant au consistoire du 24 mai 1802.
A Pâques, le rétablissement du culte catholique est célébré avec grande liesse dans tout le pays.
Le 2 août, sénatus-consulte nommant Bonaparte consul à vie.
Le 11 août, vote de la Constitution de l'an X.

1803 : Le 28 avril, la Louisiane est vendue aux Etats-Unis.
Le 16 mai, rupture de la paix d'Amiens.

1804 : Le 21 mars, le duc d'Enghein est exécuté. Etablissement du Code civil.
Le 18 mai, Bonaparte est proclamé Empereur des Français, et prend le nom de Napoléon I°. Constitution de l'an XII.
Le 2 décembre, Pie VII se rend à Paris et sacre Napoléon à Notre-Dame.

1805 : Le 17 mars, Napoléon est proclamé roi d'Italie.
En avril, formation d'une troisième coalition contre la France, composée de l'Angleterre, la Russie, l'Autriche, Naples et la Suède.
Le 27 août, la Grande Armée gagne l'Europe centrale, où Napoléon la rejoint en septembre.
Le 2 décembre, victoire d'Austerlitz.
Le 26 décembre, signature de la paix de Presbourg avec l'Autriche.

1806 : Le 1° janvier, retour au calendrier grégorien.
Le 13 février, Pie VII ayant fait des réserves à propos du "Catéchisme impérial", qui fait de Napoléon le "ministre de Dieu sur terre", et qui doit être proclamé le 4 avril, l'empereur rompt avec le pape.
En juillet, formation de la quatrième coalition, qui comprend l'Angleterre, la Russie et la Prusse.
Le 14 octobre, victoire d'Iéna.

1807 : Le 14 juin, victoire de Friedland.
Le 9 juillet, signature du Traité de Tilsit. Napoléon exige de Pie VII davantage de cardinaux français, et l'extension à l'Italie et à l'Allemagne de certaines dispositions du Concordat. Le pape refuse.

1808 : Le 2 février, les troupes françaises s'emparent de Rome. Les collaborateurs du pape sont expulsés. Pie VII refuse de donner l'investiture canonique aux évêques nommés par Napoléon.
Le 2 mai, émeutes à Madrid. Début de la guerre avec l'Espagne.
Le 19 décembre, Napoléon entre à Madrid.

1809 : De janvier à mars, formation de la cinquième coalition, qui comprend l'Angleterre, l'Autriche, l'Espagne et le Portugal.
Le 13 mai, Napoléon entre à Vienne.
Le 17 mai, il annexe les états pontificaux. Rome est érigée en ville impériale et libre.
Le 10 juin, affichage de la Bulle Quum memoranda de Pie VII, qui excommunie tous ceux qui portent la responsabilité de la spoliation du Saint-Siège.
Le 6 juillet, il est arrêté avec son secrétaire général le cardinal Pacca par le général Radet au Quirinal, et conduit à Grenoble, puis interné à Savonne, près de Gênes (du 16 août au 19 janvier 1812). Victoire de Wagram.
Le 14 octobre, signature de la paix de Vienne avec l'Autriche. Napoléon fait amener de force à Paris les cardinaux dispersés, leur assignant une résidence et une pension.
Le 8 novembre, ayant besoin d'infirmières pour les hôpitaux, Napoléon rétablit par décret impérial la Compagnie des Filles de la Charité, supprimée en 1790.
Le 14 décembre, dissolution officielle du mariage de Napoléon et de Joséphine de Beauharnais.

1810 : Le 12 janvier, Napoléon fait annuler son mariage par l'Officialité de Paris.
Le 6 février, l'archiduchesse Marie-Louise d'Autriche est demandée en mariage pour Napoléon à l'ambassadeur Schwarzenberg.
Le 17 février, annexion des états pontificaux à l'Empire. Ils deviennent deux départements français.
Le 11 mars, mariage par procuration de Napoléon et de l'archiduchesse Marie-Louise d'Autriche. Les mariages civil et religieux sont effectués les 1° et 2 avril suivants. De nombreux cardinaux (surnommés les cardinaux noirs) refusent de paraître à la cérémonie. Ils sont privés de leur pension, et interdits de port des insignes de leur fonction.
Pie VII emprisonné refusant toujours l'investiture canonique aux évêques nommés par Napoléon, 27 sièges restent vides en France.
Au cours de l'hiver, les archives du Vatican et les insignes de la papauté sont transférés à Paris.
Etats de l'Eglise : le code Napoléon est introduit, les privilèges supprimés et les congrégations dissoutes.

1811 : Le 17 juin, Napoléon réunit à Notre-Dame de Paris un Concile national pour vaincre la résistance de Pie VII emprisonné à Savonne, qui refuse toujours de donner l'investiture canonique aux évêques. Le Concile est composé de cent évêques français et italiens, qui refusent de prendre une décision sans le consentement du pape. Napoléon dissout le Concile et fait emprisonner à Vincennes les "meneurs". Une tentative de conciliation avec Pie VII échoue.

1812 : Le 8 février, la Grande Armée rejoint la Vistule.
Le 23 février, Napoléon abroge le Concordat.
Le 24 février, alliance entre l'Empire et la Prusse.
Le 14 mars, alliance entre l'Empire et l'Autriche.
Le 1° avril, la Grande Armée atteint l'Oder. Début de la campagne de Russie.
Le 19 juin, Pie VII est conduit en secret à Fontainebleau.
Le 14 septembre, entrée de l'armée française à Moscou.
Les 27 et 29 novembre, passage de la Bérésina.

1813 : Le 13 janvier, Murat abandonne les restes de la Grande Armée et s'enfuit dans son royaume.
Le 25 janvier à Fontainebleau, (après une première rencontre le 19 janvier) Napoléon arrache à Pie VII la signature d'un nouveau Concordat en 10 articles, que le pape rétracte le 24 mars.
Le 17 mars, la Prusse déclare la guerre à la France.
Le 11 août, l'Autriche à son tour déclare la guerre à la France.
Les 16-19 octobre, défaite de Leipzig.

1814 : Le 21 janvier, Napoléon donne l'ordre de ramener Pie VII à Rome.
Le 31 mars, les troupes ennemies entrent dans Paris. Napoléon rejoint Fontainebleau.
Le 1° avril, nomination d'un gouvernement provisoire.
Le 4 avril, Napoléon abdique en faveur du roi de Rome.
Le 6 avril, il accepte d'abdiquer sans condition.
Le 24 mai, Pie VII rentre à Rome.
Le 7 août, il rétablit la Compagnie de Jésus.

1815 : Le Congrès de Vienne rétablit les états pontificaux.

1816 : Le 8 mai, le divorce est de nouveau interdit.

1822 : Rétablissement symbolique des évêchés et archevêchés d'avant la Révolution. Début de la rechristianisation, qui se poursuivra jusqu'au retour au pouvoir des anticléricaux (1877-79).



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