La dévotion au Sacré-Coeur de Jésus

Chronologie détaillée et textes essentiels




3. Renouvellement de la dévotion au Sacré-Cœur : 1350-1600

1350-1364 : Règne de Jean II le Bon (1319-1364), fils de Philippe VI de Valois.

1353 : Innocent VI concède à l'ensemble des pays rattachés au Saint Empire romain germanique la Fête de la Sainte Lance, fixée au deuxième vendredi après Pâques. C'est la première fête liturgique se rapportant au mystère du Cœur de Jésus connue dans l'Eglise catholique.

1364-1380 : Règne de Charles V le Sage (1338-1380), fils de Jean II le Bon.

1370 : Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire Dominicaine et mystique dont nous avons parlé au chapitre précédent, vit durant l'été l'échange des cœurs avec Notre-Seigneur. Ses Dialogues témoigneront de cette intimité vécue avec le Cœur du Christ. On trouve également dans plusieurs de ses Lettres une invitation faite aux âmes à venir puiser à la source de perfection qu'est le Cœur de Jésus. Catherine de Sienne a été canonisée en 1461 et proclamée docteur de l'Eglise en 1970.

« Mettez vos lèvres au côté du Fils de Dieu ; c'est une ouverture qui lance le feu de la charité et qui verse le sang pour laver nos iniquités. L'âme qui s'y repose et qui regarde avec l'œil de l'intelligence ce Cœur ouvert et consumé par l'amour, devient semblable à lui, parce que se voyant tant aimée elle ne peut s'empêcher d'aimer aussi. Et alors l'âme devient parfaite ; car ce qu'elle aime, elle l'aime pour Dieu et elle n'aime rien hors de lui ; et elle devient ainsi un autre lui-même par ce désir, car elle n'a pas d'autre volonté que celle de Dieu. »
Catherine de Sienne, Lettre à Raymond de Capoue, in Regnabit, janvier 1924.

« Les pécheurs qui, pour l'énormité de leurs crimes, désespèrent de ma miséricorde, croyant que je n'ai pas assez de bonté pour leur pardonner, m'offensent plus grièvement par ce seul péché que par tous les autres qu'ils peuvent avoir commis, car ils méprisent ma miséricorde et ma bonté… Si, au contraire, ils avaient recours à mon divin Cœur, ils en ressentiraient aussitôt les effets admirables et se verraient délivrés de leurs maux, parce que la miséricorde de mon Cœur est plus grande que tous les péchés qui ont jamais été commis et qui peuvent l'être par toutes les créatures imaginables. »
Le Christ à Catherine de Sienne, in L'Origine du Culte du Sacré-Cœur de Jésus, Abbé Levesque, Avignon, Maison Aubanel Père, 1930.

1377 : Le 17 janvier, Grégoire XI quitte Avignon pour Rome.

1378-1417 : Grand Schisme d'occident, qui oppose un pape français et un pape italien.

1380-1422 : Règne de Charles VI le Bien-Aimé (1368-1422), fils de Charles V. Gouvernement sous la tutelle de ses oncles les ducs d'Anjou, de Bourgogne (Philippe le Hardi) et de Bourbon jusqu'en 1388, puis le roi devenu fou en 1392, à nouveau du duc de Bourgogne (†1404), puis de son fils Jean sans Peur (†1419).

1390 : Premier procès pour sorcellerie à Paris. Jeanne de Brigue, dite la Cordelière, est jugée par le Parlement le 29 octobre et brûlée vive le 19 août 1391.

1396-1398 : Concile de Paris. L’Université de Paris propose que le Concile soit supérieur au pape, idée qui restera l'un des points centraux du gallicanisme, et qui sera rappelé par Bossuet dans la déclaration des Quatre articles en 1682. Ces années marquent donc le début du gallicanisme politique, qui affirmera également l’indépendance temporelle du roi, la liberté de l’Eglise gallicane vis-à-vis du Saint-Siège, et le consentement nécessaire des églises pour que les définitions du pape en matière de foi deviennent irréformables.

1413 : Fondation de la Confrérie de la Sacrée Véronique, instituée à Nantes par Jean V, duc de Bretagne.

1414-1418 : Concile de Constance. Jean de Gerson (Jean Le Charlier, dit -, 1363-1429) y est envoyé sous la triple qualité de chancelier de l'Université de Paris, de député de l'Eglise de France et d'ambassadeur du Roi. Election du pape Martin V et fin du schisme d'Occident.

1420 : Le 21 mai, signature du Traité de Troyes, qui laisse le pays presque tout entier aux mains de l'Angleterre.

1422-1461 : Règne de Charles VII (1403-1461), fils de Charles VI et d'Isabeau de Bavière.

1427 : En août, des gitans, tsiganes et bohémiens font leur entrée dans Paris. L'évêque de la capitale excommunie les diseuses de bonne aventure et les fidèles qui y ont recours.

1429 : Le 8 mai, Jeanne d'Arc délivre Orléans. Le 18 juillet, Charles VII est sacré à Reims.

1431 : Le 30 mai, Jeanne d'Arc est brûlée vive à Rouen, jugée hérétique et schismatique.

1437 : Entrée triomphale de Charles VII dans Paris.

1438 : Le 7 juillet, promulgation de la Pragmatique Sanction de Bourges accordée à Charles VII : les trois principes gallicans du Concile de Paris sont reconnus. Le roi obtient deux privilèges  nomination aux bénéfices ecclésiastiques (après une « élection canonique » purement formelle), et suppression des annates (revenu essentiel du pape : une année de bénéfices d'un siège épiscopal ou abbatial était exigé à chaque vacance de siège). Elle ne sera appliquée que dans le domaine royal  ; abolie en 1461, elle est rétablie en 1499.

1439-1443 : Concile de Florence. Deuxième essai de rapprochement avec les Grecs.

1439 : Première publication de l'Imitation de Jésus-Christ, ouvrage rédigé en latin attribué à Thomas a Kempis (v.1380-1471). La première traduction française sera établie en 1447.

1440 : Invention de l'imprimerie par Johannes Gensfleisch, dit Gutenberg (v.1397-1468), installé à Strasbourg.

1447 : Election à Rome de Nicolas V, créateur de la Bibliothèque vaticane.

1449-1453 : Reconquête de la Normandie puis de la Guyenne sur les Anglais qui, chassés de France, ne conservent plus que Calais.

1450 : Arnoul Gréban compose le Mystère de la Passion, spectacle de 30.000 vers dont la représentation dure 4 jours, et attirera les foules durant un siècle. Le Parlement en interdira la représentation le 17 novembre 1548, suite à des abus de toutes sortes.

1453 : Fin de la guerre de Cent Ans.

1454 : François de Paule (1416-1507, canonisé le 1° mai 1519) fonde en Calabre les Frères Minimes (les derniers des frères), Ordre dont la Règle est d'une extrême sévérité, et qui sera approuvé par Sixte IV en 1474.

1455 : Première impression de la Bible par Gutenberg à Mayence.
Début du procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc.

1457 : Le Concile provincial d'Avignon se prononce pour l'Immaculée Conception de Marie.

1461-1483 : Règne de Louis XI (1423-1483), fils de Charles VII et de Marie d'Anjou.

1472 : Louis XI prescrit la récitation de l'Angélus et du Rosaire, dont le Dominicain Alain de la Roche (1428-1475) s'est fait l'ardent défenseur.

1478 : Première impression française du Nouveau Testament, par les soins de deux moines augustins.

1483-1498 : Règne de Charles VIII (1470-1498), fils de Louis XI et de Charlotte de Savoie (régence de sa sœur Anne de Beaujeu (1483-1494) jusqu'en 1492). Il meurt sans héritier.

1487 : Publication de la première Bible complète en français, par les soins de Jean de Rély, confesseur de Charles VIII.

1492 : Innocent VIII obtient du sultan Bajazet le fer de la lance qui a percé le côté du Sauveur sur la croix. Cette restitution aura un profond retentissement sur la piété chrétienne de l'époque, et notamment sur les nombreuses représentations du "Cœur percé de la lance" dont on a retrouvé trace dès le XVI° siècle.

1498 : Girolamo (Jérôme) Savonarole (1452-1498), prédicateur Dominicain qui s'est élevé contre la corruption de l'Eglise et le pape Alexandre VI Borgia, est excommunié, avant d'être arrêté, puis pendu et brûlé à Florence.

1498-1515 : Règne de Louis XII (1462-1515), fils de Charles d'Orléans et de Marie de Clèves, et cousin de Charles VIII.

1501 : Jeanne de Valois (1464-1505, canonisée en 1950), fille de Louis XI et femme répudiée de Louis XII, fonde à Bourges avec le bienheureux Gabriel Marie (1463-1532, béatifié en 1647) l'Ordre de l'Annonciade, qui est approuvé par Alexandre VI dès l'année suivante. La dévotion au Cœur de Jésus sera très présente aux Annonciades, initiée par ses deux fondateurs. Outre les textes qui nous sont restés, signalons l'existence de deux tableaux du XVII° siècle qui en portent également témoignage, et dont nous parlons au chapitre iconographique. Nous avons déjà mentionné au chapitre précédent l'union des cœurs vécue par Jeanne de Valois au cours d'un banquet céleste, dont la Sœur Françoise Guyart, nièce du Père Gabriel Marie, nous a laissé la relation. Citons ici quelques extraits des commentaires de la Règle rédigée par le co-fondateur, véritable législateur de l'Ordre, qui nous sont parvenus sous forme de sermons, et en lesquels on trouve plusieurs mentions du Cœur de Jésus qui témoignent de cet attachement à la dévotion au divin Cœur. Au chapitre V relatif à la prière, la religieuse qui se rend aux vêpres est invitée à élever son cœur vers Jésus et à dire :

« Ô doux Jésus, mon Epoux, je viens vous offrir cet office en mémoire et à l'honneur de votre douloureuse Passion et de votre sainte Mort, et principalement pour être admise dans votre Cœur si noble et si aimant, et pour accomplir votre sainte volonté. »

A propos de saint Jean, qui reposa sa tête sur la poitrine du Sauveur durant le sainte Cène, il écrit :

« Personne n'a dit des choses aussi élevées. Rien d'étonnant. Il avait reposé sur la fontaine de la Sagesse de Dieu, le divin Cœur de Jésus, et l'ardeur de celui-ci l'avait enivré. »

Signalons également que dans son Testament Spirituel, Gabriel Marie rappelle que les religieuses de l'Ordre qu'il a fondé ont été établies "pour porter entre leurs mains la lampe ardente de la piété, et répondre fidèlement aux désirs du divin Cœur de leur céleste Epoux".
Cf. J.-F. Bonnefoy, La Dévotion au Sacré-Cœur et l'Ordre de l'Annonciade, Revue d'Ascétique et de Mystique, N°89, Janvier-Mars 1947.

1506 : Le 21 janvier, 150 soldats suisses commandés par l'uranais Kaspar von Silenen entrent dans Rome, et sont pris solennellement en service le lendemain par Jules II : c'est le fondement du corps de la Garde suisse pontificale, chargée de protéger le Palais papal.
Début de la construction de la basilique Saint-Pierre de Rome. Les travaux dureront plus d'un siècle.

1508 : Michel-Ange (1475-1564) commence les peintures de la voûte de la chapelle Sixtine.

1511 : Le pape, les rois d'Angleterre et d'Espagne, Venise et les Suisses se réunissent en une sainte ligue contre la France.

1512-1517 : 5° concile de Latran. Réforme du clergé, et annulation de la Pragmatique Sanction.

1515-1547 : Règne de François I° (1494-1547), fils de Charles d'Orléans et de Louise de Savoie.

1515 : Publication d'Institution du prince chrétien d'Erasme de Rotterdam (v.1469-1536), humaniste hollandais auteur de l'Eloge de la folie (1509), qui préconise une réforme pacifique de l'Eglise.

1516 : Le 18 août, signature du Concordat de Bologne. François I° renonce à subordonner le pape au Concile, et obtient de Léon X le droit de nommer les archevêques, évêques et abbés de France (le pape conférant l’institution canonique et renonçant en outre à certaines taxes).

1517 : Martin Luther (1483-1546) affiche à Wittenberg ses 95 thèses sur les indulgences. 41 d'entre elles sont condamnées par Léon X le 15 juin 1520 dans la Bulle Exsurge Domine, que Luther brûle en public le 10 décembre, signifiant sa rupture avec l'Eglise romaine.

1521 : La Sorbonne condamne à son tour les idées de Luther.

1523 : Jean Calvin (1509-1564) arrive à Paris pour faire ses humanités. Il rejoindra Genève en 1536, qui deviendra le nouveau centre de la Réforme.

1524 : Gaétan de Thienne (1480-1547, canonisé en 1671) et Pierre Caraffa (futur Paul IV) fondent à Rome les Théatins, première congrégation de clercs réguliers voués à la prédication et au ministère de la confession.
Sur l'impulsion d'Huldrych Zwingli (1484-1531), pasteur à Zurich, orgues, images et reliques sont retirées des églises de la ville.

1525 : Mattéo de Bascio (Mathieu de Baschi, 1495-1552) fonde avec la permission de Clément VII les Capucins, issus d'une réforme de l'Ordre des Franciscains. Ils seront introduits en France en 1574 par le cardinal Charles de Lorraine.

1530 : François I° fonde le "Collège des trois langues", futur Collège de France.

1533 : Antoine-Marie Zaccaria (1502-1539, canonisé en 1897) fonde à Milan la Congrégation des Barnabites - du nom de leur maison mère en l'église Saint-Barnabé - clercs réguliers voués à l'instruction et aux missions.
En novembre, Nicolas Cop (v.1450-1532), disciple de Jean Calvin et recteur de l'Université de Paris, prononce un discours réformateur vraisemblablement rédigé par son maître.

1534 : Le 15 août, Ignace de Loyola et ses compagnons prononcent leurs vœux dans la chapelle du Martyre sur la colline de Montmartre.
En octobre, Affaire des Placards : des déclarations contre la Messe ont été affichées jusque sur la porte de la chambre du roi. François I° s'oppose désormais à la Réforme, c'est le point de départ de la répression qui entraîne les premiers exils (surtout vers la Suisse et la Hollande).

1535 : Angèle Merici (1474-1540) fonde la Compagnie de Sainte Ursule, qui a la particularité de ne pas retirer de leur lieu de vie les jeunes filles qui se consacrent à Dieu. Après le Concile de Trente, la Compagnie se transforme en Ordre religieux (Les Ursulines) et les religieuses commencent alors à vivre en cloître à partir de 1572 à Milan, et en France, à Avignon, en 1596. Angèle Merici de Brescia a été canonisée par Pie VII le 24 mai 1807.

1536 : Publication de l'Institutio religionis christianae (Institution de la religion chrétienne) de Jean Calvin (1509-1564), qui y défend la thèse de l'absolue souveraineté de Dieu, maître du salut de l'homme par la prédestination.

1539 : Ordonnance de Villers-Cotterêts, qui stipule que tous les jugements et actes officiels devront désormais être rendus en français.

1540 : Ignace de Loyola fonde la Compagnie de Jésus, approuvée le 27 septembre par Paul III, par la Bulle Regimini militanti ecclesiae.

« Prière à Jésus-Christ, par laquelle saint Ignace conseille de terminer la plupart des colloques :
Ame très-sainte de Jésus-Christ, sanctifiez-moi.
Très-sacré corps de Jésus-Christ, sauvez-moi.
Très-précieux sang de Jésus-Christ, enivrez-moi.
Eau très-pure qui sortîtes du côté de Jésus, lavez-moi.
Sueur pleine de vertu qui coulâtes du sacré visage de Jésus-Christ, guérissez-moi.
Passion de Jésus-Christ, qui marquez si bien tout son amour, fortifiez-moi.
O Jésus ! bon Jésus, gardez-moi.
Cachez-moi dans vos plaies.
Ne permettez pas que je sois jamais séparé de vous.
Défendez-moi des pièges de l'ennemi qui veut me perdre.
Ordonnez que j'aille à vous.
Placez-moi auprès de vous,
Afin que je vous loue avec vos saints anges dans les siècles des siècles.
Ainsi soit-il. »
Prière Anima Christi in Exercices spirituels de saint Ignace, traduits en français par M. l'Abbé Clément, Avignon, A. Chambeau Fils, 1825.

Sur saint Ignace de Loyola et la Compagnie de Jésus
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Annexe 1

1545-1563 : Concile de Trente. Réforme de l'Eglise. Le péché originel, la justification, les sacrements font l'objet de décrets dogmatiques. Le culte de la Vierge est proclamé légitime.

1547-1559 : Règne de Henri II (1519-1559), fils de François I° et de Claude de France.

1548 : Le 4 septembre, Pierre Canisius prononce ses vœux solennels à Rome en présence d'Ignace de Loyola. Alors qu'il est venu se recueillir devant le Saint-Sacrement à la Basilique Vaticane, le Seigneur lui apparaît et lui ouvre son Cœur :

« J'étais à genoux… quand, par un nouveau bienfait, vous m'avez envoyé (mon Dieu !) un ange pour m'instruire et m'aider dans la vie plus parfaite du religieux profès. Accompagné de cet esprit bienheureux, je m'avançais vers l'autel, je tombais à genoux et je connus quelle était la mission de cet autre ange gardien. Mon âme difforme, impure et faible, souillée par le vice et les passions, était gisante à terre. L'ange, tourné vers le trône de la divine Majesté, dévoilait l'étendue de mes misères et la multitude de mes fautes, pour me faire comprendre toute mon indignité ; il semblait dire : Voyez comme il sera difficile de le conduire dans une voie si haute !
Mais alors, ô mon divin Rédempteur ! vous m'avez entr'ouvert votre Cœur adorable et vous m'avez permis d'y plonger mon regard ; vous m'avez invité à puiser en vous les eaux du salut, ordonné de boire à vos fontaines sacrées. Comme je désirais avec ardeur être inondé des flots d'amour, d'espérance et de foi que j'en voyais jaillir ! Quelle soif de pauvreté, de chasteté, d'obéissance ! Je vous suppliais de me purifier, de me revêtir d'innocence comme au baptême. Enfin, approchant mes lèvres brûlantes de votre Cœur très doux, j'osai me désaltérer à cette source divine ; et vous me promettiez, Seigneur, pour couvrir la nudité de mon âme, un vêtement céleste, composé de trois étoffes les mieux adaptées à la profession : la paix, la charité, la constance. Orné de ce vêtement de salut, j'avais pleine confiance que rien ne me manquerait plus, et que tout me réussirait pour votre gloire.
La messe des vœux fut célébrée, en présence de tous nos frères, par le premier général de notre Compagnie, votre fidèle serviteur Ignace.»
Pierre Canisius, Mémorial ( in Le Bienheureux Canisius, ou l'apôtre de l'Allemagne au seizième siècle, Paris, Douniol, 1865).

Initié à la dévotion au Cœur du Christ par son maître Nicolas Van Esch (1507-1578), ami de Lansperge, il n'aura de cesse à son tour d'exhorter ses confrères à unir leur volonté au divin Cœur :

« Cœur de Jésus brûle pour nous d'un tel amour, que ce Fils de Dieu et de la Vierge est prêt à souffrir pour toi seul toutes les amertumes intérieures et extérieures qu'Il a souffertes pour le monde entier, plutôt que de permettre ta perte ou la ruine d'une seule âme. »
Pierre Canisius, in Abbé Levesque, L'Origine du Culte du Sacré-Cœur de Jésus, Avignon, Maison Aubanel, 1930.

1555 : Fondation clandestine à Paris d'une Eglise réformée. Sont rejetés par la nouvelle Eglise : le sacerdoce sacramentel, la Messe, la présence du Christ dans l'Eucharistie, l'intercession de la Vierge (dont une statue a été mutilée dès la Pentecôte 1528 à Paris), et le culte des saints. Elle enseigne la souveraineté divine concernant les élus et les damnés, le rôle essentiel de la lecture et de la pratique des textes Bibliques, et l'importance de la prière, qui doit être adressée à Dieu seul.
A l'occasion de la paix d'Augsbourg, définition du cujus regio, ejus religio, qui accorde aux souverains le droit d'organiser l'Eglise.

1556 : Fondation du premier collège Jésuite en France, à Billom.

1559-1560 : Règne de François II (1544-1560), fils aîné d'Henri II et de Catherine de Médicis.

1559 : I° synode national des Eglises réformées de France, à Paris.

1560-1574 : Règne de Charles IX (1550-1574), fils d'Henri II et de Catherine de Médicis (régence de Catherine de Médicis jusqu'en 1563).

1562 : Thérèse d'Avila (1525-1582) fonde le couvent de Saint-Joseph d'Avila, premier couvent réformé de l'Ordre des Carmélites déchaussées. Marie-Madeleine de Pazzi et Thérèse de l'Enfant-Jésus feront parti de cet Ordre. Thérèse d'Avila a été canonisée en 1622 par Urbain VIII et reconnue Docteur de l'Eglise le 27 septembre 1970 par Paul VI.

1562-1563 : Première guerre de religion, qui commence au massacre de Wassy, qui fait des dizaines de morts.

1564 : Le début de l'année civile est fixé au 1° janvier, en remplacement du 1° avril.
Philippe Néri (1515-1595, canonisé en 1622) fonde à Rome la Congrégation de l'Oratoire, qui reçoit l'approbation officielle en 1583. Pierre de Bérulle (1575-1629) en importera le modèle en France en 1611.

1567-1568 : Deuxième guerre de religion. Fuite de la famille royale devant les chefs protestants.

1568-1570 : Troisième guerre de religion. Le 8 août 1870, une paix conclue à Saint-Germain accorde aux protestants la liberté de culte, et leur octroie les villes de La Charité, Cognac, Montauban et La Rochelle.

1568 : Jean de la Croix (1542-1591) fonde à Duruelo le premier monastère des Carmes déchaussés, désireux de revenir à la règle énoncée par saint Albert en 1209. Jean de la Croix a été canonisé en 1726 par Benoît XIII, et reconnu Docteur de l'Eglise en 1926 par Pie XI.

1570 : Pie V publie le Missel romain, qui impose un ordinaire de la Messe, et un calendrier liturgique pour l'ensemble de l'Eglise.

1571 : Fondation de la Congrégation de l'Index (Index librorum prohibitorum), qui éditera le catalogue des livres interdits, dont la lecture peut se révéler dangereuse pour la foi ou les mœurs.

1572 : Massacres de la Saint-Barthélemy (dans la nuit du 23 au 24 août, puis jusqu'au 30), qui feront 2.000 morts parmi les protestants.

1573 : Quatrième guerre de religion. Siège de La Rochelle. L'édit de Boulogne reconnaît la liberté de culte aux protestants de La Rochelle, Nîmes et Montauban.

1574-1589 : Règne de Henri III (1551-1589), troisième fils d'Henri II et dernier Valois.

1575-1576 : Cinquième guerre de religion.

1577 : Sixième guerre de religion. La paix signé à Bergerac accorde aux protestants la liberté de conscience.

1578 : Charles Borromée (1538-1584, canonisé en 1610), archevêque de Milan, fonde les Oblats de Saint-Ambroise, association de prêtres dévoués à tous les ministères, vivant en communauté ou dispersés, et rattachés entre eux par des conférences spirituelles et le lien de la fraternité sacerdotale et religieuse. Plusieurs "Oblations" seront fondées au cours des siècles suivants sur ce modèle. Dans ses Homélies aux Milanais, comme de nombreux prédicateurs de cette époque, il aborde la plaie du côté du Sauveur en croix, pour parvenir à son divin Cœur :

« Conformément à sa parole, Jésus crucifié attira tout à Lui et nous a donné un précieux enseignement dans ses membres transpercés, toutes ses blessures et surtout celle du Cœur sont comme autant de bouches qui nous crient l'amour du Sauveur. Mais Jésus, pour purifier nos cœurs, se sert principalement de certaines paroles secrètes qu'Il nous adresse silencieusement du haut de sa croix. Ces paroles, découlant avec le sang et l'eau de son côté, ont surtout le pouvoir de laver et de purifier ; ces paroles sanglantes et enflammées proviennent de la flamme d'amour dont brûle le Cœur de Jésus. »
Charles Borromée, in Abbé Levesque, L'Origine du Culte du Sacré-Cœur de Jésus, Avignon, Maison Aubanel, 1930.

1579-1580 : Septième guerre de religion.

1580 : Jean de la Barrière (†1600) fonde la Congrégation des Feuillants, issue de la réforme de l'Ordre Cistercien.

1582 : En octobre, Grégoire XIII impose un nouveau calendrier (dit grégorien), qui supprime dix jours de l'ancien calendrier julien pour que les équinoxes et les solstices retrouvent leur date réelle : au jeudi 4.10.1582 (julien) succède le vendredi 15.10 (grégorien), et par ordonnance royale le lundi 10 décembre devient le 20 décembre.

1584 : A la mort du duc d'Anjou, Henri de Navarre devient l'héritier de la couronne.

1585-1593 : Huitième guerre de religion. Assassinat du duc de Guise le 23 décembre 1588, puis d'Henri III le 1° août 1589 par Jacques Clément.

1587 : Sixte-Quint institue la Congrégation des Rites, appelée à donner son accord pour toutes les évolutions liturgiques.

1588 : Publication de De concordia liberi arbitrii cum divinae gratiae donis (Concorde de la Grâce et du Libre-arbitre) de Molina.

1589-1610 : Règne de Henri IV (1553-1610), fils d'Antoine de Bourbon et de Jeanne d'Albret.

1590 : Le 1° mars, publication de la dernière révision de la Vulgate, qui devient le texte de référence de l'Eglise catholique.

1593 : Le 25 juillet, Henri IV abjure la religion protestante à Saint-Denis, et vient se recueillir en la chapelle du Martyre sur la colline de Montmartre.
Il est couronné à Chartres le 27 février de l'année suivante, et entre dans Paris le 22 mars.

1598 : Le 7 février, Marie de Beauvilliers (1574-1657) arrive au monastère Bénédictin de Montmartre, qui est devenu, selon la Mère Jacqueline de Blémur "une maison scandaleuse dont l'entrée même était défendue aux gens de bien" (Année bénédictine ou vie des saints de l'Ordre de Saint-Benoît, Paris, 1668). Elle en entreprend la réforme, et sera considérée comme la plus grande Abbesse du monastère.
Le 13 avril, Henri IV signe l'édit de Nantes, qui impose aux Français la coexistence du catholicisme romain et de la confession réformée : il accorde aux protestants la liberté de conscience, la liberté de culte sous certaines conditions, l'accès à différentes charges, etc.. Il sera révoqué en 1685 par Louis XIV.
Pierre Fourier (1565-1640, canonisé en 1897), chanoine régulier de Saint-Augustin, fonde avec Alice (Alix) Le Clerc (1576-1622, béatifiée en 1947) la
Congrégation Notre-Dame ou des Chanoinesses de Saint-Augustin, pour l'éducation et l'enseignement des jeunes filles. La Congrégation compte aujourd'hui 750 religieuses, présentes dans 14 pays du monde. En France, 17 établissements scolaires, dont le célèbre Couvent des Oiseaux à Paris, accueillent plus de 20.000 élèves. On lui doit une prière d'offrande, que nous citons au chapitre correspondant.


Suite...


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