Voeux 2005

pour vivre une belle et sainte Année !

Il est d'usage en début d'année, vous le savez, de faire le bilan de l'année qui vient de s'écouler. Je m'en garderai bien ici. L'exaucement des souhaits que je formais l'an dernier doit demeurer dans le secret de nos âmes, et le secret de Dieu.
Je passerai donc directement à la seconde partie, celle des vœux à formuler en ce début d'année, pour chacune et chacun d'entre vous. Mais que vous souhaiter de plus cette année ?
Les bonnes fées et les génies accordent généralement trois vœux à ceux qu'ils viennent si gentiment visiter. Comme je ne suis pas trop gourmand, mon Ange gardien ne m'en a soufflé qu'un seul, je vous le livre ici :

Je fais le vœu que nous apprenions à ne plus dire "je veux".

Drôle de vœu, me direz-vous !
Les enfants, qui connaissent leur orthographe par cœur, connaissent bien la différence entre ces deux "veu".
Le premier, le vœu que nous formons, et qui est un souhait tourné vers le Ciel, une prière qui s'élève vers Dieu, s'écrit avec un "o". Un petit "o" tout rond, comme une auréole, discret rappel de la sainteté vers laquelle ce vœu va nous élever.
Et c'est pourquoi je forme le vœu que nous apprenions à ne plus dire "je veux" !
Car dans ce "je veux", vous l'aurez remarqué, il n'y a plus de "o". Disparu, ce petit "o" tout rond du vœu, envolée, l'auréole de la sainteté !
Eh, pardi, c'est que les saints, eux, ne disent jamais "je veux" !
L'enfant capricieux, lui, l'enfant qui trépigne, l'enfant qui réclame toujours plus et toujours mieux, ne cesse de répéter "je veux", "je veux", "je veux", en tapant du pied par terre, et en serrant ses petits poings comme s'il était prêt à s'en servir si on ne lui donne pas ce qu'il réclame…

Oh, soyons honnête, nous avons bien tous été un peu comme ça, un jour ou l'autre, quand nous étions petits… Non ?
Enfin… Seulement quand nous étions petits ?
Voyons, c'est le début de l'année, on peut bien se dire la vérité… Est-ce qu'aujourd'hui encore, même dans nos prières, quand on s'adresse au bon Dieu, il ne nous arrive pas parfois de glisser un petit "je veux" ? Mmmmmh ? Et quand notre prière ne semble pas exaucée, de laisser échapper une plainte, qui pourrait bien se traduire, par un "Oh ! T'es sourd ?"…

Et oui, mais c'est qu'il n'y a plus là, dans ce "je veux", le petit "o" magique, qui élève notre prière vers le Ciel… Et notre volonté à nous, livrée à elle-même, reste alors bien terre à terre…
La petite sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus l'avait bien compris, qui écrivait "je veux… passer mon Ciel à faire du bien sur la terre" ! Qu'aurait-elle pu vouloir d'autre, que de déployer dans l'éternité l'Amour infini qu'elle avait appris à recevoir des mains du bon Dieu ?
Ah, nous pourrions bien nous inspirer de sa prière, et affirmer avec foi et courage : "je veux… passer ma terre à faire du bien pour le Ciel" !

Car ce "je veux"-là, et celui-là seulement, serait un juste écho à la volonté divine.
Si seulement nous disions "je voudrais"… Ah, vous avez remarqué ? "Je voudrais" : il est de nouveau là, le petit "o" de la sainteté ! "Je voudrais", c'est donc déjà mieux que "je veux" !

"Je voudrais, Seigneur… mais que Ta volonté soit faite, et non la mienne"… N'est-ce pas ainsi que Jésus nous a enseigné à prier ? Renoncer à soi-même, pour que la volonté du Père s'accomplisse… Cesser de répéter sans cesse "je veux", renoncer à sa volonté propre, et ouvrir notre cœur à ces appels venus d'En-Haut, ces appels que nous faisons parfois semblant de ne pas entendre…

La volonté propre… Ah c'est un bien drôle de nom qu'on lui a donné, à celle-là ! Est-elle donc si propre, cette volonté qui nous entraîne parfois à contresens de la volonté divine ? Oh, il est vrai que l'abandon de cette volonté-là n'est pas à la mode : "Faites ce que vous voulez, écoutez vos instincts, répondez à vos envies, assouvissez vos désirs, et si vous n'en avez plus, nous vous en trouverons de nouveaux" nous rabâchent à longueur de temps les publicités aujourd'hui ! Et finalement, notre volonté ne serait-elle pas "propre" simplement parce que nous prenons bien soin de l'astiquer tous les jours, de la dorloter, de la pomponner comme d'autres bichonnent leur voiture ou le cuir de leurs souliers ?

« C'est seulement en contemplant et en aimant Dieu que nous pouvons apprendre l'oubli du moi, disait Fénelon. Aimez Dieu, et vous serez humbles ; aimez Dieu, et vous rejetterez l'amour du moi ; aimez Dieu, et vous aimerez tout ce qu'il vous donne à aimer, par amour pour Lui. »

Aimer Dieu… Bien sûr me direz-vous ! Mais L'aimons-nous toujours assez ? Et n'est-Il pas pourtant tout à la fois la source et le terme de notre plus grand bonheur ?

Alors aimons Dieu, aimons Dieu et laissons-Lui la place, toute la place, pour qu'Il règne en nous, et qu'à travers nous, Il accomplisse Sa volonté. Abandonnons-nous à Sa volonté. Non pas "je veux", mais "Vous voulez, Seigneur ? Qu'il en soit ainsi !". Et en Lui remettant ainsi nos vies, en faisant le vœu de lui dire toujours "oui", alors je vous le dis, notre année sera belle. Notre année sera sainte. Parce que notre année sera la Sienne. Et que Son Amour transparaîtra à travers nous.

Alors, et alors seulement, cette année sera une année au cours de laquelle nous pourrons redire chaque jour, et sans avoir à en rougir : "Que Ton règne vienne, que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel". C'est le plus beau cadeau que nous puissions Lui offrir : Lui donner, à Lui, cette année nouvelle tout entière. Car alors cette année deviendra pour chacun de nous un temps de sanctification, et pour tous ceux qui nous entourent une année un peu plus lumineuse, un peu plus chaleureuse, et chaque jour un peu plus riche de tendresse, d'amour et de paix. Oui, si nous laissons la volonté de Dieu s'accomplir en nous, alors il n'y aura plus rien d'impossible ! Oui, que Votre volonté s'accomplisse, Seigneur, en chacun de nous, que Votre volonté soit la nôtre, tout au long de cette année : c'est le vœu que je forme, et tout le bien que je vous souhaite, à chacune et chacun d'entre vous, qui passez par ce site.

Belle et Sainte année, à toutes et à tous !

Jean-Claude Prieto




Voeux 2004



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