Bernardo López Piquer (1801-1874), Apparition de l’Eucharistie à Pascal Baylon
Musée des Beaux-Arts, Valence (Espagne)
(Crédit photo)
« La sainteté n’est pas réservée aux vertueux et aux parfaits, mais aux blessés de toutes sortes. Lorsqu’on a tout perdu ou qu’on est au bas de l’échelle, il est plus facile de gravir l’échelle de la sainteté, qui est une échelle à l’envers, tournée vers le Très-Bas, comme dirait Christian Bobin. La porte étroite est celle qui mène dans les profondeurs de nos blessures et de nos fragilités, la sainteté est de les aimer parce qu’elles nous approchent du Dieu miséricordieux. L’espérance jaillit de cette pauvreté ; les saints la chantent dans une prière du coeur toute simple, où le nom de Jésus est le pouls de leur désir. Ce chemin de la sainteté est celui de l’imperfection. Pour André Daigneault, responsable d’un Foyer de Charité au Québec, cette sainteté doit devenir la grande spiritualité de ce troisième millénaire :
Les saints imparfaits montent joyeusement vers le Père en descendant avec le Fils qui les porte dans ses bras et les prend contre son coeur, si près qu’ils ne voient pas son visage. Ils n’approchent pas de Dieu à la force des poignets, mais lui laissent toute la place. N’est-ce pas cela, l’humilité ? Leur vulnérabilité acceptée les ouvre à la miséricorde désarmante d’un Dieu qui a soif d’aimer et d’être aimé. Ils sont ces petits auxquels le Royaume est promis, ce qui faisait dire à François de Sales : « J’aime mieux être infirme que fort devant Dieu, car les forts, il les mène par la main tandis que les infirmes, il les prend dans ses bras. » » (*) : André Daigneault, Le chemin de l’imperfection, Sillery, Anne Sigier, 2000, p. 73. Jacques Gauthier, Tous appelés à la sainteté (ch. VII, 3), Parole et Silence, Novalis, Canada, 2008. |
Dessin Greg Olsen
Hymne des Laudes de la semaine de Pentecôte : « Beata nobis gaudia »
Extrait de « Choeur des moines de l’Abbaye de Ligugé, Chefs-d’oeuvre Grégorien »
Beata nobis gaudia Anni reduxit orbita, Cum Spiritus paraclitus Illapsus est Apostolis. Ignis vibrante lumine Linguis loquuntur omnium, Parata sunt hæc mystice, Te nunc Deus piissime Dudum sacrata pectora Deo Patri sit gloria, | Bienheureuses joies, que l’année Apporte en son cours, Quand l’Esprit consolateur A resplendi sur les disciples. Du feu à l’éclat scintillant Ils parlent la langue de tous ; C’est l’accomplissement du mystère, Maintenant, Dieu très bon, Les coeurs des saints, jadis, Gloire à Dieu le Père, |
V. Repleti sunt omnes Spiritu Sancto, alleluia. V. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit, alléluia. R. Et coeperunt loqui, alleluia. |