Lettre du Cardinal Cl�udio Hummes, Archev�que �m�rite de Sao Paulo, Pr�fet de la Congr�gation pour le Clerg� � l’occasion de l�ann�e sacerdotale (*), institu�e par le Pape Beno�t XVI pour c�l�brer le 150e anniversaire de la mort de Saint Jean-Marie Vianney, le Saint Cur� d�Ars. Chers pr�tres, L�ann�e sacerdotale, institu�e par notre Pape bien-aim� Beno�t XVI pour c�l�brer le 150e anniversaire de la mort de Saint Jean-Marie Vianney, le Saint Cur� d�Ars, est � nos portes. Le Saint-P�re l�ouvrira le 19 juin prochain, f�te du Sacr�-C�ur de J�sus et Journ�e mondiale de pri�re pour la sanctification des pr�tres. L�annonce de cette ann�e particuli�re a eu un retentissement positif dans le monde entier, sp�cialement parmi les pr�tres eux-m�mes. Tous nous voulons nous engager, avec d�termination, profondeur et ferveur, afin que cette ann�e soit largement c�l�br�e de par le monde, dans les dioc�ses, les paroisses, en chaque communaut� locale, avec l�implication chaleureuse de notre peuple catholique, qui sans aucun doute aime ses pr�tres et d�sire les voir heureux, saints et joyeux dans leur travail apostolique quotidien. Il devra s�agir d�une ann�e positive et propositive, dans laquelle l�Eglise veut dire, aux pr�tres avant tout, mais aussi � tous les chr�tiens, � la soci�t� mondiale, � travers les moyens de communication globale, combien elle est fi�re de ses pr�tres, combien elle les aime, les v�n�re, les admire et reconna�t avec gratitude leur travail pastoral et le t�moignage de leur vie. Vraiment, les pr�tres sont importants non seulement pour ce qu�ils font, mais aussi pour ce qu�ils sont. En m�me temps, il est vrai que quelques pr�tres sont apparus parfois impliqu�s dans de graves probl�mes et des situations d�lictueuses. Evidemment, il faudra continuer � enqu�ter sur eux, il faudra les juger comme il se doit et les punir. Mais ces cas concernent un tr�s faible pourcentage du clerg�. Dans leur �crasante majorit� les pr�tres sont des personnes tr�s dignes, consacr�es au minist�re, des hommes de pri�re et de charit� pastorale, qui investissent toute leur existence dans la r�alisation de leur vocation et mission, souvent avec de grands sacrifices personnels, mais toujours avec un authentique amour pour J�sus-Christ, l�Eglise et le peuple, solidaires avec les pauvres et ceux qui souffrent. C�est pour cela que l�Eglise est fi�re de ses pr�tres � travers le monde entier. Cette ann�e doit aussi �tre l�occasion d�une p�riode d�approfondissement intense de l�identit� sacerdotale, de la th�ologie du sacerdoce catholique et du sens extraordinaire de la vocation et de la mission des pr�tres dans l�Eglise et dans la soci�t�. Cela demandera des congr�s d��tude, des journ�es de r�flexion, des exercices spirituels sp�cifiques, des conf�rences et des semaines th�ologiques dans nos facult�s eccl�siastiques, des recherches scientifiques et des publications. Le Saint-P�re, dans le discours d�indiction, lors de l�Assembl�e pl�ni�re de la Congr�gation pour le Clerg� le 16 mars dernier, d�clara qu�� travers cette ann�e sp�ciale on voulait � favoriser la tension des pr�tres vers la perfection spirituelle dont d�pend surtout l�efficacit� de leur minist�re �. C�est pourquoi ce doit �tre, de fa�on toute sp�ciale, une ann�e de pri�re des pr�tres, avec les pr�tres et pour les pr�tres, une ann�e de renouveau de la spiritualit� du presbyterium et de chaque pr�tre. Dans ce cadre, l�Eucharistie se pr�sente comme le centre de la spiritualit� sacerdotale. L�adoration eucharistique pour la sanctification des pr�tres et la maternit� spirituelle de moniales, de femmes consacr�es et de la�ques envers chacun des pr�tres, comme cela avait d�j� �t� propos� il ya quelque temps par la Congr�gation pour le Clerg�, pourraient �tre d�velopp�es avec des fruits garantis de sanctification. Ce doit �tre encore une ann�e dans laquelle on prend en consid�ration les conditions concr�tes et le maintien mat�riel dont vivent nos pr�tres, parfois r�duits � des situations de dure pauvret�. On pourrait faire mention de beaucoup d�autres aspects et initiatives pour enrichir l�Ann�e Sacerdotale. C�est l� que devra prendre place la juste cr�ativit� des Eglises locales. Il est donc bien que chaque conf�rence d�Ev�ques, chaque dioc�se et chaque paroisse et communaut� locale �tablissent, le plus rapidement possible, un programme vrai et propre pour cette ann�e particuli�re. Evidemment, il est important de commencer l�ann�e par un �v�nement marquant. Le jour m�me de l�ouverture de l�Ann�e Sacerdotale � Rome avec le Saint-P�re, le 19 juin, les Eglises locales sont invit�es � participer d�une mani�re ou d�une autre � l�inauguration, par exemple par un acte liturgique et festif particulier. Que ceux qui le peuvent viennent � Rome pour l�ouverture, sans aucun doute, pour manifester leur participation personnelle � cette heureuse initiative du Pape. Dieu b�nira sans aucun doute cet effort avec beaucoup d�amour. Et la Vierge Marie, Reine du Clerg�, priera pour vous tous, chers pr�tres. Cardinal Cl�udio Hummes Source : clerus.org Hom�lie du pape Beno�t XVI, le vendredi 11 juin 2010, lors de la Messe de cl�ture de l’ann�e sacerdotale. Chers confr�res dans le minist�re sacerdotal, Chers fr�res et s�urs, L�Ann�e sacerdotale que nous avons c�l�br�e, 150 ans apr�s la mort du saint Cur� d�Ars, mod�le du minist�re sacerdotal dans notre monde, arrive � son terme. Par le Cur� d�Ars, nous nous sommes laiss� guider, pour saisir � nouveau la grandeur et la beaut� du minist�re sacerdotal. Le pr�tre n�est pas simplement le d�tenteur d�une charge, comme celles dont toute soci�t� a besoin afin qu�en son sein certaines fonctions puissent �tre remplies. Il fait en revanche quelque chose qu�aucun �tre humain ne peut faire de lui-m�me : il prononce au nom du Christ la parole de l�absolution de nos p�ch�s et il transforme ainsi, � partir de Dieu, la situation de notre existence. Il prononce sur les offrandes du pain et du vin les paroles d�action de gr�ce du Christ qui sont paroles de transsubstantiation � des paroles qui le rendent pr�sent, Lui, le Ressuscit�, son Corps et son Sang, et transforment ainsi les �l�ments du monde : des paroles qui ouvrent le monde � Dieu et l�unissent � Lui. Le sacerdoce n�est donc pas seulement une � charge �, mais un sacrement : Dieu se sert d�un pauvre homme pour �tre, � travers lui, pr�sent pour les hommes et agir en leur faveur. Cette audace de Dieu qui se confie � des �tres humains et qui, tout en connaissant nos faiblesses, consid�re les hommes capables d�agir et d��tre pr�sents � sa place � cette audace de Dieu est la r�alit� vraiment grande qui se cache dans le mot � sacerdoce �. Que Dieu nous consid�re capables de cela, que de cette mani�re il appelle les hommes � son service et qu�ainsi de l�int�rieur il se lie � eux : c�est ce que, en cette ann�e, nous voulions consid�rer et comprendre � nouveau. Nous voulions r�veiller la joie que Dieu nous soit si proche, et la gratitude pour le fait qu�il se confie � notre faiblesse ; qu�il nous conduise et nous soutienne jour apr�s jour. Nous voulions aussi ainsi montrer � nouveau aux jeunes que cette vocation, cette communion de service pour Dieu et avec Dieu, existe � et plus encore, que Dieu est en attente de notre � oui �. Avec l��glise, nous voulions � nouveau faire noter que cette vocation nous devons la demander � Dieu. Nous demandons des ouvriers pour la moisson de Dieu, et cette requ�te faite � Dieu c�est, en m�me temps, Dieu qui frappe � la porte du c�ur des jeunes qui se consid�rent capables de ce dont Dieu les consid�re capables. On pouvait s�attendre � ce que cette nouvelle mise en lumi�re du sacerdoce d�plaise � l�ennemi � ; il aurait pr�f�r� le voir dispara�tre, pour qu�en fin de compte Dieu soit repouss� hors du monde. Et il est ainsi arriv� que, proprement au cours de cette ann�e de joie pour le sacrement du sacerdoce, sont venus � la lumi�re les p�ch�s des pr�tres � en particulier l�abus � l��gard des petits, o� le sacerdoce charg� de t�moigner de la pr�venance de Dieu � l��gard de l�homme se trouve retourn� en son contraire. Nous aussi nous demandons avec insistance pardon � Dieu et aux personnes impliqu�es, alors que nous entendons promettre de faire tout ce qui est possible pour que de tels abus ne puissent jamais plus survenir ; promettre que dans l�admission au minist�re sacerdotal et dans la formation d�livr�e au cours du parcours qui y pr�pare, nous ferons tout ce qui est possible pour examiner attentivement l�authenticit� de la vocation et que nous voulons mieux encore accompagner les pr�tres sur leur chemin, afin que le Seigneur les prot�ge et les garde dans les situations difficiles et face aux dangers de la vie. Si l�Ann�e sacerdotale avait du �tre une glorification de notre prestation humaine personnelle, elle aurait �t� d�truite par ces �v�nements. Mais il s�agissait pour nous exactement du contraire : devenir reconnaissant pour le don de Dieu, un don qui se cache � dans des vases d�argile � et qui toujours de nouveau, � travers toute la faiblesse humaine, rend concret son amour en ce monde. Nous consid�rons ainsi que ce qui est arriv� est un devoir de purification, un devoir qui nous porte vers l�avenir et qui, d�autant plus, nous fait reconna�tre et aimer le grand don de Dieu. De cette fa�on, le don devient l�engagement de r�pondre au courage et � l�humilit� de Dieu par notre courage et notre humilit�. La parole du Christ, que nous avons chant� comme chant d�entr�e dans la liturgie, peut nous sugg�rer en cette heure ce que signifie devenir et �tre pr�tres : � Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de c�ur � (Mt 11, 29). Nous c�l�brons la f�te du Sacr� C�ur de J�sus et nous jetons avec la liturgie, pour ainsi dire, un regard dans le c�ur de J�sus qui, dans la mort, fut ouvert par la lance du soldat romain. Oui, son c�ur est ouvert pour nous et devant nous � et ainsi, le c�ur de Dieu lui-m�me nous est ouvert. La liturgie interpr�te pour nous le langage du c�ur de J�sus, qui parle surtout de Dieu en tant que pasteur des hommes et nous pr�sente de cette fa�on le sacerdoce de J�sus, qui est enracin� dans les profondeurs de son c�ur ; elle nous indique ainsi le fondement durable, tout autant que le crit�re valable, de tout minist�re sacerdotal, qui doit �tre ancr� dans le c�ur de J�sus et �tre v�cu � partir de lui. Je voudrais aujourd�hui m�diter surtout sur les textes avec lesquels l��glise qui prie r�pond � la Parole de Dieu donn�e dans les lectures. Dans ces chants, la parole et la r�ponse se comp�n�trent. D�une part, eux-m�mes sont tir�s de la Parole de Dieu, mais d�autre part, ils sont en m�me temps d�j� la r�ponse de l�homme � une telle Parole, une r�ponse dans laquelle la Parole elle-m�me se communique et entre dans notre vie. Le plus important de ces textes dans la liturgie de ce jour est le Psaume 23 (22) � � Le Seigneur est mon berger � -, � travers lequel l�Isra�l priant a accueilli l�autor�v�lation de Dieu comme pasteur, et en a fait l�orientation pour sa vie. � Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien � : dans ce premier verset, la joie et la gratitude s�expriment pour le fait que Dieu est pr�sent et qu�il s�occupe de nous. La lecture tir�e du Livre d��z�chiel d�bute par le m�me th�me : � J�irai moi-m�me � la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles � (Ez 34, 11). Dieu prend personnellement soin de moi, de nous, de l�humanit�. Je ne suis pas laiss� seul, perdu dans l�univers et dans une soci�t� devant laquelle on demeure toujours plus d�sorient�s. Il prend soin de moi. Il n�est pas un Dieu lointain, pour lequel ma vie compterait tr�s peu. Les religions du monde, d�apr�s ce que l�on peut voir, ont toujours su que, en derni�re analyse, il y a un seul Dieu. Mais un tel Dieu demeurait lointain. Apparemment celui-ci abandonnait le monde � d�autres puissances et � d�autres forces, � d�autres divinit�s. De cela, il fallait s�accommoder. Le Dieu unique �tait bon, mais lointain cependant. Il ne constituait pas un danger, mais il n�offrait pas davantage une aide. Il n��tait donc pas n�cessaire de se pr�occuper de lui. Il ne dominait pas. �trangement, cette pens�e est r�apparue avec les Lumi�res. On comprenait encore que le monde supposait un Cr�ateur. Cependant, ce Dieu avait construit le monde et s�en �tait ensuite �videmment retir�. � pr�sent, le monde avait un ensemble de lois suivant lesquelles il se d�veloppait et sur lequel Dieu n�intervenait pas, ni ne pouvait intervenir. Dieu ne constituait qu�une origine lointaine. Beaucoup peut-�tre ne d�siraient pas non plus que Dieu prenne soin d�eux. Ils ne voulaient pas �tre d�rang�s par Dieu. Mais l� o� la tendresse et l�amour de Dieu sont per�us comme une g�ne, l� l��tre humain est fauss�. Il est beau et consolant de savoir qu�il y a une personne qui m�aime et qui prend soin de moi. Mais il est encore plus d�cisif qu�existe ce Dieu qui me conna�t, qui m�aime et se pr�occupe de moi. � Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent � (Jn 10, 14), dit l��glise avant l��vangile (de ce jour) avec une parole du Seigneur. Dieu me conna�t, il se pr�occupe de moi. Cette pens�e devrait nous rendre v�ritablement joyeux. Laissons cela p�n�trer profond�ment en nous. Alors nous comprendrons aussi ce qu�elle signifie : Dieu veut que nous, en tant que pr�tres, en un petit point de l�histoire, nous partagions ses pr�occupations pour les hommes. En tant que pr�tres, nous voulons �tre des personnes qui, en communion avec sa tendresse pour les hommes, prenons soin d�eux, leur permettons d�exp�rimenter concr�tement cette tendresse de Dieu. Et, � l��gard du milieu qui lui est confi�, le pr�tre, avec le Seigneur, devrait pouvoir dire : � Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent �. � Conna�tre �, au sens des Saintes �critures, n�est jamais seulement un savoir ext�rieur, comme on conna�t le num�ro de t�l�phone d�une personne. � Conna�tre � signifie �tre int�rieurement proche de l�autre. L�aimer. Nous devrions chercher � � conna�tre � les hommes de la part de Dieu et en vue de Dieu ; nous devrions chercher � cheminer avec eux sur la voie de l�amiti� de Dieu. Revenons � notre Psaume. Il y est dit : � Il me conduit par le juste chemin pour l�honneur de son nom. Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton b�ton me guide et me rassure � (23 (22), 3-4). Le pasteur indique le juste chemin � ceux qui lui sont confi�s. Il les pr�c�de et il les guide. Disons-le autrement : le Seigneur nous d�voile comment l��tre humain s�accomplit de fa�on juste. Il nous enseigne l�art d��tre une personne. Que dois-je faire pour ne pas pr�cipiter, pour ne pas gaspiller ma vie dans l�absence de sens ? C�est pr�cis�ment la question que tout homme doit se poser et qui vaut pour tout �ge de la vie. Et quelle obscurit� existe autour de cette question en notre temps ! Toujours de nouveau, nous vient � l�esprit la parole de J�sus, lequel avait compassion des hommes, parce qu�ils �taient comme des brebis sans pasteur. Seigneur, aie piti� aussi de nous ! Indique-nous le chemin ! De l��vangile, nous savons cela : Il est lui-m�me la vie. Vivre avec le Christ, le suivre � cela signifie d�couvrir le juste chemin, afin que notre vie acquiert du sens et afin que nous puissions dire : � Oui, vivre a �t� une bonne chose �. Le peuple d�Isra�l �tait et est reconnaissant � Dieu, parce qu�� travers les Commandements il a indiqu� la route de la vie. Le grand Psaume 119 (118) est une seule expression de joie pour ce fait : nous n�avan�ons pas � t�tons dans l�obscurit�. Dieu nous a montr� quel est le chemin, comment nous pouvons cheminer de fa�on juste. Ce que les Commandements disent a �t� synth�tis� dans la vie de J�sus et est devenu un mod�le vivant. Nous comprenons ainsi que ces directives de Dieu ne sont pas des cha�nes, mais sont la voie qu�Il nous indique. Nous pouvons en �tre heureux et nous r�jouir parce que dans le Christ elles sont devant nous comme une r�alit� v�cue. Lui-m�me nous a rendus heureux. Dans notre cheminement avec le Christ, nous faisons l�exp�rience de la joie de la R�v�lation, et comme pr�tres nous devons communiquer aux gens la joie li�e au fait que nous a �t� indiqu�e la voie juste de la vie. Il y a ensuite la parole concernant � le ravin de la mort � � travers lequel le Seigneur guide l�homme. La route de chacun de nous nous conduira un jour dans le ravin obscur de la mort dans lequel personne ne peut nous accompagner. Et il sera l�. Le Christ lui-m�me est descendu dans la nuit obscure de la mort. L� aussi, il ne nous abandonne pas. L� aussi, il nous guide. Si � je descends chez les morts : te voici � dit le Psaume 139 (138). Oui, tu es aussi pr�sent dans l�ultime labeur, et ainsi, notre Psaume responsorial peut-il dire : l� aussi, dans le ravin de la mort, je ne crains aucun mal. En parlant du ravin obscur nous pouvons, cependant, penser aussi aux vall�es obscures de la tentation, du d�couragement, de l��preuve, que tout �tre humain doit traverser. Dans ces vall�es t�n�breuses de la vie, il est l� aussi. Oui, Seigneur, dans les obscurit�s de la tentation ; dans les heures sombres o� toutes les lumi�res semblent s��teindre, montre-moi que tu es l�. Aide-nous, pr�tres, afin que nous puissions �tre aupr�s des personnes qui nous sont confi�s et qui sont dans ces nuits obscures. Afin que nous puissions leur montrer ta lumi�re. � Ton b�ton me guide et me rassure � : le pasteur a besoin du b�ton contre les b�tes sauvages qui veulent faire irruption dans le troupeau ; contre les brigands qui cherchent leur butin. � c�t� du b�ton, il y a la houlette qui offre un appui et une aide pour traverser les passages difficiles. Les deux r�alit�s appartiennent aussi au minist�re de l��glise, au minist�re du pr�tre. L��glise aussi doit utiliser le b�ton du pasteur, le b�ton avec lequel elle prot�ge la foi contre les falsificateurs, contre les orientations qui sont, en r�alit�, des d�sorientations. L�usage m�me du b�ton peut �tre un service d�amour. Nous voyons aujourd�hui qu�il ne s�agit pas d�amour, quand on tol�re des comportements indignes de la vie sacerdotale. De m�me il ne s�agit pas non plus d�amour quand on laisse prolif�rer l�h�r�sie, la d�formation et la d�composition de la foi, comme si nous inventions la foi de fa�on autonome. Comme si elle n��tait plus le don de Dieu, la perle pr�cieuse que nous ne nous laissons pas d�rober. Toutefois, en m�me temps, le b�ton doit toujours redevenir la houlette du pasteur � la houlette qui aide les hommes � pouvoir marcher sur les sentiers difficiles et � suivre le Seigneur. � la fin du Psaume, on �voque le banquet pr�par�, l�huile dont la t�te est ointe, le calice d�bordant, la possibilit� d�habiter avec le Seigneur. Dans le Psaume, ceci exprime avant tout la perspective de la joie festive qui accompagne le fait d��tre avec Dieu dans le temple, d��tre accueilli et servi par Lui, de pouvoir habiter aupr�s de Lui. Pour nous qui prions ce Psaume avec le Christ et avec son Corps qui est l��glise, cette perspective d�esp�rance a acquis une amplitude et une profondeur encore plus grandes. Nous voyons dans ces paroles, pour ainsi dire, une anticipation proph�tique du myst�re de l�Eucharistie dans lequel Dieu en personne nous accueille en s�offrant lui-m�me � nous comme nourriture � comme ce pain et ce vin excellents qui, seuls, peuvent constituer la r�ponse ultime � la faim et � la soif intimes de l�homme. Comment ne pas �tre heureux de pouvoir chaque jour �tre les h�tes de la table m�me de Dieu, d�habiter pr�s de Lui ? Comment ne pas �tre heureux du fait qu�il nous a laiss� ce commandement : � Faites cela en m�moire de moi � ? Heureux parce qu�Il nous a donn� de pr�parer la table de Dieu pour les hommes, de leur donner son Corps et son Sang, de leur offrir le don pr�cieux de sa pr�sence m�me. Oui, nous pouvons de tout notre c�ur prier ensemble les paroles du Psaume : � Gr�ce et bonheur m�accompagnent tous les jours de ma vie � (23 (22), 6). Pour finir, jetons encore un bref regard sur les deux chants de communion qui nous sont propos�s aujourd�hui par l��glise dans sa liturgie. Il y a tout d�abord la parole avec laquelle saint Jean conclut le r�cit de la crucifixion de J�sus : � Un des soldats avec sa lance lui per�a le c�t� ; et aussit�t, il en sortit du sang et de l�eau � (Jn 19, 34). Le c�ur de J�sus est transperc� par la lance. Il est ouvert, et il devient une source : l�eau et le sang qui en sortent renvoient aux deux Sacrements fondamentaux dont l��glise vit : le Bapt�me et l�Eucharistie. Du c�t� perc� du Seigneur, de son c�ur ouvert jaillit la source vive qui court � travers les si�cles et qui fait l��glise. Le c�ur ouvert est source d�un nouveau fleuve de vie ; dans ce contexte, Jean a certainement pens� aussi � la proph�tie d��z�chiel qui voit jaillir du nouveau temple un fleuve qui donne f�condit� et vie (Ez 47) : J�sus lui-m�me est le nouveau temple, et son c�ur ouvert est la source d�o� sort un fleuve de vie nouvelle, qui se communique � nous dans le Bapt�me et l�Eucharistie. La liturgie de la Solennit� du Sacr� C�ur de J�sus pr�voit, cependant aussi, comme chant � la communion une autre parole, proche de celle-l�, tir�e de l��vangile de Jean : Qui a soif, qu�il vienne � moi. Qu�il boive, celui qui croit en moi. L��criture dit : � Des fleuves d�eau vive jailliront de son c�ur � (cf. Jn 7, 37ss). Dans la foi, nous buvons, pour ainsi dire, de l�eau vive de la Parole de Dieu. Ainsi, le croyant devient lui-m�me une source, et offre � la terre dess�ch�e de l�histoire l�eau vive. Nous le voyons chez les saints. Nous le voyons avec Marie qui, femme grande en foi et en amour, est devenue au long des si�cles source de foi, d�amour et de vie. Chaque chr�tien et chaque pr�tre devrait, � partir du Christ, devenir une source qui communique la vie aux autres. Nous devrions donner l�eau de la vie � un monde assoiff�. Seigneur, nous te remercions parce que tu as ouvert ton c�ur pour nous ; parce que dans ta mort et dans ta r�surrection tu es devenu source de vie. Fais que nous soyons des personnes vivantes, vivantes de ta source, et donne-nous de pouvoir �tre nous aussi des sources, en mesure de donner � notre temps l�eau de la vie. Nous te remercions pour la gr�ce du minist�re sacerdotal. Seigneur b�nis-nous et b�nis tous les hommes de ce temps qui sont assoiff�s et en recherche. Amen. […] Chers pr�tres francophones, vous avez une proximit� particuli�re avec saint Jean-Marie Vianney. Je souhaite qu�elle devienne une v�ritable complicit� spirituelle. Puisse son exemple s�r, vous inspirez afin que le don que vous avez fait de vous-m�me au Seigneur porte du bon fruit! Je vous renouvelle ma confiance et je vous encourage � progresser sur les chemins de la saintet�. Que le Seigneur vous garde tous en son C�ur tr�s-aimant ! � Copyright 2010 – Libreria Editrice Vaticana (*) : L’ann�e sacerdotale, ouverte le 19 juin 2009, f�te du Sacr�-C�ur et Journ�e mondiale de pri�re pour la sanctification des pr�tres, a �t� cl�tur�e de m�me en la f�te du Sacr�-C�ur de J�sus, le 11 juin 2010. Retour � la Page d’accueil |