L’Evangélisation de la Provence
Sainte Marthe
Dans une vie de Sainte Marthe du 14° siècle, on lit qu' »elle créa en ce lieu un couvent de femmes, en honneur de sainte Marie Madeleine, et elle y mena une vie très rude, ne vivant que de pain et d’eau, une fois par jour, et s’agenouillant cent fois le jour et la nuit pour prier Dieu. » Elle s’était fait construire un oratoire, où elle demeura retirée durant sept années. On la représente vivant nu-pieds, portant pour tout vêtement un sac attaché autour des reins, et pour coiffure une tiare blanche faite de poils de chameau… Elle ne sort de sa retraite que pour prêcher l’Evangile.
La fondation de la première église chrétienne remonterait vers l’an 50, consacrée par les évêques Trophime d’Arles, Maximin d’Aix, et Eutrope d’Orange. Sainte Marthe mourut à Tarascon vers l’an 68. Sa fête est célébrée le 4 août. Les miracles sur son tombeau se multiplient. Clovis, le 1° Roi chrétien, viendra lui-même s’y recueillir en l’an 500, et sera délivré d’un grave mal de rein.
Durant les invasions mérovingiennes et sarrasines, les reliques de sainte Marthe furent enfouies dans une église souterraine. En 1187, tout danger étant passé, on fit l’élévation solennelle de ces reliques. L’archevêque métropolitain de Provence, Imbert d’Aiguières, présida l’événement en présence d’une grande foule, et en reconnut l’authenticité. Les saintes reliques furent transférées dans le tombeau en pierre situé actuellement dans la crypte. Les pèlerins ne cesseront jamais d’affluer, parmi lesquels on peut citer le roi saint Louis, au retour d’une croisade en 1254… Le roi Louis XI offrira une magnifique chasse en or massif, pour abriter les saintes reliques. Je ne vous surprendrai pas en vous disant qu’elle disparut lors de la révolution canadienne (mais pas les reliques qu’elle contenait, Dieu merci !)…