MESSAGES ET HOM�LIES
| 1 | Message de No�l 2005 Hom�lie pour la messe de minuit 2005 Message pour le 1� janvier 2006 (Journ�e mondiale de la Paix) « Deus caritas est » : Encyclique « Dieu est amour » Message pour le Car�me 2006 Message pour les JMJ 2006 Cat�ch�se du Mercredi Saint | 2 | Bilan de l’ann�e 2006 Message de No�l 2006 Message pour les JMJ 2007 Message pour le Car�me 2007 Pri�re � la Vierge Marie pour les jeunes Hom�lie pour la messe de minuit 2007 | 3 | Message de No�l 2007 Message de Car�me 2008 Message de P�ques 2008 Message aux enfants avant No�l Message pour le 1� janvier 2009 Message de Car�me 2009 |
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Sur le site du Vatican : |
Message de No�l 2005 �Je vous annonce une grande joie… aujourd�hui vous est n� un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur� (Lc 2, 10-11). Cette nuit, nous avons �cout� � nouveau les paroles de l�Ange aux bergers, et nous avons rev�cu le climat de cette sainte Nuit, la Nuit de Bethl�em, lorsque le Fils de Dieu s�est fait homme et que, naissant dans une pauvre grotte, il a �tabli sa demeure parmi nous. En ce jour solennel, retentit l�annonce de l�Ange et pour nous aussi, hommes et femmes du troisi�me mill�naire, c�est une invitation � accueillir le Sauveur. Que l�humanit� d�aujourd�hui n�h�site pas � le faire entrer dans ses maisons, dans ses villes, dans ses nations et en tout point de la terre! Il est vrai, qu�au cours du mill�naire qui s�est achev� il y a peu, et sp�cialement pendant les derniers si�cles, les progr�s accomplis dans le domaine technique et scientifique ont �t� nombreux; les ressources mat�rielles dont nous pouvons disposer aujourd�hui sont importantes. L�homme de l��re technologique risque cependant d��tre victime des succ�s m�mes de son intelligence et des r�sultats de ses capacit�s d�action s�il se laisse prendre par une atrophie spirituelle, par un vide du c�ur. C�est pourquoi il est important qu�il ouvre son esprit et son c�ur � la Naissance du Christ, �v�nement de salut capable d�imprimer une esp�rance renouvel�e dans l�existence de tout �tre humain. �Homme, �veille-toi: pour toi, Dieu s�est fait homme� (saint Augustin, Discours, 185). �veille-toi, homme du troisi�me mill�naire! � No�l, le Tout-Puissant s�est fait petit enfant et il demande aide et protection; sa fa�on d��tre Dieu provoque notre fa�on d��tre hommes; le fait qu�il frappe � nos portes nous interpelle, interpelle notre libert� et nous demande de revoir notre rapport � la vie et notre fa�on de l�envisager. L��poque moderne est souvent pr�sent�e comme une p�riode de r�veil du sommeil de la raison, comme la venue de l�humanit� � la lumi�re, �mergeant ainsi d�une p�riode obscure. N�anmoins, sans le Christ, la lumi�re de la raison ne suffit pas � �clairer l�homme et le monde. C�est pourquoi la parole �vang�lique du jour de No�l � �La lumi�re v�ritable qui �claire tout homme en venant dans le monde� (Jn 1, 9) � retentit plus que jamais comme une annonce du salut pour tous. �Le myst�re de l�homme ne s��claire vraiment que dans le myst�re du Verbe incarn� (const. Gaudium et spes, n. 22). L��glise r�p�te sans se lasser ce message d�esp�rance repris par le Concile Vatican II, qui s�est achev� il y a exactement quarante ans. Homme moderne, adulte pourtant parfois faible dans sa pens�e et dans sa volont�, laisse-toi prendre par la main par l�Enfant de Bethl�em; ne crains pas, aie confiance en Lui! La force vivifiante de sa lumi�re t�encourage � t�engager dans l��dification d�un nouvel ordre mondial, fond� sur de justes relations �thiques et �conomiques. Que son amour guide les peuples et �claire leur conscience commune d��tre une �famille� appel�e � construire des relations de confiance et de soutien mutuel. L�humanit� unie pourra affronter les probl�mes nombreux et pr�occupants du moment pr�sent: de la menace terroriste aux conditions d�humiliante pauvret� dans laquelle vivent des millions d��tres humains, de la prolif�ration des armes aux pand�mies et � la d�gradation de l�environnement qui menace l�avenir de la plan�te. Le Dieu qui s�est fait homme par amour de l�homme soutient ceux qui, en Afrique, agissent en faveur de la paix et du d�veloppement int�gral, s�opposant aux luttes fratricides, pour que se consolident les transitions politiques actuelles encore fragiles et que soient sauvegard�s les droits les plus �l�mentaires de ceux qui se trouvent dans de tragiques situations humanitaires, comme au Darfour et en d�autres r�gions de l�Afrique centrale. Qu�Il incite les peuples latino-am�ricains � vivre dans la paix et la concorde. Qu�Il donne courage aux hommes de bonne volont� qui agissent en Terre Sainte, en Iraq, au Liban, o� les signes d�esp�rance qui, s�ils ne manquent pas, attendent d��tre confirm�s par des comportements inspir�s par la loyaut� et la sagesse; qu�Il favorise les processus de dialogue dans la P�ninsule cor�enne et dans d�autres Pays d�Asie, pour que, les dangereuses divergences �tant surmont�es, on parvienne, dans un esprit amical, � des solutions de paix coh�rentes, ce qui est tant attendu de ces populations. � No�l, notre esprit s�ouvre � l�esp�rance en contemplant la gloire divine cach�e dans la pauvret� d�un Enfant envelopp� de langes et d�pos� dans une mangeoire : c�est le Cr�ateur de l�univers r�duit � l�impuissance d�un nouveau-n�. Accepter un tel paradoxe, le paradoxe de No�l, c�est d�couvrir la V�rit� qui rend libres, l�Amour qui transforme l�existence. Dans la Nuit de Bethl�em, le R�dempteur se fait l�un de nous, pour �tre notre compagnon sur les routes de l�histoire sem�es d�emb�ches. Accueillons la main qu�il nous tend: c�est une main qui ne veut rien nous enlever, mais seulement donner. Avec les bergers, entrons dans la grotte de Bethl�em sous le regard aimant de Marie, t�moin silencieux de cette prodigieuse naissance. Qu�elle nous aide � vivre un bon No�l; qu�elle nous apprenne � conserver dans notre c�ur le myst�re de Dieu qui, pour nous, s�est fait homme; qu�elle nous conduise � �tre dans le monde des t�moins de sa v�rit�, de son amour, de sa paix. Hom�lie pour la messe de minuit �Le Seigneur m�a dit: « Tu es mon fils; moi, aujourd�hui, je t�ai engendr� »�. Par ces paroles du psaume 2, l��glise commence la Messe de la veill�e de No�l, dans laquelle nous c�l�brons la naissance de notre R�dempteur J�sus Christ, dans l��table de Bethl�em. Autrefois, ce psaume appartenait au rituel du couronnement du roi de Juda. Le peuple d�Isra�l, en raison de son �lection, se sentait de fa�on particuli�re fils de Dieu, adopt� par Dieu. Comme le roi �tait la personnification de ce peuple, son intronisation �tait v�cue comme un acte solennel d�adoption de la part de Dieu, dans lequel le roi �tait, en quelque sorte, introduit dans le myst�re m�me de Dieu. Dans la nuit de Bethl�em, ces paroles, qui �taient en fait plut�t l�expression d�une esp�rance qu�une r�alit� pr�sente, ont pris un sens nouveau et inattendu. L�Enfant dans la cr�che est vraiment le Fils de Dieu. Dieu n�est pas solitude �ternelle, mais cercle d�amour o� il se donne et se redonne dans la r�ciprocit�. Il est P�re, Fils et Esprit Saint. Plus encore: en J�sus Christ, le Fils de Dieu, Dieu lui-m�me s�est fait homme. C�est � Lui que le P�re dit: �Tu es mon fils�. L�aujourd�hui �ternel de Dieu est descendu dans l�aujourd�hui �ph�m�re du monde et il entra�ne notre aujourd�hui passager dans l�aujourd�hui �ternel de Dieu. Dieu est si grand qu�il peut se faire petit. Dieu est si puissant qu�il peut se faire faible et venir � notre rencontre comme un enfant sans d�fense, afin que nous puissions l�aimer. Dieu est bon au point de renoncer � sa splendeur divine et descendre dans l��table, afin que nous puissions le trouver et pour que, ainsi, sa bont� nous touche aussi, qu�elle se communique � nous et continue � agir par notre interm�diaire. C�est cela No�l: �Tu es mon fils; moi, aujourd�hui, je t�ai engendr�. Dieu est devenu l�un de nous, afin que nous puissions �tre avec Lui, devenir semblables � Lui. Il a choisi comme signe l�Enfant dans la cr�che: Il est ainsi. De cette fa�on nous apprenons � le conna�tre. Et sur chaque enfant resplendit quelque chose du rayon de cet aujourd�hui, de la proximit� de Dieu que nous devons aimer et � laquelle nous devons nous soumettre � sur chaque enfant, m�me sur celui qui n�est pas encore n�. �coutons une deuxi�me parole de la liturgie de cette sainte Nuit, cette fois tir�e du Livre du proph�te Isa�e: �Sur ceux qui habitaient le pays de l�ombre, une lumi�re a resplendi� (9, 1). Le mot �lumi�re� p�n�tre toute la liturgie de cette Messe. Elle est mentionn�e de nouveau dans le passage tir� de la lettre de saint Paul � Tite: �La gr�ce de Dieu est apparue� (2, 11). L�expression �est apparue� (est manifest�e) appartient au langage grec et, dans ce contexte, dit la m�me chose que ce que l�h�breu exprime par les mots �une lumi�re resplendit�: l��apparition� � l���piphanie� � est l�irruption de la lumi�re divine dans le monde plein d�obscurit� et plein de probl�mes irr�solus. Enfin, l��vangile nous rapporte que la gloire de Dieu apparut aux bergers et �les enveloppa de lumi�re� (Lc 2, 9). L� o� para�t la gloire de Dieu, l� se r�pand, dans le monde, la lumi�re. �Dieu est lumi�re, il n�y a pas de t�n�bres en lui�, dit saint Jean (1 Jn 1, 5). La lumi�re est source de vie. Mais lumi�re signifie surtout connaissance, v�rit� en opposition � l�obscurit� du mensonge et de l�ignorance. Ainsi, la lumi�re nous fait vivre, nous indique la route. Mais ensuite, la lumi�re, parce qu�elle donne de la chaleur, signifie aussi amour. L� o� il y a de l�amour, appara�t une lumi�re dans le monde; l� o� il y a de la haine le monde est dans l�obscurit�. Oui, dans l��table de Bethl�em est apparue la grande lumi�re que le monde attend. Dans cet Enfant couch� dans l��table, Dieu montre sa gloire � la gloire de l�amour, qui se fait don lui-m�me et qui se prive de toute grandeur pour nous conduire sur le chemin de l�amour. La lumi�re de Bethl�em ne s�est plus jamais �teinte. Tout au long des si�cles, elle a touch� des hommes et des femmes, �elle les a envelopp�s de lumi�re�. L� o� a surgi la foi en cet Enfant, l� aussi a jailli la charit� � la bont� envers les autres, l�attention empress�e pour ceux qui sont faibles et pour ceux qui souffrent, la gr�ce du pardon. � partir de Bethl�em, un sillage de lumi�re, d�amour, de v�rit�, envahit les si�cles. Si nous regardons les saints � de Paul et Augustin, jusqu�� saint Fran�ois et saint Dominique, de Fran�ois-Xavier et Th�r�se d�Avila � M�re Teresa de Calcutta � nous voyons ce courant de bont�, ce chemin de lumi�re qui, toujours de nouveau, s�enflamme au myst�re de Bethl�em, � ce Dieu qui s�est fait Enfant. Dans cet Enfant, Dieu oppose sa bont� � la violence de ce monde et il nous appelle � suivre l�Enfant. Avec l�arbre de No�l, nos amis autrichiens nous ont apport� aussi une petite flamme qu�ils avaient allum�e � Bethl�em, pour nous dire: le vrai myst�re de No�l est la splendeur int�rieure qui vient de cet Enfant. Laissons cette splendeur int�rieure se communiquer � nous, allumer dans notre c�ur la petite flamme de la bont� de Dieu; par notre amour, portons tous la lumi�re dans le monde! Ne permettons pas que cette flamme de lumi�re soit �teinte par les courants froids de notre temps! Gardons-la fid�lement et faisons-en don aux autres! En cette nuit, dans laquelle nous regardons vers Bethl�em, nous voulons aussi prier de fa�on sp�ciale pour le lieu de la naissance de notre R�dempteur et pour les hommes qui y vivent et qui y souffrent. Nous voulons prier pour la paix en Terre Sainte: Regarde, Seigneur, cette r�gion de la terre qui, �tant ta patrie, t�est si ch�re! Fais que ta lumi�re y brille! Fais que la paix y advienne! Avec le terme �paix�, nous sommes arriv�s � la troisi�me parole-guide de la liturgie de cette sainte Nuit. L�Enfant qu�Isa�e annonce est appel� par lui �Prince de la paix�. On dit de son r�gne: �La paix n�aura pas de fin�. Aux bergers sont annonc�es dans l��vangile la �gloire de Dieu au plus haut des cieux� et �la paix sur terre…�. Autrefois on lisait: �…aux hommes de bonne volont�; dans la nouvelle traduction, on dit: �…aux hommes, qu�il aime�. Que signifie ce changement? La bonne volont� ne compte-t-elle plus? Posons mieux la question: qui sont les hommes que Dieu aime et pourquoi les aime-t-il? Dieu est-il partial? Aime-t-il seulement des personnes d�termin�es et abandonne-t-il les autres � elles-m�mes? L��vangile r�pond � ces questions en nous pr�sentant quelques personnes particuli�res aim�es de Dieu. Ce sont des personnes pr�cises � Marie, Joseph, �lisabeth, Zacharie, Sim�on, Anne, etc. Mais il y a aussi deux groupes de personnes: les bergers et les sages de l�Orient, ceux qu�on appelle les rois mages. Arr�tons-nous en cette nuit sur les bergers. Quelle sorte d�hommes sont-ils? Dans leurs milieux, les bergers �taient m�pris�s; ils �taient consid�r�s comme peu fiables et, au tribunal, ils n��taient pas admis comme t�moins. Mais qui �taient-ils en r�alit�? Ils n��taient certainement pas de grands saints, si par ce terme nous entendons des personnes de vertu h�ro�que. C��taient des �mes simples. L��vangile met en lumi�re une caract�ristique qui, par la suite, dans les paroles de J�sus, aura un r�le important: c��taient des veilleurs. Cela vaut avant tout dans le sens ext�rieur: de nuit, ils veillaient aupr�s de leurs moutons. Mais cela vaut aussi dans un sens plus profond: ils �taient disponibles � la parole de Dieu. Leur vie n��tait pas ferm�e sur elle-m�me; leur c�ur �tait ouvert. D�une certaine fa�on, au plus profond, ils L�attendaient. Leur vigilance �tait disponibilit� � disponibilit� � �couter, disponibilit� � se mettre en route; elle �tait une attente de la lumi�re qui leur indiquerait le chemin. C�est cela qui int�resse Dieu. Dieu aime tous les hommes parce que tous sont ses cr�atures. Mais certaines personnes ont ferm� leur �me; son amour ne trouve aucun acc�s aupr�s d�eux. Ils croient qu�ils n�ont pas besoin de Dieu; ils ne le veulent pas. D�autres, qui peut-�tre moralement sont aussi pauvres et p�cheurs, souffrent au moins de cela. Ils attendent Dieu. Ils savent qu�ils ont besoin de sa bont�, m�me s�ils n�en ont pas une id�e pr�cise. Dans leur c�ur ouvert � l�attente, la lumi�re de Dieu peut entrer et, avec elle, sa paix. Dieu cherche des personnes qui apportent sa paix et qui la communiquent. Demandons-lui de faire en sorte qu�il ne trouve pas notre c�ur ferm�. Faisons en sorte de pouvoir devenir des porteurs actifs de sa paix � pr�cis�ment dans notre temps. Chez les chr�tiens, le mot paix a pris ensuite une signification toute sp�ciale: elle est devenue un nom pour d�signer l�Eucharistie. En elle, la paix du Christ est pr�sente. Gr�ce � tous les lieux o� se c�l�bre l�Eucharistie, un r�seau de paix s��tend sur le monde entier. Les communaut�s rassembl�es autour de l�Eucharistie constituent un r�gne de paix, vaste comme le monde. Quand nous c�l�brons l�Eucharistie, nous nous trouvons � Bethl�em, dans la �maison du pain�. Le Christ se donne � nous et nous donne avec cela sa paix. Il nous la donne pour que nous portions la lumi�re de la paix au plus profond de nous-m�mes et que nous la communiquions aux autres; pour que nous devenions des artisans de paix et que nous contribuions ainsi � la paix dans le monde. Prions donc: Seigneur, r�alise ta promesse! Fais que l� o� se trouve la discorde naisse la paix! Fais que l� o� r�gne la haine jaillisse l�amour! Fais que l� o� dominent les t�n�bres surgisse la lumi�re! Fais-nous devenir des porteurs de ta paix! Amen. Message pour le 1� janvier 2006 – Journ�e mondiale de la Paix 1. Au commencement de la nouvelle ann�e, par le traditionnel Message pour la Journ�e mondiale de la Paix, je d�sire adresser des v�ux affectueux � tous les hommes et � toutes les femmes du monde, particuli�rement aux personnes qui souffrent en raison de la violence et des conflits arm�s. Ce sont des v�ux pleins d’esp�rance pour un monde plus serein, o� augmentera le nombre des personnes qui, individuellement ou collectivement, s’engageront � parcourir les chemins de la justice et de la paix. 2. Je voudrais d’abord rendre un sinc�re hommage de gratitude � mes Pr�d�cesseurs, les grands Papes Paul VI et Jean-Paul II, artisans de paix �clair�s. Anim�s de l’esprit des B�atitudes, ils ont su lire dans les nombreux �v�nements de l’histoire qui ont marqu� leurs Pontificats respectifs l’intervention providentielle de Dieu, qui n’oublie jamais les destin�es du genre humain. � plusieurs reprises, en infatigables messagers de l’�vangile, ils ont invit� chaque personne � repartir de Dieu afin de pouvoir promouvoir une cohabitation pacifique dans toutes les r�gions de la terre. Mon premier Message pour la Journ�e mondiale de la Paix se situe dans le sillage de ce tr�s noble enseignement: par ce message, je d�sire encore une fois confirmer la ferme volont� du Saint-Si�ge de continuer � servir la cause de la paix. Le nom m�me de Beno�t, que j’ai choisi le jour de mon �lection au Si�ge de Pierre, indique mon engagement d�termin� en faveur de la paix. J’ai ainsi voulu me r�f�rer � la fois au Saint Patron de l’Europe, inspirateur d’une civilisation pacificatrice dans le continent tout entier, et au Pape Beno�t XV, qui condamna la Premi�re Guerre mondiale comme � un massacre inutile � (1) et qui a tout mis en �uvre pour que les raisons sup�rieures de la paix soient reconnues par tous. 3. Le th�me de r�flexion de cette ann�e � � Dans la v�rit�, la paix � � exprime la conviction que, l� o� l’homme se laisse �clairer par la splendeur de la v�rit� et quand il le fait, il entreprend presque naturellement le chemin de la paix. La Constitution pastorale Gaudium et spes du Concile �cum�nique Vatican II, qui s’est achev� il y a 40 ans, affirme que l’humanit� ne r�ussira � � �difier un monde r�ellement plus humain pour tous les hommes et partout sur terre que si tous se renouvellent int�rieurement et se tournent vers la v�rit� de la paix �.(2) Mais quelle signification doit-on donner � l’expression � v�rit� de la paix �? Pour r�pondre de fa�on juste � cette question, il faut bien avoir en m�moire que la paix ne peut �tre r�duite � une simple absence de conflits arm�s, mais il faut la comprendre comme � le fruit d’un ordre qui a �t� implant� dans la soci�t� humaine par son divin Fondateur �, un ordre � qui doit �tre men� � la r�alisation par des hommes aspirant sans cesse � une justice plus parfaite �.(3) En tant que r�sultat d’un ordre fix� et voulu par l’amour de Dieu, la paix poss�de sa v�rit� intrins�que et invincible, et elle correspond � � une aspiration profonde et � une esp�rance qui vivent en nous de mani�re indestructible �.(4) 4. D�finie de cette fa�on, la paix appara�t comme un don c�leste et une gr�ce divine; � tous les niveaux, elle demande l’exercice de la plus grande responsabilit�, � savoir de conformer dans la v�rit�, dans la justice, dans la libert� et dans l’amour, l’histoire humaine � l’ordre divin. Quand n’existe plus l’adh�sion � l’ordre transcendant des choses, ni le respect de la � grammaire � du dialogue qu’est la loi morale universelle, �crite dans le c�ur de l’homme,(5) quand sont entrav�s et emp�ch�s le d�veloppement int�gral de la personne et la sauvegarde de ses droits fondamentaux, quand de nombreux peuples sont contraints � subir des injustices et des in�galit�s intol�rables, comment peut-on esp�rer en la r�alisation du bien de la paix? En effet, manquent alors les �l�ments essentiels qui donnent forme � la v�rit� de ce bien. Saint Augustin a d�crit la paix comme � tranquillitas ordinis �,(6) la tranquillit� de l’ordre, c’est-�-dire la situation qui permet, en d�finitive, de respecter et de r�aliser pleinement la v�rit� de l’homme. 5. Et alors, qui peut emp�cher la r�alisation de la paix et quelle chose peut l’emp�cher? � ce propos, dans son premier livre, la Gen�se, la Sainte �criture met en �vidence le mensonge, prononc� au commencement de l’histoire par l’�tre � la langue fourchue, qualifi� par l’�vang�liste Jean de � p�re du mensonge � (Jn 8,44). Le mensonge est aussi un des p�ch�s qu’�voque la Bible dans le dernier chapitre de son dernier Livre, l’Apocalypse, pour parler de l’exclusion des menteurs hors de la J�rusalem c�leste: � Dehors … tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge � (22,15). Au mensonge est li� le drame du p�ch� avec ses cons�quences perverses, qui ont caus� et qui continuent � causer des effets d�vastateurs dans la vie des individus et des nations. Il suffit de penser � ce qui s’est pass� au si�cle dernier, quand des syst�mes id�ologiques et politiques aberrants ont mystifi� la v�rit� de fa�on programm�e et ont conduit � l’exploitation et � la suppression d’un nombre impressionnant d’hommes et de femmes, exterminant m�me des familles et des communaut�s enti�res. Comment ne pas rester s�rieusement pr�occup�s, apr�s ces exp�riences, face aux mensonges de notre temps, qui sont comme le cadre de mena�ants sc�narios de mort dans de nombreuses r�gions du monde? La recherche authentique de la paix a son point de d�part dans la conscience que le probl�me de la v�rit� et du mensonge concerne tout homme et toute femme, et qu’il se r�v�le d�cisif pour un avenir pacifique de notre plan�te. 6. La paix est une aspiration profonde et irr�pressible, pr�sente dans le c�ur de toute personne, au-del� des identit�s culturelles sp�cifiques. C’est pr�cis�ment pourquoi chacun doit se sentir engag� au service d’un bien si pr�cieux, en travaillant pour qu’aucune forme de fausset� ne s’insinue et ne vienne perturber les relations. Tous les hommes appartiennent � une unique et m�me famille. La mise en avant exag�r�e de leurs diff�rences contraste avec cette v�rit� fondamentale. Il faut retrouver la conscience d’avoir en commun une m�me destin�e, en dernier ressort transcendante, pour pouvoir mettre en valeur au mieux les diff�rences historiques et culturelles, sans s’opposer, mais en se concertant avec les personnes qui appartiennent aux autres cultures. Telles sont les simples v�rit�s qui rendent la paix possible; elles deviennent facilement compr�hensibles lorsqu’on �coute son c�ur, avec une puret� d’intention. La paix appara�t alors sous un jour nouveau: non comme une simple absence de guerre, mais comme la convivialit� des citoyens dans une soci�t� gouvern�e par la justice, soci�t� dans laquelle se r�alise aussi le bien pour chacun d’entre eux, autant que faire se peut. La v�rit� de la paix appelle tous les hommes � entretenir des relations f�condes et sinc�res; elle les encourage � rechercher et � parcourir les voies du pardon et de la r�conciliation, � �tre transparents dans les discussions et fid�les � la parole donn�e. En particulier, le disciple du Christ qui se sent assailli par le mal et qui de ce fait a besoin de l’intervention lib�ratrice du divin Ma�tre se tourne vers Lui avec confiance, sachant bien que ce dernier � n’a pas commis le p�ch�; que dans sa bouche on n’a pu trouver de mensonge � (1 P 2,22; cf. Is 53, 9). En effet, J�sus s’est d�fini comme la V�rit� en personne et, parlant dans une vision au voyant de l’Apocalypse, il a d�clar� sa totale aversion pour � tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge � (Ap 22, 15). C’est Lui qui r�v�le la pleine v�rit� de l’homme et de l’histoire. C’est par la force de sa gr�ce qu’il est possible d’�tre dans la v�rit� et de vivre de la v�rit�, parce que Lui seul est totalement sinc�re et fid�le. J�sus est la v�rit� qui nous donne la paix. 7. La v�rit� de la paix doit avoir valeur en soi et faire valoir son reflet de lumi�re b�n�fique m�me quand on se trouve dans la tragique situation de la guerre. Dans la Constitution pastorale Gaudium et spes, les P�res du Concile �cum�nique Vatican II soulignent que � ce n’est pas parce qu’une guerre a malheureusement �clat� que du fait m�me tout devient licite entre parties adverses �.(7) La Communaut� internationale s’est dot�e d’un droit humanitaire international pour limiter au maximum, surtout pour les populations civiles, les cons�quences d�vastatrices de la guerre. En de multiples circonstances et de diff�rentes mani�res, le Saint-Si�ge a exprim� son soutien � ce droit humanitaire, encourageant son respect et sa prompte mise en �uvre, convaincu que la v�rit� de la paix existe aussi dans la guerre. Le droit humanitaire international est � mettre au compte des expressions les plus heureuses et les plus efficaces des exigences qui �manent de la v�rit� de la paix. C’est justement pourquoi le respect de ce droit s’impose comme un devoir pour tous les peuples. Sa valeur doit �tre appr�ci�e et il faut en garantir l’application correcte, en le renouvelant par des normes ponctuelles, capables de faire face aux sc�narios changeants des conflits arm�s d’aujourd’hui, ainsi qu’� l’utilisation d’armements toujours nouveaux et plus sophistiqu�s. 8. Ma pens�e reconnaissante va aux Organisations internationales et � toutes les personnes qui, par un effort permanent, travaillent � l’application du droit humanitaire international. Comment pourrais-je oublier ici les nombreux soldats engag�s dans de d�licates op�rations de r�glement des conflits et de r�tablissement des conditions n�cessaires � la r�alisation de la paix? � eux aussi je d�sire rappeler les paroles du Concile Vatican II: � Ceux qui se vouent au service de la patrie et qui sont incorpor�s dans l’arm�e se consid�reront eux aussi comme serviteurs de la s�curit� et de la libert� des peuples, et, en s’acquittant correctement de cette t�che, ils contribuent vraiment � la consolidation de la paix �.(8) C’est dans ce domaine exigeant que se situe l’action pastorale des Ordinaires militaires de l’�glise catholique: mes encouragements � demeurer, en toutes situations et en tous milieux, de fid�les �vang�lisateurs de la v�rit� de la paix vont aux Ordinaires militaires ainsi qu’aux aum�niers militaires. 9. Au jour d’aujourd’hui, la v�rit� de la paix continue d’�tre compromise et ni�e de fa�on dramatique par le terrorisme qui, par ses menaces et ses actes criminels, est en mesure de tenir le monde dans un �tat d’angoisse et d’ins�curit�. Mes Pr�d�cesseurs Paul VI et Jean-Paul II sont intervenus � plusieurs reprises pour d�noncer la terrible responsabilit� des terroristes et pour condamner l’absurdit� de leurs desseins de mort. Ces desseins, en effet, se r�v�lent �tre inspir�s d’un nihilisme tragique et bouleversant que le Pape Jean- Paul II d�crivait ainsi: � Celui qui tue par des actes terroristes nourrit des sentiments de m�pris envers l’humanit�, faisant preuve de d�sesp�rance face � la vie et � l’avenir: dans cette perspective, tout peut �tre ha� et d�truit �.(9) Non seulement le nihilisme, mais aussi le fanatisme religieux, souvent appel� aujourd’hui fondamentalisme, peuvent inspirer et alimenter des propos et des gestes terroristes. Pressentant depuis le commencement le danger explosif que le fondamentalisme fanatique repr�sente, le Pape Jean-Paul II l’a durement stigmatis�, mettant en garde contre la pr�tention d’imposer par la violence, plut�t que de proposer � la libre d�cision d’autrui, ses convictions concernant la v�rit�. Il �crivait: � Pr�tendre imposer � d’autres par la violence ce que l’on consid�re comme la v�rit� signifie violer la dignit� de l’�tre humain et, en d�finitive, outrager Dieu dont il est l’image �.(10) 10. � tout bien consid�rer, le nihilisme et le fondamentalisme ont un rapport erron� � la v�rit�: les nihilistes nient l’existence de toute v�rit�, les fondamentalistes ont la pr�tention de pouvoir l’imposer par la force. Tout en ayant des origines diff�rentes et tout en �tant des manifestations qui s’inscrivent dans des contextes culturels divers, le nihilisme et le fondamentalisme ont en commun un dangereux m�pris pour l’homme et pour sa vie, et, en derni�re analyse, pour Dieu lui-m�me. En effet, � la base de cette tragique issue commune il y a, en d�finitive, l’alt�ration de la pleine v�rit� de Dieu: le nihilisme en nie l’existence et la pr�sence providentielle dans l’histoire; le fondamentalisme fanatique en d�figure le visage aimant et mis�ricordieux, Lui substituant des idoles faites � son image. Dans l’analyse des causes du ph�nom�ne contemporain du terrorisme, il est souhaitable que, en plus des raisons � caract�re politique et social, on ait aussi pr�sent � l’esprit ses plus profondes motivations culturelles, religieuses et id�ologiques. 11. Devant les risques que l’humanit� vit � notre �poque, il est du devoir de tous les catholiques d’intensifier, dans toutes les parties du monde, l’annonce et le t�moignage de � l’�vangile de la paix �, proclamant que la reconnaissance de la pleine v�rit� de Dieu est la condition pr�alable et indispensable pour la consolidation de la v�rit� de la paix. Dieu est Amour qui sauve, P�re aimant qui d�sire voir ses enfants se reconna�tre entre eux comme des fr�res cherchant de mani�re responsable � mettre leurs diff�rents talents au service du bien commun de la famille humaine. Dieu est source in�puisable de l’esp�rance qui donne sens � la vie personnelle et collective. Dieu, Dieu seul, rend efficace toute �uvre de bien et de paix. L’histoire a amplement d�montr� que faire la guerre � Dieu pour l’extirper du c�ur des hommes conduit l’humanit�, effray�e et appauvrie, vers des choix qui n’ont pas d’avenir. Cela doit encourager les croyants � se faire les t�moins convaincus de Dieu, qui est ins�parablement v�rit� et amour, en se mettant au service de la paix, dans une large collaboration �cum�nique, ainsi qu’avec les autres religions et avec tous les hommes de bonne volont�. 12. Regardant le contexte mondial actuel, nous pouvons enregistrer avec plaisir quelques signes prometteurs sur le chemin de la construction de la paix. Je pense, par exemple, � la diminution num�rique des conflits arm�s. Il s’agit certainement de pas encore tr�s timides sur le sentier de la paix, mais d�j� en mesure d’annoncer un avenir de plus grande s�r�nit�, en particulier pour les populations martyris�es de la Palestine, la Terre de J�sus, et pour les habitants de certaines r�gions d’Afrique et d’Asie qui attendent depuis des ann�es la conclusion positive des processus de pacification et de r�conciliation en cours. Ce sont des signes r�confortants qui demandent � �tre confirm�s et consolid�s par une action unanime et infatigable, surtout de la part de la Communaut� internationale et de ses Organismes, qui ont pour mission de pr�venir les conflits et d’apporter une solution pacifique � ceux qui sont en cours. 13. Tout cela ne doit cependant pas inciter � un optimisme na�f. On ne peut, en effet, oublier que, malheureusement, se poursuivent encore de sanglants conflits fratricides et des guerres d�vastatrices, qui s�ment larmes et mort en de larges zones de la terre. Il y a des situations dans lesquelles le conflit, qui couve comme un feu sous la cendre, peut de nouveau �clater, causant des destructions d’une ampleur impr�visible. Les autorit�s qui, au lieu de mettre � ex�cution ce qui est en leur pouvoir pour promouvoir efficacement la paix, fomentent chez les citoyens des sentiments d’hostilit� envers les autres nations se chargent d’une tr�s grave responsabilit�: elles mettent en danger, dans des r�gions particuli�rement � risque, les �quilibres d�licats atteints au prix de difficiles n�gociations, contribuant ainsi � rendre l’avenir de l’humanit� plus d�pourvu de s�curit� et plus confus. Que dire ensuite des gouvernements qui comptent sur les armes nucl�aires pour garantir la s�curit� de leurs pays? Avec d’innombrables personnes de bonne volont�, on peut affirmer que cette perspective, hormis le fait qu’elle est funeste, est tout � fait fallacieuse. En effet, dans une guerre nucl�aire il n’y aurait pas des vainqueurs, mais seulement des victimes. La v�rit� de la paix demande que tous � aussi bien les gouvernements qui, de mani�re d�clar�e ou occulte, poss�dent des armes nucl�aires depuis longtemps, que ceux qui entendent se les procurer � changent conjointement de cap par des choix clairs et fermes, s’orientant vers un d�sarmement nucl�aire progressif et concord�. Les ressources ainsi �pargn�es pourront �tre employ�es en projets de d�veloppement au profit de tous les habitants et, en premier lieu, des plus pauvres. 14. � ce sujet, on ne peut pas ne pas enregistrer avec regret les donn�es concernant une augmentation pr�occupante des d�penses militaires et du commerce des armes toujours prosp�re, tandis que stagne dans le mar�cage d’une indiff�rence quasi g�n�rale le processus politique et juridique mis en �uvre par la Communaut� internationale pour renforcer le chemin du d�sarmement. Quel avenir de paix sera un jour possible si on continue � investir dans la production des armes et dans la recherche employ�e � en d�velopper de nouvelles? Le souhait qui monte du plus profond du c�ur est que la Communaut� internationale sache retrouver le courage et la sagesse de relancer r�solument et collectivement le d�sarmement, donnant une application concr�te au droit � la paix, qui est pour tout homme et pour tout peuple. En s’engageant � sauvegarder le bien de la paix, les divers Organismes de la Communaut� internationale pourront retrouver l’autorit� qui est indispensable pour rendre leurs initiatives cr�dibles et incisives. 15. Les premiers � tirer profit d’un choix r�solu pour le d�sarmement seront les pays pauvres, qui r�clament non sans raison, apr�s bien des promesses, la r�alisation concr�te du droit au d�veloppement. Un tel droit a aussi �t� solennellement r�affirm� dans la r�cente Assembl�e g�n�rale de l’Organisation des Nations unies, qui a c�l�br� cette ann�e le soixanti�me anniversaire de sa fondation. Confirmant sa confiance dans cette Organisation internationale, l’�glise catholique en souhaite le renouvellement institutionnel et op�rationnel, afin qu’elle soit en mesure de r�pondre aux nouvelles exigences de l’�poque actuelle, marqu�e par le vaste ph�nom�ne de la mondialisation. L’Organisation des Nations unies doit devenir un instrument toujours plus efficace pour promouvoir dans le monde les valeurs de justice, de solidarit� et de paix. Pour sa part, l’�glise, fid�le � la mission re�ue de son Fondateur, ne se lasse pas de proclamer partout � l’�vangile de la paix �. Anim�e comme elle l’est par la ferme conviction de rendre un service indispensable � tous ceux qui se consacrent � promouvoir la paix, elle rappelle � tous que, pour �tre authentique et durable, la paix doit �tre construite sur le roc de la v�rit� de Dieu et de la v�rit� de l’homme. Seule cette v�rit� peut sensibiliser les esprits � la justice, les ouvrir � l’amour et � la solidarit�, encourager tous les hommes � travailler pour une humanit� r�ellement libre et solidaire. Oui, le fondement d’une paix authentique s’appuie seulement sur la v�rit� de Dieu et de l’homme. 16. En conclusion de ce message, je voudrais maintenant m’adresser particuli�rement � ceu x qui croient au Christ, pour leur renouveler l’invitation � se faire des disciples du Seigneur attentifs et disponibles. En �coutant l’�vangile, chers fr�res et s�urs, nous apprenons � fonder la paix sur la v�rit� d’une existence quotidienne inspir�e par le commandement de l’amour. Il est n�cessaire que chaque communaut� s’engage dans une action intense et capillaire d’�ducation et de t�moignage qui fasse grandir en chacun la conscience de l’urgence de d�couvrir toujours plus profond�ment la v�rit� de la paix. Je demande en m�me temps que l’on intensifie la pri�re, parce que la paix est d’abord un don de Dieu � implorer sans cesse. Gr�ce � l’aide divine, l’annonce et le t�moignage de la v�rit� de la paix en sortiront certainement plus convaincants et plus �clairants. Avec confiance et abandon filial, tournons notre regard vers Marie, la M�re du Prince de la Paix. Au commencement de cette nouvelle ann�e, demandons- lui d’aider l’ensemble du Peuple de Dieu � �tre, en toute circonstance, artisan de paix, se laissant �clairer par la V�rit� qui rend libre (cf. Jn 8,32). Par son intercession, puisse l’humanit� appr�cier de mani�re croissante ce bien fondamental et s’engager � en consolider la r�alit� dans le monde, pour remettre aux g�n�rations qui viendront un avenir plus serein et plus s�r! Du Vatican, le 8 d�cembre 2005. BENEDICTUS PP. XVI (1) Appel aux Chefs des peuples bellig�rants (1er ao�t 1917): AAS 9 (1917), p. 423. � Copyright 2005 – Libreria Editrice Vaticana « Deus caritas est » : Encyclique « Dieu est amour » A lire dans son int�gralit� sur le site du Vatican : ici Message pour le Car�me 2006 � Voyant les foules, J�sus eut piti� d�elles � (Mt 9, 36) Chers fr�res et s�urs ! Le Car�me est le temps privil�gi� du p�lerinage int�rieur vers Celui qui est la source de la mis�ricorde. C�est un p�lerinage au cours duquel Lui-m�me nous accompagne � travers le d�sert de notre pauvret�, nous soutenant sur le chemin vers la joie profonde de P�ques. M�me dans les �ravins de la mort� dont parle le Psalmiste (Ps 22 [23], 4), tandis que le tentateur nous pousse � d�sesp�rer ou � mettre une esp�rance illusoire dans l��uvre de nos mains, Dieu nous garde et nous soutient. Oui, aujourd�hui encore le Seigneur �coute le cri des multitudes affam�es de joie, de paix, d�amour. Comme � chaque �poque, elles se sentent abandonn�es. Cependant, m�me dans la d�solation de la mis�re, de la solitude, de la violence et de la faim, qui frappent sans distinction personnes �g�es, adultes et enfants, Dieu ne permet pas que l�obscurit� de l�horreur l�emporte. Comme l�a en effet �crit mon bien-aim� Pr�d�cesseur Jean-Paul II, il y a une �limite divine impos�e au mal�, c�est la mis�ricorde (M�moire et identit�, 4, Paris, 2005, pp. 35 ss.). C�est dans cette perspective que j�ai voulu placer au d�but de ce Message l�annotation �vang�lique selon laquelle, �voyant les foules, J�sus eut piti� d�elles� (Mt 9, 36). Dans cet esprit, je voudrais m�arr�ter pour r�fl�chir sur une question tr�s d�battue parmi nos contemporains : la question du d�veloppement. Aujourd�hui encore le �regard� de compassion du Christ ne cesse de se poser sur les hommes et sur les peuples. Il les regarde sachant que le �projet� divin pr�voit l�appel au salut. J�sus conna�t les emb�ches qui s�opposent � ce projet et il est pris de compassion pour les foules : il d�cide de les d�fendre des loups, m�me au prix de sa vie. Par ce regard, J�sus embrasse les personnes et les multitudes, et il les remet toutes au P�re, s�offrant lui-m�me en sacrifice d�expiation. �clair�e par cette v�rit� pascale, l��glise sait que, pour promouvoir un d�veloppement pl�nier, il est n�cessaire que notre �regard� sur l�homme soit � la mesure de celui du Christ. En effet, il n�est en aucune mani�re possible de dissocier la r�ponse aux besoins mat�riels et sociaux des hommes de la r�ponse aux d�sirs profonds de leur c�ur. Il convient d�autant plus de souligner cela � notre �poque de grandes transformations, o� nous percevons de mani�re toujours plus vive et plus urgente notre responsabilit� envers les pauvres du monde. Mon v�n�r� Pr�d�cesseur, le Pape Paul VI, identifiait d�j� avec pr�cision les dommages du sous-d�veloppement comme �tant un amoindrissement d�humanit�. Dans cet esprit, il d�non�ait dans l�Encyclique Populorum progressio �les carences mat�rielles de ceux qui sont priv�s du minimum vital, et les carences morales de ceux qui sont mutil�s par l’�go�sme, [�] les structures oppressives, qu’elles proviennent des abus de la possession ou des abus du pouvoir, de l’exploitation des travailleurs ou de l’injustice des transactions� (n. 21). Comme antidote � de tels maux, Paul VI sugg�rait non seulement �la consid�ration accrue de la dignit� d’autrui, l’orientation vers l’esprit de pauvret�, la coop�ration au bien commun, la volont� de paix�, mais aussi, �la reconnaissance par l�homme des valeurs supr�mes et de Dieu, qui en est la source et le terme� (ibid.). Dans cette ligne le Pape n�h�sitait pas � proposer �la foi, don de Dieu accueilli par la bonne volont� de l’homme, et l’unit� dans la charit� du Christ� (ibid.). Donc, le �regard� du Christ sur la foule nous incite � affirmer le v�ritable contenu de �l�humanisme int�gral� qui, toujours selon Paul VI, consiste dans le �d�veloppement int�gral de tout l’homme et de tous les hommes� (ibid., n. 42). C�est pourquoi la premi�re contribution que l��glise offre au d�veloppement de l�homme et des peuples ne se concr�tise pas en moyens mat�riels ou en solutions techniques, mais dans l�annonce de la v�rit� du Christ qui �duque les consciences et enseigne l�authentique dignit� de la personne et du travail, en promouvant la formation d�une culture qui r�ponde vraiment � toutes les interrogations de l�homme. Face aux terribles d�fis de la pauvret� d�une si grande part de l�humanit�, l�indiff�rence et le repli sur son propre �go�sme se situent dans une opposition intol�rable avec le �regard� du Christ. Avec la pri�re, le je�ne et l�aum�ne, que l��glise propose de mani�re sp�ciale dans le temps du Car�me, sont des occasions propices pour se conformer � ce �regard�. Les exemples des saints et les multiples exp�riences missionnaires qui caract�risent l�histoire de l��glise constituent des indications pr�cieuses sur le meilleur moyen de soutenir le d�veloppement. Aujourd�hui encore, au temps de l�interd�pendance globale, on peut constater qu�aucun projet �conomique, social ou politique ne remplace le don de soi � autrui, dans lequel s�exprime la charit�. Celui qui agit selon cette logique �vang�lique vit la foi comme amiti� avec le Dieu incarn� et, comme Lui, se charge des besoins mat�riels et spirituels du prochain. Il le regarde comme un myst�re incommensurable, digne d�une attention et d�un soin infinis. Il sait que celui qui ne donne pas Dieu donne trop peu, comme le disait la bienheureuse Teresa de Calcutta : �La premi�re pauvret� des peuples est de ne pas conna�tre le Christ�. Pour cela il faut faire d�couvrir Dieu dans le visage mis�ricordieux du Christ : hors de cette perspective, une civilisation ne se construit pas sur des bases solides. Gr�ce � des hommes et � des femmes ob�issant � l�Esprit Saint, sont n�es dans l��glise de nombreuses �uvres de charit�, destin�es � promouvoir le d�veloppement : h�pitaux, universit�s, �coles de formation professionnelle, micro-r�alisations. Ce sont des initiatives qui, bien avant celles de la soci�t� civile, ont montr� que des personnes pouss�es par le message �vang�lique avaient une pr�occupation sinc�re pour l�homme. Ces �uvres indiquent une voie pour guider encore aujourd�hui l�humanit� vers une mondialisation dont le centre soit le bien v�ritable de l�homme et conduise ainsi � la paix authentique. Avec la m�me compassion que J�sus avait pour les foules, l��glise ressent aujourd�hui encore comme son devoir de demander � ceux qui d�tiennent des responsabilit�s politiques et qui ont entre leurs mains les leviers du pouvoir �conomique et financier de promouvoir un d�veloppement fond� sur le respect de la dignit� de tout homme. Une importante authentification de cet effort consistera dans la libert� religieuse effective, entendue non pas simplement comme possibilit� d�annoncer et de c�l�brer le Christ, mais aussi comme contribution � l��dification d�un monde anim� par la charit�. Dans cet effort, s�inscrit �galement la consid�ration effective du r�le central que les valeurs religieuses authentiques jouent dans la vie de l�homme, en tant que r�ponse � ses interrogations les plus profondes et motivation �thique par rapport � ses responsabilit�s personnelles et sociales. Tels sont les crit�res sur la base desquels les chr�tiens devront aussi apprendre � �valuer avec sagesse les programmes de ceux qui les gouvernent. Nous ne pouvons pas ignorer que des erreurs ont �t� commises au cours de l�histoire par nombre de ceux qui se disaient disciples de J�sus. Souvent, face aux graves probl�mes qui se posaient, ils ont pens� qu�il valait mieux d�abord am�liorer la terre et ensuite penser au ciel. La tentation a �t� de croire que devant les urgences pressantes on devait en premier lieu pourvoir au changement des structures ext�rieures. Cela eut comme cons�quence pour certains la transformation du christianisme en un moralisme, la substitution du croire par le faire. C�est pourquoi, mon Pr�d�cesseur de v�n�r�e m�moire, Jean-Paul II, observait avec raison : �Aujourd’hui, la tentation existe de r�duire le christianisme � une sagesse purement humaine, en quelque sorte une science pour bien vivre. En un monde fortement s�cularis�, est apparue une �s�cularisation progressive du salut�, ce pourquoi on se bat pour l’homme, certes, mais pour un homme mutil�, ramen� � sa seule dimension horizontale. Nous savons au contraire que J�sus est venu apporter le salut int�gral� (Encyclique Redemptoris missio, n. 11). C�est justement � ce salut int�gral que le Car�me veut nous conduire en vue de la victoire du Christ sur tout mal qui opprime l�homme. En nous tournant vers le divin Ma�tre, en nous convertissant � Lui, en faisant l�exp�rience de sa mis�ricorde gr�ce au sacrement de la R�conciliation, nous d�couvrirons un �regard� qui nous scrute dans les profondeurs et qui peut animer de nouveau les foules et chacun d�entre nous. Ce �regard� redonne confiance � ceux qui ne se renferment pas dans le scepticisme, en leur ouvrant la perspective de l��ternit� bienheureuse. En fait, d�j� dans l�histoire, m�me lorsque la haine semble dominer, le Seigneur ne manque jamais de manifester le t�moignage lumineux de son amour. � Marie, �fontaine vive d�esp�rance� (Dante Alighieri, Le Paradis, XXXIII, 12), je confie notre chemin du Car�me, pour qu�Elle nous conduise � son Fils. Je Lui confie sp�cialement les multitudes qui, aujourd�hui encore, �prouv�es par la pauvret�, invoquent aide, soutien, compr�hension. Dans ces sentiments, de grand c�ur, j�accorde � tous une particuli�re B�n�diction apostolique. Du Vatican, le 29 septembre 2005. BENEDICTUS PP. XVI � Copyright 2005 – Libreria Editrice Vaticana Message pour les JMJ 2006 « Une lampe sur mes pas, ta parole, une lumi�re sur ma route » (Ps 118 [119], 105) Chers jeunes! C�est avec joie que je m�adresse � vous qui vous pr�parez � la XXIe Journ�e mondiale de la Jeunesse, revivant en esprit le souvenir des exp�riences enrichissantes que nous avons v�cues en ao�t dernier en Allemagne. La Journ�e de cette ann�e sera c�l�br�e dans les diff�rentes �glises locales et ce sera une bonne occasion pour raviver la flamme d’enthousiasme allum�e � Cologne, que beaucoup d’entre vous ont apport�e dans leurs familles, dans leurs paroisses, dans leurs associations et dans leurs mouvements. Ce sera aussi un moment privil�gi� pour entra�ner vers le Christ, dans le p�lerinage spirituel des nouvelles g�n�rations, nombre de vos amis. Le th�me que je propose � votre m�ditation est un verset du Psaume 118 [119] � Une lampe sur mes pas, ta parole, une lumi�re sur ma route � (v.105). Le bien-aim� Jean-Paul II a comment� ainsi ces paroles du Psaume: � Celui qui prie se r�pand en louanges de la Loi de Dieu, qu’il prend comme une lampe pour ses pas sur le chemin souvent obscur de la vie � (Audience g�n�rale du14 novembre 2001 : La Documentation catholique 98 [2001], p. 1069). Dieu se r�v�le dans l’histoire, il parle aux hommes, et sa Parole est cr�atrice. En effet, le concept h�bra�que � dabar �, traduit habituellement par « parole », signifie � la fois parole et acte. Dieu dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit. Dans l’Ancien Testament, il annonce aux fils d’Isra�l la venue du Messie et l’�tablissement d’une � nouvelle � alliance; dans le Verbe fait chair, il accomplit ses promesses. Le Cat�chisme de l’�glise Catholique met bien cela en �vidence: � Le Christ, le Fils de Dieu fait homme, est la Parole unique, parfaite et ind�passable du P�re. En Lui Il dit tout, et il n’y aura pas d’autre parole que celle-l� � (n. 65). L’Esprit Saint, qui a guid� le peuple �lu, inspirant les auteurs des Saintes �critures, ouvre le c�ur des croyants � l’intelligence de tout ce qu’elles contiennent. L�Esprit lui-m�me est activement pr�sent dans la C�l�bration eucharistique, lorsque le pr�tre, pronon�ant « in persona Christi » les paroles de la cons�cration, change le pain et le vin en Corps et Sang du Christ, pour qu’ils soient nourriture spirituelle des fid�les. Pour avancer dans notre p�lerinage terrestre vers la Patrie c�leste, nous avons tous besoin de nous nourrir de la parole et du pain de Vie �ternelle, ins�parables l�un de l�autre. Les Ap�tres ont �cout� la parole de salut et l’ont transmise � leurs successeurs comme une perle pr�cieuse conserv�e, en toute s�ret�, dans l’�crin de l’�glise: sans l’�glise, cette perle risque de se perdre ou de se briser. Chers jeunes, aimez la Parole de Dieu et aimez l’�glise, qui, en vous apprenant � en appr�cier la richesse, vous permet d’acc�der � un tr�sor d’une si grande valeur. Aimez et suivez l’�glise, qui a re�u de son Fondateur la mission d’indiquer aux hommes le chemin du vrai bonheur. Il n’est pas facile de reconna�tre et de rencontrer l’authentique bonheur dans le monde o� nous vivons, o� l’homme est souvent l’otage de courants de pens�e qui le conduisent, tout en se croyant « libre », � se fourvoyer dans les erreurs ou les illusions d’id�ologies aberrantes. Il est urgent de � lib�rer la libert� � (cf. Encyclique Veritatis splendor, n. 86), d’�clairer l’obscurit� dans laquelle l’humanit� avance � t�tons. J�sus a indiqu� comment cela peut se faire: � Si vous demeurez fid�les � ma parole, vous �tes vraiment mes disciples ; alors vous conna�trez la v�rit�, et la v�rit� vous rendra libres � (Jn 8, 31-32). Le Verbe incarn�, Parole de V�rit�, nous rend libres et oriente notre libert� vers le bien. Chers jeunes, m�ditez souvent la parole de Dieu et laissez l’Esprit Saint devenir votre ma�tre. Vous d�couvrirez alors que les pens�es de Dieu ne sont pas celles des hommes. Vous serez amen�s � contempler le vrai Dieu et � lire les �v�nements de l’histoire avec ses yeux; vous go�terez pleinement la joie qui na�t de la v�rit�. Sur le chemin de la vie, qui n’est ni facile, ni priv� d’emb�ches, vous pourrez rencontrer des difficult�s et des souffrances, et vous serez parfois tent�s de vous �crier avec le Psalmiste: � J�ai vraiment trop souffert � (Ps 118 [119], 107). N’oubliez pas d’ajouter, comme lui: � Seigneur, fais-moi vivre selon ta parole… � tout instant j�expose ma vie : je n�oublie rien de ta loi � (ibid., 107.109). La pr�sence aimante de Dieu, � travers sa Parole, est une lampe qui dissipe les t�n�bres de la peur et qui �claire le chemin, m�me dans les moments les plus difficiles. L’Auteur de la lettre aux H�breux �crit: � Elle est vivante, la parole de Dieu, �nergique et plus coupante qu’une �p�e � deux tranchants; elle p�n�tre au plus profond de l��me jusqu’aux jointures et jusqu�aux moelles ; elle juge des intentions et des pens�es du c�ur � (4, 12). Il convient de prendre au s�rieux l’exhortation � consid�rer la parole de Dieu comme une � arme � indispensable au combat spirituel; elle agit efficacement et porte du fruit si nous apprenons � l’�couter, pour ensuite lui ob�ir. Le Cat�chisme de l��glise Catholique explique: � Ob�ir (ob-audire) dans la foi, c’est se soumettre librement � la parole �cout�e, parce que sa v�rit� est garantie par Dieu, la V�rit� m�me � (n. 144). Si Abraham est le mod�le de cette �coute qui est ob�issance, Salomon se r�v�le, lui aussi, un chercheur passionn� de la sagesse contenue dans la parole. Quand Dieu lui propose: � Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai », dans sa sagesse le roi r�pond: « Donne � ton serviteur un c�ur attentif � (1 R 3, 5.9). Le secret pour avoir � un c�ur attentif � est de se former un c�ur qui sache �couter. On y parvient en m�ditant sans cesse la parole de Dieu et en y demeurant enracin�s, en prenant l�engagement de la conna�tre toujours mieux. Chers jeunes, je vous exhorte � devenir des familiers de la Bible, � la garder � port�e de la main, pour qu’elle soit pour vous comme une boussole qui indique la route � suivre. En la lisant, vous apprendrez � conna�tre le Christ. Saint J�r�me observe � ce propos: « L’ignorance des �critures est l’ignorance du Christ » (PL 24, 17; cf. Dei Verbum, n. 25). Un moyen assur� pour approfondir et go�ter la parole de Dieu est la lectio divina, qui constitue un v�ritable itin�raire spirituel par �tapes. De la lectio, qui consiste � lire et relire un passage de l’�criture Sainte en en recueillant les principaux �l�ments, on passe � la meditatio, qui est comme un temps d’arr�t int�rieur, o� l’�me se tourne vers Dieu en cherchant � comprendre ce que sa parole dit aujourd’hui pour la vie concr�te. Vient ensuite l’oratio, qui nous permet de nous entretenir avec Dieu dans un dialogue direct, et qui nous conduit enfin � la contemplatio; celle-ci nous aide � maintenir notre c�ur attentif � la pr�sence du Christ, dont la parole est une � lampe brillant dans l�obscurit�, jusqu’� ce que paraisse le jour et que l’�toile du matin se l�ve dans nos c�urs � (2 P 1, 19). La lecture, l’�tude et la m�ditation de la Parole doivent ensuite d�boucher sur l’adh�sion d�une vie conforme au Christ et � ses enseignements. Saint Jacques nous avertit: � Mettez la Parole en application, ne vous contentez pas de l��couter : ce serait vous faire illusion. Car �couter la parole de Dieu sans la mettre en application, c�est ressembler � un homme qui se regarde dans une glace, et qui, aussit�t apr�s, s�en va en oubliant de quoi il avait l�air. Au contraire, l�homme qui se penche sur la Loi parfaite, celle de la libert�, et s’y tient, celui qui ne l��coute pas pour l�oublier, mais l�applique dans ses actes, heureux sera-t-il d�agir ainsi � (1, 22-25). Celui qui �coute la parole de Dieu et y fait constamment r�f�rence, fonde son existence sur des bases solides. � Tout homme qui �coute ce que je vous dis l� et le met en pratique � dit J�sus � est comparable � un homme pr�voyant qui a b�ti sa maison sur le roc � (Mt 7, 24): il ne c�dera pas aux intemp�ries. Construire votre vie sur le Christ, en accueillant avec joie sa parole et en mettant en pratique ses enseignements: jeunes du troisi�me mill�naire, tel doit �tre votre programme! Il est urgent que se l�ve une nouvelle g�n�ration d’ap�tres enracin�s dans la parole du Christ, capables de r�pondre aux d�fis de notre temps et pr�ts � r�pandre partout l’�vangile. C’est ce que le Seigneur vous demande, ce � quoi l’�glise vous invite, ce que le monde � m�me sans le savoir � attend de vous! Et si J�sus vous appelle, n’ayez pas peur de lui r�pondre avec g�n�rosit�, sp�cialement s�il vous propose de le suivre dans la vie consacr�e ou dans la vie sacerdotale. N’ayez pas peur; faites-lui confiance, et vous ne serez pas d��us ! Chers amis, avec cette XXIe Journ�e mondiale de la Jeunesse, que nous c�l�brerons le 9 avril prochain, Dimanche des Rameaux, nous commencerons un p�lerinage spirituel vers la rencontre mondiale des jeunes qui aura lieu � Sydney en juillet 2008. Nous nous pr�parerons � ce grand rendez-vous en r�fl�chissant ensemble sur le th�me l’Esprit Saint et la mission, � travers des �tapes successives. Cette ann�e, notre attention se concentrera sur l’Esprit Saint, Esprit de v�rit�, qui nous r�v�le le Christ, le Verbe fait chair, ouvrant le c�ur de chacun � la Parole de salut, qui conduit � la V�rit� tout enti�re. L’an prochain, en 2007, nous m�diterons sur un verset de l’�vangile de Jean: � Comme je vous ai aim�s, vous aussi aimez-vous les uns les autres � (13, 34) et nous d�couvrirons encore plus profond�ment que l’Esprit Saint est Esprit d’amour, qui infuse en nous la charit� divine et nous rend sensibles aux besoins mat�riels et spirituels de nos fr�res. Alors nous parviendrons � la rencontre mondiale de 2008 qui aura pour th�me: � Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes t�moins � (Ac 1, 8). Chers jeunes, d�s maintenant, dans un climat d’�coute permanente de la parole de Dieu, invoquez l’Esprit Saint, Esprit de force et de t�moignage, pour qu’il vous rende capables de proclamer sans peur l’�vangile jusqu’aux extr�mit�s de la terre. Que Marie, pr�sente au C�nacle avec les Ap�tres dans l’attente de la Pentec�te, soit votre m�re et votre guide. Qu’elle vous apprenne � accueillir la parole de Dieu, � la garder et � la m�diter en votre c�ur (cf. Lc 2, 19), comme elle l’a fait tout au long de sa vie. Qu’elle vous encourage � dire votre � oui � au Seigneur en vivant l�� ob�issance de la foi �. Qu’elle vous aide � demeurer fermes dans la foi, constants dans l’esp�rance, pers�v�rants dans la charit�, toujours dociles � la parole de Dieu. Je vous accompagne de ma pri�re, et je vous b�nis de tout c�ur. Du Vatican, le 22 F�vrier 2006, F�te de la Chaire de saint Pierre Ap�tre. BENEDICTUS PP. XVI � Copyright 2005 – Libreria Editrice Vaticana Cat�ch�se du Mercredi Saint Chers fr�res et s�urs, Demain commence le Triduum pascal, qui est le sommet de toute l’ann�e liturgique. Aid�s par les rites sacr�s du Jeudi Saint, du Vendredi Saint et de la Veill�e pascale solennelle, nous revivrons le myst�re de la passion, de la mort et de la r�surrection du Seigneur. Ce sont des jours capables d��veiller en nous un plus vif d�sir d’adh�rer au Christ et de le suivre g�n�reusement, conscients du fait qu’Il nous a aim�s jusqu’� donner sa vie pour nous. Que sont, en effet, les �v�nements que le saint Triduum nous re-propose, sinon la manifestation sublime de cet amour de Dieu pour l’homme ? Appr�tons-nous donc � c�l�brer le Triduum pascal en accueillant l’exhortation de saint Augustin: � A pr�sent, consid�re avec attention les trois saints jours de la crucifixion, de la s�pulture et de la r�surrection du Seigneur. De ces trois myst�res, nous accomplissons dans la vie pr�sente ce dont la croix est le symbole, alors que nous accomplissons au moyen de la foi et de l’esp�rance ce dont la s�pulture et la r�surrection sont le symbole � (Epistola 55, 14, 24: Nuova Biblioteca Agostiniana (NBA), XXI/II, Rome 1969, p. 477). Le Triduum pascal s’ouvre demain, Jeudi Saint, avec la Messe vesp�rale � in Cena Domini �, m�me si le matin a lieu normalement une autre c�l�bration liturgique significative, la Messe chrismale, au cours de laquelle, rassembl� autour de l’�v�que, tout le presbyterium de chaque dioc�se renouvelle les promesses sacerdotales, et participe � la b�n�diction des huiles des cat�chum�nes, des malades et du Chr�me ; et ainsi ferons-nous ici aussi, � Saint-Pierre demain matin. Outre l’institution du sacerdoce, en ce jour saint on comm�more l’offrande totale que le Christ a faite de lui-m�me � l’humanit� dans le sacrement de l’Eucharistie. Au cours de la nuit m�me o� il fut trahi, Il nous a laiss� comme le rappelle les Saintes Ecritures, le commandement nouveau � � mandatum novum � � de l’amour fraternel, en accomplissant le geste touchant du lavement des pieds, qui rappelle l’humble service des esclaves. Cette journ�e particuli�re, �vocatrice de grands myst�res, se termine par l’Adoration eucharistique, en souvenir de l’agonie du Seigneur dans le jardin de Geths�mani. L’Evangile rapporte, que pris d’une grande angoisse, J�sus demanda aux siens de veiller avec Lui en restant en pri�re : � Demeurez ici et veillez avec moi � (Mt 26, 38), mais les disciples s’endormirent. Aujourd’hui encore, le Seigneur nous dit : � Demeurez ici et veillez avec moi �. Et nous voyons que nous aussi, disciples d’aujourd’hui, nous dormons souvent. Ce fut pour J�sus l’heure de l’abandon et de la solitude, qui fut suivie, dans le c�ur de la nuit, par l’arrestation et le d�but du chemin douloureux vers le Calvaire. Centr� sur le myst�re de la Passion, le Vendredi Saint est un jour de je�ne et de p�nitence, enti�rement orient� vers la contemplation du Christ sur la Croix. Le r�cit de la passion est proclam� dans les �glises et les paroles du proph�te Zacharie retentissent : � Ils l�veront les yeux vers celui qu’ils ont transperc� � (Jn 19, 37). Et nous aussi, le Vendredi Saint, nous voulons r�ellement tourner notre regard vers le c�ur transperc� du R�dempteur dans lequel � �crit saint Paul � sont � cach�s tous les tr�sors de la sagesse et de la connaissance � (Col 2, 3), o�, plus encore, � habite la pl�nitude de la divinit� � (Col 2, 9), c’est pourquoi l’Ap�tre peut affirmer r�solument ne rien vouloir conna�tre d’autre � que J�sus Christ, ce Messie crucifi� � (1 Co 2, 2). C’est vrai : la croix r�v�le � la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur � � les dimensions cosmiques, tel est le sens � d’un amour qui d�passe toute connaissance � l’amour va au-del� de ce que l’on conna�t � et nous comble de � la pl�nitude de Dieu � (Ep 3, 18-19). Dans le myst�re du Crucifi� � s’accomplit le retournement de Dieu contre lui-m�me, dans lequel il se donne pour relever l’homme et le sauver � tel est l’amour dans sa forme la plus radicale � (Deus caritas est, n. 12). La Croix du Christ, �crit au Ve si�cle le pape saint L�on le Grand, � est source de toutes les b�n�dictions, et cause de toutes les gr�ces � (Disc. 8 sur la passion du Seigneur, 6-8; PL 54, 340-342). Le Samedi Saint, l’Eglise, s’unissant spirituellement � Marie, reste en pri�re aupr�s du s�pulcre, o� le corps du Fils de Dieu g�t inerte, comme dans une attitude de repos apr�s l’�uvre cr�atrice de la r�demption, accomplie avec sa mort (cf. He 4, 1-13). La nuit venue commencera la Veill�e pascale solennelle, au cours de laquelle, dans chaque Eglise, le chant joyeux du Gloria et de l’Alleluia pascal s’�l�vera du c�ur des nouveaux baptis�s et de toute la communaut� chr�tienne, joyeuse car le Christ est ressuscit� et a vaincu la mort. Chers fr�res et s�urs, pour une c�l�bration fructueuse de P�ques, l’Eglise demande aux fid�les de s’approcher au cours de ces journ�es du sacrement de la P�nitence, qui est comme une esp�ce de mort et de r�surrection pour chacun de nous. Dans l’antique communaut� chr�tienne, le Jeudi Saint se d�roulait le rite de la R�conciliation des P�nitents pr�sid� par l’�v�que. Les conditions historiques ont certainement chang�, mais se pr�parer � P�ques avec une bonne confession reste une pratique qu’il faut pleinement valoriser parce qu’elle nous offre la possibilit� de recommencer � nouveau notre vie et de conna�tre v�ritablement un nouveau d�but dans la joie du Ressuscit� et dans la communion du pardon qu’il nous a donn�. Conscients d’�tre des p�cheurs, mais confiants dans la mis�ricorde divine, laissons-nous r�concilier par le Christ pour go�ter plus intens�ment la joie qu’Il nous communique avec sa r�surrection. Le pardon, qui nous est donn� par le Christ dans le sacrement de la P�nitence, est une source de paix int�rieure et ext�rieure et fait de nous des ap�tres de paix dans un monde o� continuent malheureusement les divisions, les souffrances et les drames de l’injustice, de la haine et de la violence, de l’incapacit� de se r�concilier pour recommencer de nouveau avec un pardon sinc�re. Nous savons cependant que le mal n’a pas le dernier mot, car le vainqueur est le Christ crucifi� et ressuscit� et son triomphe se manifeste avec la force de l’amour mis�ricordieux. Sa r�surrection nous donne cette certitude : malgr� toute l’obscurit� que l’on trouve dans le monde, le mal n’a pas le dernier mot. Soutenus par cette certitude, nous pourrons nous engager avec plus de courage et d’enthousiasme afin que naisse un monde plus juste. Je forme ce v�u de tout c�ur pour vous tous, chers fr�res et s�urs, en vous souhaitant de vous pr�parer avec foi et d�votion aux f�tes pascales d�sormais proches. Que vous accompagne la Tr�s Sainte Vierge Marie qui, apr�s avoir suivi le Fils divin � l’heure de la passion et de la croix, a partag� la joie de sa r�surrection. � Copyright du texte original : Libreria Editrice Vaticana Beno�t XVI |