MESSAGES ET HOM�LIES
| 1 | Message de No�l 2005 Hom�lie pour la messe de minuit 2005 Message pour le 1� janvier 2006 (Journ�e mondiale de la Paix) « Deus caritas est » : Encyclique « Dieu est amour » Message pour le Car�me 2006 Message pour les JMJ 2006 Cat�ch�se du Mercredi Saint | 2 | Bilan de l’ann�e 2006 Message de No�l 2006 Message pour les JMJ 2007 Message pour le Car�me 2007 Pri�re � la Vierge Marie pour les jeunes Hom�lie pour la messe de minuit 2007 | 3 | Message de No�l 2007 Message de Car�me 2008 Message de P�ques 2008 Message aux enfants avant No�l Message pour le 1� janvier 2009 Message de Car�me 2009 |
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Message de No�l 2007 � Un jour saint est apparu pour nous. Chers Fr�res et S�urs ! � Un jour saint est apparu pour nous �. Un jour de grande esp�rance : aujourd’hui nous est n� le Sauveur de l’humanit� ! La naissance d’un enfant apporte normalement une lumi�re d’esp�rance � ceux qui l’attendent avec impatience. Lorsque J�sus est n� dans la grotte de Bethl�em, une � grande lumi�re � est apparue sur la terre ; une grande esp�rance a p�n�tr� le c�ur de ceux qui l’attendaient : � lux magna �, chante la liturgie de ce jour de No�l. Ce ne fut certainement pas une � grande lumi�re � selon le crit�re de ce monde, puisque ceux qui, les premiers, la virent, furent seulement Marie, Joseph et quelques bergers, puis les Mages, le vieux Sym�on, la proph�tesse Anne : ceux que Dieu avaient d’avance choisis. Et pourtant, dans le secret et le silence de cette nuit sainte, s’est allum�e pour tout homme une lumi�re splendide et sans d�clin ; la grande esp�rance, porteuse de bonheur, est arriv�e dans le monde : � Le Verbe s’est fait chair et nous avons contempl� sa gloire � (Jn 1, 14). � Dieu est lumi�re – affirme saint Jean – en lui point de t�n�bres � (1 Jn 1, 5). Dans le livre de la Gen�se nous lisons qu’� l’origine de l’univers, � la terre �tait informe et vide, les t�n�bres �taient au-dessus de l’ab�me �. � Dieu dit : « Que la lumi�re soit ! » et la lumi�re fut � (Gn 1, 2-3). La Parole cr�atrice de Dieu – Dabar en h�breu, Verbum en latin, Logos en grec – est Lumi�re, source de la vie. Tout a �t� fait par le Logos et sans Lui rien de tout ce qui existe n’a �t� fait (cf. Jn 1, 3). Voil� pourquoi toutes les cr�atures sont fondamentalement bonnes et portent en elles l’empreinte de Dieu, une �tincelle de sa lumi�re. Cependant, lorsque J�sus est n� de la Vierge Marie, la Lumi�re elle-m�me est venue dans le monde : � Dieu n� de Dieu, Lumi�re n�e de la Lumi�re � proclamons-nous dans le Credo. En J�sus, Dieu a assum� ce qui n’�tait pas tout en restant ce qu’il �tait : � La toute puissance est entr�e dans un corps d’enfant et ne s’est pas soustraite aux lois de l’univers � (cf. S. Augustin, Sermon 184, 1, sur No�l). Il s’est fait homme, Celui qui est le cr�ateur de l’homme pour apporter au monde la paix. C’est pourquoi, dans la nuit de No�l, la troupe des anges chante : � Gloire � Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes, qu’il aime � (Lc 2, 14). � Aujourd’hui une grande lumi�re est descendue sur la terre �. La lumi�re du Christ est porteuse de paix. Dans la Messe de la nuit, la liturgie eucharistique s’ouvrait justement par ce chant : � Aujourd’hui, la paix v�ritable vient du ciel sur notre terre � (Antienne d’ouverture). En fait, seule la � grande � lumi�re apparue avec le Christ peut donner aux hommes la paix � v�ritable � : voil� pourquoi toutes les g�n�rations sont appel�es � la recevoir, � accueillir le Dieu qui, � Bethl�em, s’est fait l’un de nous. C’est cela No�l ! �v�nement historique et myst�re d’amour qui depuis plus de deux mille ans interpelle les hommes et les femmes de tout temps et de tous lieux. C’est le jour saint o� resplendit la � grande lumi�re � du Christ, porteuse de paix ! Il est vrai que pour la reconna�tre, pour l’accueillir, il faut la foi, il faut l’humilit�. L’humilit� de Marie, elle qui a cru � la parole du Seigneur et qui, la premi�re, inclin�e au-dessus de la mangeoire, a ador� le Fruit de son sein; l’humilit� de Joseph, homme juste, qui eut le courage de la foi et pr�f�ra ob�ir � Dieu plut�t que d’avoir soin de sa r�putation ; l’humilit� des bergers, des pauvres bergers anonymes, qui ont accueilli l’annonce du messager c�leste et sont all�s en h�te vers la grotte o� ils ont trouv� l’enfant qui venait de na�tre, et l�, pleins d’�tonnement, ils l’ont ador� en louant Dieu (cf. Lc 2, 15-20). Les petits, les pauvres de c�ur : voil� les protagonistes de No�l, hier comme aujourd’hui ; ce sont les protagonistes de toujours dans l’histoire de Dieu, les b�tisseurs infatigables de son Royaume de justice, d’amour et de paix. Dans le silence de la nuit de Bethl�em J�sus est n� et a �t� re�u entre des mains pleines de sollicitude. Et maintenant, en ce No�l qui est le n�tre et o� continue � r�sonner l’annonce joyeuse de sa naissance r�demptrice, qui est pr�t � lui ouvrir la porte de son c�ur ? Hommes et femmes de notre temps, pour nous aussi le Christ vient apporter la lumi�re, pour nous aussi, il vient donner la paix ! Mais qui, dans la nuit du doute et des incertitudes, veille avec un c�ur vigilant et priant ? Qui attend l’aurore du jour nouveau en tenant allum�e la petite flamme de la foi ? Qui prend le temps d’�couter sa parole et de se laisser prendre et fasciner par son amour ? Oui ! Son message de paix est pour tous; c’est pour tous qu’il vient s’offrir lui-m�me comme esp�rance certaine du salut. La lumi�re du Christ, qui vient illuminer tout �tre humain, peut enfin briller et �tre la consolation pour toutes les personnes qui se trouvent dans les t�n�bres de la mis�re, de l’injustice, de la guerre ; pour les personnes dont est encore ni�e la l�gitime aspiration � une existence plus assur�e, � la sant�, � l’�ducation, � un emploi stable, � une participation plus pleine aux responsabilit�s civiles et politiques, hors de toute oppression et � l’abri de conditions qui offensent la dignit� humaine. Ce sont tout particuli�rement les franges les plus vuln�rables, les enfants, les femmes, les personnes �g�es, qui sont les victimes de conflits arm�s sanglants, du terrorisme et des violences de toutes sortes, qui provoquent des souffrances inou�es � des populations enti�res. Dans le m�me temps, les tensions ethniques, religieuses et politiques, l’instabilit�, les rivalit�s, les oppositions, les injustices et les discriminations, qui d�chirent le tissu int�rieur de nombreux pays, enveniment les relations internationales. Et dans le monde, le nombre des migrants, des r�fugi�s, des d�plac�s, va toujours croissant, � cause aussi des catastrophes naturelles, qui sont souvent la cons�quence de pr�occupants d�sastres �cologiques. En ce jour de paix, ma pens�e se tourne surtout vers les lieux o� r�sonne le bruit des armes : les terres d�chir�es du Darfour, la Somalie et le nord de la R�publique d�mocratique du Congo, les confins de l’�rythr�e et de l’�thiopie, tout le Moyen-Orient, en particulier l’Iraq, le Liban et la Terre Sainte, ainsi que l’Afghanistan, le Pakistan et le Sri Lanka, la r�gion des Balkans et tant d’autres situations de crise, souvent malheureusement oubli�es. Que l’Enfant J�sus apporte le r�confort aux personnes qui sont dans l’�preuve et donne aux responsables des gouvernements la sagesse et le courage de rechercher et de trouver des solutions humaines, justes et durables. � la soif de sens et de valeur qui habite le monde d’aujourd’hui, � la recherche de bien-�tre et de paix qui marque la vie de toute l’humanit�, aux attentes des pauvres, le Christ, vrai Dieu et vrai Homme, r�pond par sa Naissance. Que les personnes et les peuples n’aient pas peur de le reconna�tre et de l’accueillir ; avec Lui, � une grande lumi�re � illumine l’horizon de l’humanit� ; avec Lui, s’ouvre � un jour saint � qui ne conna�t pas de d�clin. Que ce No�l soit vraiment pour tous un jour de joie, d’esp�rance et de paix ! � Venez tous adorer le Seigneur �. Avec Marie, Joseph et les bergers, avec les Mages et la troupe innombrable des humbles adorateurs de l’Enfant nouveau-n� qui, tout au long des si�cles, ont accueilli le myst�re de No�l, nous aussi, Fr�res et S�urs de tous les continents, laissons la lumi�re de ce jour se r�pandre partout : qu’elle entre dans nos c�urs, qu’elle �claire et r�chauffe nos maisons, qu’elle apporte s�r�nit� et esp�rance � nos cit�s, qu’elle donne au monde la paix ! C’est l� mon v�u pour vous qui m’�coutez. V�u qui se fait pri�re, humble et confiante, � l’Enfant J�sus, afin que sa lumi�re fasse dispara�tre les t�n�bres de votre vie et qu’elle vous comble d’amour et de paix. Que le Seigneur, qui a fait resplendir dans le Christ son visage de mis�ricorde vous comble de son bonheur et vous rende messagers de sa bont� ! Bon No�l ! � Copyright : Libreria Editrice Vaticana Message de Car�me 2008 � Le Christ pour vous s�est fait pauvre � (2 Cor 8,9) Chers fr�res et s�urs ! 1. Chaque ann�e, le Car�me nous offre une occasion providentielle pour approfondir le sens et la valeur de notre identit� chr�tienne, et nous stimule � red�couvrir la mis�ricorde de Dieu pour devenir, � notre tour, plus mis�ricordieux envers nos fr�res. Pendant le temps du Car�me, l��glise propose certains engagements sp�cifiques pour accompagner concr�tement les fid�les dans ce processus de renouvellement int�rieur : ce sont la pri�re, le je�ne et l�aum�ne. Cette ann�e, en ce traditionnel Message pour le Car�me, je voudrais m�arr�ter pour r�fl�chir sur la pratique de l�aum�ne : elle est une mani�re concr�te de venir en aide � ceux qui sont dans le besoin, et, en m�me temps, un exercice asc�tique pour se lib�rer de l�attachement aux biens terrestres. Combien forte est l�attirance des richesses mat�rielles, et combien doit �tre ferme notre d�cision de ne pas l�idol�trer ! Aussi J�sus affirme-t-il d�une mani�re p�remptoire : � Vous ne pouvez servir Dieu et l�argent � (Lc 16,13). 2. Selon l�enseignement de l��vangile, nous ne sommes pas propri�taires mais administrateurs des biens que nous poss�dons : ceux-ci ne doivent donc pas �tre consid�r�s comme notre propri�t� exclusive, mais comme des moyens � travers lesquels le Seigneur appelle chacun d�entre nous � devenir un instrument de sa providence envers le prochain. Comme le rappelle le Cat�chisme de l��glise Catholique, les biens mat�riels ont une valeur sociale, selon le principe de leur destination universelle (cf. n� 2404). 3. L��vangile met en lumi�re un aspect caract�ristique de l�aum�ne chr�tienne : elle doit demeurer cach�e. � Que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite �, dit J�sus, � afin que ton aum�ne se fasse en secret � (Mt 6, 3-4). Et juste avant, il avait dit qu�il ne faut pas se vanter de ses bonnes actions, pour ne pas risquer d��tre priv� de la r�compense c�leste (cf. Mt 6, 1-2). La pr�occupation du disciple est de tout faire pour la plus grande gloire de Dieu. J�sus avertit : � Que votre lumi�re luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes �uvres et qu’ils glorifient votre P�re qui est dans les cieux � (Mt 5, 16). Ainsi, tout doit �tre accompli pour la gloire de Dieu et non pour la n�tre. Ayez-en conscience, chers fr�res et s�urs, en accomplissant chaque geste d�assistance au prochain, tout en �vitant de le transformer en un moyen de se mettre en �vidence. Si, en faisant une bonne action, nous ne recherchons pas la gloire de Dieu et le vrai bien de nos fr�res, mais nous attendons plut�t en retour un avantage personnel ou simplement des louanges, nous nous situons d�s lors en dehors de l�esprit �vang�lique. Dans la soci�t� moderne de l�image, il importe de rester attentif, car cette tentation est r�currente. L�aum�ne �vang�lique n�est pas simple philanthropie : elle est plut�t une expression concr�te de la charit�, vertu th�ologale qui exige la conversion int�rieure � l�amour de Dieu et des fr�res, � l�imitation de J�sus Christ, qui, en mourant sur la Croix, se donna tout entier pour nous. Comment ne pas rendre gr�ce � Dieu pour les innombrables personnes qui, dans le silence, loin des projecteurs de la soci�t� m�diatique, accomplissent dans cet esprit des actions g�n�reuses de soutien aux personnes en difficult� ? Il ne sert pas � grand chose que de donner ses biens aux autres si, � cause de cela, le c�ur se gonfle de vaine gloire : voil� pourquoi celui qui sait que Dieu � voit dans le secret � et dans le secret le r�compensera, ne cherche pas de reconnaissance humaine pour les �uvres de mis�ricorde qu�il accomplit. 4. En nous invitant � consid�rer l�aum�ne avec un regard plus profond, qui transcende la dimension purement mat�rielle, les Saintes �critures nous enseignent qu�il y a plus de joie � donner qu�� recevoir (cf. Act 20, 35). Quand nous agissons avec amour, nous exprimons la v�rit� de notre �tre : nous avons en effet �t� cr��s non pour nous-m�mes, mais pour Dieu et pour nos fr�res (cf. 2 Cor 5, 15). Chaque fois que, par amour pour Dieu, nous partageons nos biens avec notre prochain qui est dans le besoin, nous exp�rimentons que la pl�nitude de la vie vient de l�amour et que tout se transforme pour nous en b�n�diction sous forme de paix, de satisfaction int�rieure et de joie. En r�compense de nos aum�nes, le P�re c�leste nous donne sa joie. Mais il y a plus encore : saint Pierre cite parmi les fruits spirituels de l�aum�ne, le pardon des p�ch�s. � La charit� � �crit-il � couvre une multitude de p�ch�s � (1 P 4, 8). La liturgie du Car�me le r�p�te souvent, Dieu nous offre, � nous p�cheurs, la possibilit� d��tre pardonn�s. Le fait de partager ce que nous poss�dons avec les pauvres, nous dispose � recevoir un tel don. Je pense en ce moment au grand nombre de ceux qui ressentent le poids du mal accompli et qui, pr�cis�ment pour cela, se sentent loin de Dieu, apeur�s et pratiquement incapables de recourir � Lui. L�aum�ne, en nous rapprochant des autres, nous rapproche de Dieu, et elle peut devenir l�instrument d�une authentique conversion et d�une r�conciliation avec Lui et avec nos fr�res. 5. L�aum�ne �duque � la g�n�rosit� de l�amour. Saint Joseph-Beno�t Cottolengo avait l�habitude de recommander : � Ne comptez jamais les pi�ces que vous donnez, parce que, je le dis toujours : si en faisant l�aum�ne la main gauche ne doit pas savoir ce que fait la droite, de m�me la droite ne doit pas savoir ce qu�elle fait elle-m�me � (Detti e pensieri, Edilibri, n. 201). � ce propos, combien significatif est l��pisode �vang�lique de la veuve qui, dans sa mis�re, jette dans le tr�sor du Temple � tout ce qu�elle avait pour vivre � (Mc 12, 44). Sa petite monnaie, insignifiante, devint un symbole �loquent : cette veuve donna � Dieu non de son superflu, et non pas tant ce qu�elle a, mais ce qu�elle est. Elle, tout enti�re. 6. Chers fr�res et s�urs, le Car�me nous invite � nous � entra�ner � spirituellement, notamment � travers la pratique de l�aum�ne, pour cro�tre dans la charit� et reconna�tre J�sus lui-m�me dans les pauvres. Les Actes des Ap�tres racontent que l�ap�tre Pierre s�adressa ainsi au boiteux de naissance qui demandait l�aum�ne � la porte du Temple : � Je n’ai ni argent, ni or ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de J�sus-Christ de Nazareth, l�ve-toi et marche � (Act 3, 6). Par l�aum�ne, nous offrons quelque chose de mat�riel en signe de ce don plus grand que nous pouvons offrir aux autres, l�annonce et le t�moignage du Christ : en son Nom est la vraie vie. Que ce temps soit donc caract�ris� par un effort personnel et communautaire d�adh�sion au Christ pour que nous soyons des t�moins de son amour. Que Marie, M�re et Servante fid�le du Seigneur, aide les croyants � livrer le � combat spirituel � du Car�me avec les armes de la pri�re, du je�ne et de la pratique de l�aum�ne, afin de parvenir aux c�l�brations des f�tes pascales en �tant enti�rement renouvel�s en esprit. En formulant ces v�ux, j�accorde volontiers � tous la B�n�diction apostolique. Du Vatican, le 30 octobre 2007 Source : vatican.va Message de P�ques 2008 Resurrexi, et adhuc tecum sum. Alleluia ! – Je suis ressuscit�, je suis toujours avec toi. Alleluia ! Chers fr�res et s�urs, J�sus crucifi� et ressuscit� nous r�p�te aujourd’hui cette joyeuse annonce : l’annonce pascale. Accueillons-la avec un profond �merveillement et avec une grande gratitude ! � Resurrexi et adhuc tecum sum � – � Je suis ressuscit� et je suis encore et toujours avec toi �. Ces paroles, tir�es d’une ancienne version du psaume 138 (v. 18b), retentissent au commencement de la messe de ce jour. Dans ces paroles, � l’aube de P�ques, l’�glise reconna�t la voix m�me de J�sus qui, ressuscitant de la mort, s’adresse au P�re, d�bordant de bonheur et d’amour, et s’�crie : mon P�re, me voici ! Je suis ressuscit�, je suis encore avec toi et je le serai pour toujours ; ton Esprit ne m’a jamais abandonn�. Nous pouvons ainsi comprendre de fa�on nouvelle d’autres expressions du psaume : � Je gravis les cieux : tu es l� ; je descends chez les morts : te voici. […] M�me les t�n�bres pour toi ne sont pas t�n�bres, et la nuit comme le jour est lumi�re � (Ps 138, 8.12). C’est vrai : dans la veill�e solennelle de P�ques, les t�n�bres deviennent lumi�re, la nuit c�de le pas au jour qui ne conna�t pas de couchant. La mort et la r�surrection du Verbe de Dieu incarn� constituent un �v�nement d’amour insurpassable, c’est la victoire de l’Amour qui nous a lib�r�s de l’esclavage du p�ch� et de la mort. Il a chang� le cours de l’histoire, donnant � la vie de l’homme un sens ind�l�bile et renouvel�, ainsi que toute sa valeur. � Je suis ressuscit� et je suis encore et toujours avec toi �. Ces paroles nous invitent � contempler le Christ ressuscit�, en en faisant r�sonner la voix dans notre c�ur. Par son sacrifice r�dempteur, J�sus de Nazareth nous a rendus fils adoptifs de Dieu, de sorte que maintenant nous pouvons, nous aussi, nous ins�rer dans le dialogue myst�rieux entre Lui et le P�re. Nous avons en m�moire ce qu’un jour il a dit � ses auditeurs : � Tout m’a �t� confi� par mon P�re ; personne ne conna�t le Fils, sinon le P�re, et personne ne conna�t le P�re, sinon le Fils, et celui � qui le Fils veut le r�v�ler � (Mt 11, 27). Dans cette perspective, nous percevons que l’affirmation adress�e aujourd’hui par J�sus ressuscit� � son P�re – � Je suis encore et toujours avec toi � – nous concerne aussi comme par ricochet, nous, � fils de Dieu, h�ritiers avec le Christ, si nous souffrons avec lui pour �tre avec lui dans la gloire � (cf. Rm 8, 17). Gr�ce � la mort et � la r�surrection du Christ, nous aussi aujourd’hui, nous ressuscitons � une vie nouvelle et, unissant notre voix � la sienne, nous proclamons que nous voulons demeurer pour toujours avec Dieu, notre P�re infiniment bon et mis�ricordieux. Nous entrons ainsi dans la profondeur du myst�re pascal. L’�v�nement surprenant de la r�surrection de J�sus est essentiellement un �v�nement d’amour : amour du P�re qui livre son Fils pour le salut du monde ; amour du Fils qui s’abandonne � la volont� du P�re pour nous tous ; amour de l’Esprit qui ressuscite J�sus d’entre les morts dans son corps transfigur�. Et encore : amour du P�re qui � embrasse de nouveau � le Fils, l’enveloppant dans sa gloire ; amour du Fils qui, par la force de l’Esprit, retourne au P�re, rev�tu de notre humanit� transfigur�e. De la solennit� d’aujourd’hui, qui nous fait revivre l’exp�rience absolue et particuli�re de la r�surrection de J�sus, nous vient donc un appel � nous convertir � l’Amour ; nous vient une invitation � vivre en refusant la haine et l’�go�sme, et � suivre docilement les traces de l’Agneau immol� pour notre salut, � imiter le R�dempteur � doux et humble de c�ur �, qui est �repos pour nos �mes � (cf. Mt 11, 29). Fr�res et s�urs chr�tiens de toutes les parties du monde, hommes et femmes � l’esprit sinc�rement ouvert � la v�rit� ! Que personne ne ferme son c�ur � la toute-puissance de cet amour qui rach�te ! J�sus Christ est mort et ressuscit� pour tous : il est notre esp�rance ! Esp�rance v�ritable pour tout �tre humain. Aujourd’hui, comme il fit avec ses disciples en Galil�e avant de retourner au P�re, J�sus ressuscit� nous envoie aussi partout comme t�moins de son esp�rance et il nous rassure : Je suis avec vous toujours, tous les jours, jusqu’� la fin du monde (cf. Mt 28, 20). Fixant le regard de notre esprit sur les plaies glorieuses de son corps transfigur�, nous pouvons comprendre le sens et la valeur de la souffrance, nous pouvons soulager les nombreuses blessures qui, de nos jours, continuent encore � ensanglanter l’humanit�. Dans ses plaies glorieuses nous reconnaissons les signes ind�l�biles de la mis�ricorde infinie du Dieu dont parle le proph�te : il est celui qui gu�rit les blessures des c�urs bris�s, qui d�fend les faibles et qui annonce la libert� aux captifs, qui console tous les afflig�s et leur dispense une huile de joie au lieu du v�tement de deuil, un chant de louange au lieu d’un c�ur triste (cf. Is 61, 1.2.3). Si avec une humble familiarit� nous nous approchons de Lui, nous rencontrons dans son regard la r�ponse � la soif la plus profonde de notre c�ur : conna�tre Dieu et cr�er avec Lui une relation vitale, dans une authentique communion d’amour qui remplit de son amour m�me notre existence et nos relations interpersonnelles et sociales. Par cons�quent l’humanit� a besoin du Christ : en Lui, notre esp�rance, � nous avons �t� sauv�s � (cf. Rm 8, 24). Que de fois les relations de personne � personne, de groupe � groupe, de peuple � peuple, au lieu d’�tre marqu�es par l’amour le sont par l’�go�sme, par l’injustice, par la haine, par la violence ! Ce sont les plaies de l’humanit�, ouvertes et douloureuses en tout coin de la plan�te, m�me si elles sont souvent ignor�es et parfois volontairement cach�es ; plaies qui �corchent les �mes et les corps de tant de nos fr�res et de nos s�urs. Elles attendent d’�tre soulag�es et gu�ries par les plaies glorieuses du Seigneur ressuscit� (cf. 1 P 2, 24-25) et par la solidarit� de tous les hommes qui, sur ses pas et en son nom, posent des gestes d’amour, s’engagent concr�tement pour la justice et r�pandent autour d’eux des signes lumineux d’esp�rance dans les lieux ensanglant�s par les conflits et partout o� la dignit� de la personne humaine continue � �tre outrag�e et foul�e aux pieds. Il est � souhaiter que l� pr�cis�ment se multiplient les t�moignages de douceur et de pardon ! Chers fr�res et s�urs ! Laissons-nous illuminer par la lumi�re �clatante de ce Jour solennel ; ouvrons-nous avec une sinc�re confiance au Christ ressuscit�, pour que la force de renouveau du Myst�re pascal se manifeste en chacun de nous, dans nos familles, dans nos villes et dans nos Nations. Qu’elle se manifeste en toutes les parties du monde. Comment ne pas penser en ce moment, en particulier, � certaines r�gions africaines, telles que le Darfour et la Somalie, au Moyen-Orient tourment�, et sp�cialement � la Terre Sainte, � l’Irak, au Liban, et enfin au Tibet, r�gions pour lesquelles j’encourage la recherche de solutions qui sauvegardent le bien et la paix ! Invoquons la pl�nitude des dons de P�ques, par l’intercession de Marie qui, apr�s avoir partag� les souffrances de la passion et de la crucifixion de son Fils innocent, a aussi fait l’exp�rience de la joie inexprimable de sa r�surrection. Associ�e � la gloire du Christ, qu’elle nous prot�ge et nous guide sur le chemin de la solidarit� fraternelle et de la paix. Tels sont mes v�ux de P�ques, que je vous adresse � vous ici pr�sents ainsi qu’aux hommes et aux femmes de toutes les nations et de tous les continents qui nous sont unis par la radio et la t�l�vision. Bonne f�te de P�ques ! � Copyright : Libreria Editrice Vaticana Message aux enfants de l’Action Catholique, le 20 d�cembre 2008 Chers enfants, Je suis tr�s content que cette ann�e encore, � la veille de la sainte f�te de No�l, vous soyez venus �gayer de votre pr�sence ces palais solennels, dans lesquels par ailleurs il y a toujours la joie de servir le Seigneur. Je salue avec vous vos �ducateurs, le Pr�sident de l’Action Catholique Italienne, l’Assistant g�n�ral et votre nouvel Assistant national, don Dino. Beaucoup de gens disent que les enfants sont capricieux, qu’ils ne sont jamais contents, qu’ils consomment les jeux les uns apr�s les autres sans jamais �tre satisfaits. Vous, au contraire, vous dites � J�sus : Tu me suffis ! Ce qui signifie : Tu es notre ami le plus cher, qui nous tient compagnie lorsque nous jouons et lorsque nous allons � �cole, lorsque nous sommes � la maison avec nos parents, nos grands parents, nos petits fr�res et petites s�urs et lorsque nous sortons avec nos amis. Tu nous ouvres les yeux, pour prendre conscience de nos camarades tristes, et de tous les enfants du monde qui souffrent de la faim, la maladie et la guerre. Tu nous suffis, Seigneur J�sus, Tu nous donnes la joie v�ritable, qui ne finit pas comme nos jeux, mais descend dans notre �me et nous rend bons. Tu nous suffis surtout lorsque nous te prions, parce que Tu �coutes toujours nos pri�res que nous faisons afin que le monde devienne plus beau et meilleur pour tous. Tu nous suffis, parce que tu nous pardonnes lorsque nous faisons des b�tises; Tu nous suffis, parce que si nous nous perdons, tu viens nous chercher et tu nous prends dans tes bras comme tu l’as fait avec la brebis qui s’�tait �gar�e. Tu nous suffis parce que tu as une Maman tr�s belle, qu’avant de mourir en croix, tu as voulu qu’elle devienne aussi notre Maman. Chers petits amis, voulez-vous aider aussi vos camarades � �tre ainsi avec J�sus ? Un enfant de l’ACR est quelqu’un qui, lorsqu’il va vers J�sus, aime emmener �galement un ami avec lui, parce qu’il veut le lui faire conna�tre ; il ne pense pas seulement � lui-m�me, mais il a le c�ur grand et attentif aux autres. Vous avez des �ducateurs qui vous aident � vivre ensemble, � prier et � grandir dans la connaissance de l’�vangile. L’Action Catholique a comme v�ritable but celui de vous aider � devenir saints ; pour cela, elle vous aide � rencontrer J�sus, � aimer son �glise et � vous int�resser aux probl�mes du monde. N’est-il pas peut-�tre vrai que vous vous engagez pour des enfants et adolescents plus malchanceux que vous ? N’est-il pas peut-�tre vrai qu’avec le � mois de la paix �, vous puissiez aussi faire appr�cier la paix � de nombreux adultes, parce que vous savez vivre en paix entre vous ? Oui, chers enfants, vous pouvez prier le Seigneur afin qu’il change le c�ur des fabriquants d’armes, qu’il fasse revenir les terroristes � la raison, convertisse le c�ur de ceux qui pensent toujours � la guerre et aide l’humanit� � construire un avenir meilleur pour tous les enfants du monde. Je suis s�r aussi que vous prierez pour moi, en m’aidant ainsi dans le devoir pas facile que le Seigneur m’a confi�. Quant � moi, je vous assure de mon affection, de ma pri�re, tandis que maintenant, je vous b�nis volontiers ainsi que toutes les personnes qui vous sont ch�res. Bon No�l � vous, � vos familles et � tous les enfants de l’Action Catholique ! � Copyright : Libreria Editrice Vaticana Message de Car�me 2009 « Apr�s avoir je�n� quarante jours et quarante nuits, il eut faim » (Mt 4, 1-2) Chers fr�res et s�urs ! Au commencement du Car�me, qui constitue un chemin d’entra�nement spirituel intense, la Liturgie nous propose � nouveau trois pratiques p�nitentielles tr�s ch�res � la tradition biblique et chr�tienne – la pri�re, l’aum�ne et le je�ne – pour nous pr�parer � mieux c�l�brer la P�que et faire ainsi l’exp�rience de la puissance de Dieu qui, comme nous l’entendrons au cours de la Veill�e Pascale, � triomphe du mal, lave nos fautes, redonne l’innocence aux p�cheurs, la joie aux afflig�s, dissipe la haine, nous apporte la paix et humilie l’orgueil du monde � (Annonce de la P�que). En ce traditionnel Message du Car�me, je souhaite cette ann�e me pencher plus particuli�rement sur la valeur et le sens du je�ne. Le Car�me en effet nous rappelle les quarante jours de je�ne v�cus par le Seigneur dans le d�sert, avant le commencement de sa mission publique. Nous lisons dans l’Evangile : � J�sus fut conduit au d�sert par l’Esprit pour �tre tent� par le d�mon. Apr�s avoir je�n� quarante jours et quarante nuits, il eut faim � (Mt 4,1-2). Comme Mo�se avant de recevoir les Tables de la Loi, (cf. Ex 34,28), comme �lie avant de rencontrer le Seigneur sur le mont Horeb (cf. 1 R 19,8), de m�me J�sus, en priant et en je�nant, se pr�pare � sa mission, dont le d�but fut marqu� par une dure confrontation avec le tentateur. Nous pouvons nous demander quelle valeur et quel sens peuvent avoir pour nous, chr�tiens, le fait de se priver de quelque chose qui serait bon en soi et utile pour notre subsistance. Les Saintes �critures et toute la tradition chr�tienne enseignent que le je�ne est d’un grand secours pour �viter le p�ch� et tout ce qui conduit � lui. C’est pourquoi, dans l’histoire du salut, l’invitation � je�ner revient r�guli�rement. D�j� dans les premi�res pages de la Sainte �criture, le Seigneur commande � l’homme de s’abstenir de manger du fruit d�fendu : � Tu pourras manger de tous les arbres du jardin, mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangera pas, car le jour o� tu en mangeras, certainement tu mourras. � (Gn 2,16-17). En commentant l’injonction divine, saint Basile observe que � le je�ne a �t� prescrit dans le paradis terrestre �, et � ce premier pr�cepte �t� donn� � Adam �. Il conclut ainsi : � Cette d�fense – ‘tu ne mangeras pas’ – est une loi de je�ne et d’abstinence � (cf. Hom�lie sur le je�ne : PG 31, 163, 98). Parce que tous nous sommes appesantis par le p�ch� et ses cons�quences, le je�ne nous est offert comme un moyen pour renouer notre amiti� avec le Seigneur. C’est ce que fit Esdras avant le voyage du retour de l’exil en Terre promise, quand il invita le peuple r�uni � je�ner � pour s’humilier – dit-il – devant notre Dieu � (8,21). Le Tout Puissant �couta leur pri�re et les assura de sa faveur et de sa protection. Les habitants de Ninive en firent autant quand, sensibles � l’appel de Jonas � la repentance, ils proclam�rent, comme t�moignage de leur sinc�rit�, un je�ne en disant: � Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas, s’il ne reviendra pas de l’ardeur de sa col�re, en sorte que nous ne p�rissions point ? � (3,9). L� encore, Dieu vit leurs �uvres et les �pargna. Dans le Nouveau Testament, J�sus met en lumi�re la raison profonde du je�ne en stigmatisant l’attitude des pharisiens qui observaient avec scrupule les prescriptions impos�es par la loi, alors que leurs c�urs �taient loin de Dieu. Le vrai je�ne, redit encore en d’autre lieux le divin Ma�tre, consiste plut�t � faire la volont� du P�re c�leste, lequel � voit dans le secret et te r�compensera � (Mt 6,18). Lui-m�me en donne l’exemple en r�pondant � Satan, au terme des quarante jours pass�s dans le d�sert : � Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu � (Mt 4,4). Le vrai je�ne a donc pour but de manger � la vraie nourriture �, qui consiste � faire la volont� du P�re (cf. Jn 4,34). Si donc Adam d�sob�it � l’ordre du Seigneur � de ne pas manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal �, le croyant entend par le je�ne se soumettre � Dieu avec humilit�, en se confiant � sa bont� et � sa mis�ricorde. La pratique du je�ne est tr�s pr�sente dans la premi�re communaut� chr�tienne (cf. Act 13,3; 14,22; 27,21; 2 Cor 6,5). Les P�res de l’�glise aussi parlent de la force du je�ne, capable de mettre un frein au p�ch�, de r�primer les d�sirs du � vieil homme �, et d’ouvrir dans le c�ur du croyant le chemin vers Dieu. Le je�ne est en outre une pratique r�currente des saints, qui le recommandent. Saint Pierre Chrysologue �crit : � Le je�ne est l’�me de la pri�re, la mis�ricorde est la vie du je�ne. Donc, celui qui prie doit je�ner ; celui qui je�ne doit avoir piti� ; qu’il �coute l’homme qui demande, et qui en demandant souhaite �tre �cout� ; il se fait entendre de Dieu, celui qui ne refuse pas d’entendre lorsqu’on le supplie � (Sermo 43: PL 52, 320. 332). De nos jours, la pratique du je�ne semble avoir perdu un peu de sa valeur spirituelle et, dans une culture marqu�e par la recherche du bien-�tre mat�riel, elle a plut�t pris la valeur d’une pratique th�rapeutique pour le soin du corps. Le je�ne est sans nul doute utile au bien-�tre physique, mais pour les croyants, il est en premier lieu une � th�rapie � pour soigner tout ce qui les emp�che de se conformer � la volont� de Dieu. Dans la Constitution apostolique P�nitemini de 1966, le Serviteur de Dieu Paul VI reconnaissait la n�cessit� de remettre le je�ne dans le contexte de l’appel de tout chr�tien � � ne plus vivre pour soi-m�me, mais pour Celui qui l’a aim� et s’est donn� pour lui, et… aussi � vivre pour ses fr�res � (cf. Ch. I). Ce Car�me pourrait �tre l’occasion de reprendre les normes contenues dans cette Constitution apostolique, et de remettre en valeur la signification authentique et permanente de l’antique pratique p�nitentielle, capable de nous aider � mortifier notre �go�sme et � ouvrir nos c�urs � l’amour de Dieu et du prochain, premier et supr�me commandement de la Loi nouvelle et r�sum� de tout l’�vangile (cf. Mt 22,34-40). La pratique fid�le du je�ne contribue en outre � l’unification de la personne humaine, corps et �me, en l’aidant � �viter le p�ch� et � cro�tre dans l’intimit� du Seigneur. Saint Augustin qui connaissait bien ses inclinations n�gatives et les d�finissait comme � des n�uds tortueux et emm�l�s � (Confessions, II, 10.18), �crivait dans son trait� sur L’utilit� du je�ne : � Je m’afflige certes un supplice, mais pour qu’Il me pardonne ; je me ch�tie de moi-m�me pour qu’Il m’aide, pour plaire � ses yeux, pour arriver � la d�lectation de sa douceur � (Sermon 400, 3, 3: PL 40, 708). Se priver de nourriture mat�rielle qui alimente le corps facilite la disposition int�rieur � l’�coute du Christ et � se nourrir de sa parole de salut. Avec le je�ne et la pri�re, nous Lui permettons de venir rassasier une faim plus profonde que nous exp�rimentons au plus intime de nous : la faim et la soif de Dieu. En m�me temps, le je�ne nous aide � prendre conscience de la situation dans laquelle vivent tant de nos fr�res. Dans sa Premi�re Lettre, saint Jean met en garde : � Si quelqu’un poss�de des richesses de ce monde et, voyant son fr�re dans la n�cessit�, lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeurerait-il en lui ? � (3,17). Je�ner volontairement nous aide � suivre l’exemple du Bon Samaritain, qui se penche et va au secours du fr�re qui souffre (cf. Deus caritas est, 15). En choisissant librement de se priver de quelque chose pour aider les autres, nous montrons de mani�re concr�te que le prochain en difficult� ne nous est pas �tranger. C’est pr�cis�ment pour maintenir vivante cette attitude d’accueil et d’attention � l’�gard de nos fr�res que j’encourage les paroisses et toutes les communaut�s � intensifier pendant le Car�me la pratique du je�ne personnel et communautaire, en cultivant aussi l’�coute de la Parole de Dieu, la pri�re et l’aum�ne. Ceci a �t�, d�s le d�but, une caract�ristique de la vie des communaut�s chr�tiennes o� se faisaient des collectes sp�ciales (cf. 2 Cor 8-9; Rm 15, 25-27), tandis que les fid�les �taient invit�s � donner aux pauvres ce qui, gr�ce au je�ne, avait �t� mis � part (cf. Didascalie Ap., V, 20,18). M�me aujourd’hui, une telle pratique doit �tre red�couverte et encourag�e, surtout pendant le temps liturgique du Car�me. Il ressort clairement de tout ce que je viens de dire, que le je�ne repr�sente une pratique asc�tique importante, une arme spirituelle pour lutter contre tous les attachements d�sordonn�s. Se priver volontairement du plaisir de la nourriture et d’autres biens mat�riels, aide le disciple du Christ � contr�ler les app�tits de sa nature affaiblie par la faute originelle, et dont les effets n�gatifs investissent enti�rement la personne humaine. Une hymne antique de la liturgie du Car�me exhorte avec pertinence : � Utamur ergo parcius, / verbis, cibis et potibus, / somno, iocis et arctius / perstemus in custodia – Nous utilisons plus sobrement les paroles, les nourritures, les boissons, le sommeil et les jeux, et avec plus d’attention, nous demeurons vigilants �. Chers fr�res et s�urs, � bien regarder, le je�ne a comme ultime finalit� d’aider chacun d’entre nous, comme l’�crivait le Serviteur de Dieu Jean-Paul II, � faire un don total de soi � Dieu (cf. Veritatis splendor, 21). Que le Car�me soit donc mis en valeur dans toutes les familles et dans toutes les communaut�s chr�tiennes, pour �loigner de tout ce qui distrait l’esprit et intensifier ce qui nourrit l’�me en l’ouvrant � l’amour de Dieu et du prochain. Je pense en particulier � un plus grand engagement dans la pri�re, la lectio divina, le recours au Sacrement de la R�conciliation et dans la participation active � l’Eucharistie, par dessus tout � la Messe dominicale. Avec cette disposition int�rieure, nous entrons dans le climat de p�nitence propre au Car�me. Que la Bienheureuse Vierge Marie, Causa nostrae laetitiae nous accompagne et nous soutienne dans nos efforts pour lib�rer notre c�ur de l’esclavage du p�ch� et pour en faire toujours plus un � tabernacle vivant de Dieu �. En formulant ce souhait et en assurant de ma pri�re tous les croyants et chaque communaut� eccl�siale afin que tous suivent avec profit l’itin�raire du Car�me, j’accorde � tous et de tout c�ur la B�n�diction Apostolique. Du Vatican, le 11 d�cembre 2008 BENEDICTUS PP. XVI Source : vatican.va Beno�t XVI |