(fête avancée au 4 août au nouveau calendrier)
« Eve avait plongé toute la race humaine dans la tristesse en la privant de Dieu. Marie lui rend la joie en lui rendant Dieu. « Quod Eva tristis abstulit, tu reddis almo germine. » Elle a fait plus que nous redonner Dieu, elle nous a donné, si l’on ose ainsi s’exprimer, un Dieu bien plus aimable que celui qu’Eve nous avait fait perdre ; car le Dieu qu’elle nous a donné, c’est le Dieu incarné. Sans doute Dieu est aimable d’une amabilité infinie et donc non susceptible d’accroissement ; mais il est tel en lui-même et aux yeux des bienheureux ; il ne l’est pas à nos yeux, parce que nos yeux ne peuvent le voir. Pour nous révéler son infinie amabilité, l’invisible s’est fait visible. Aussi, dans la préface de Noël, l’Eglise rend-elle grâce au Père « de ce que, par le mystère du Dieu incarné, une nouvelle lumière de sa gloire a brillé devant les yeux de notre esprit ; afin que, apprenant à connaître Dieu d’une manière visible, nous soyons transportés par lui à l’amour des choses invisibles : ut dum visibiliter Deum cognoscimus, per hunc in invisibilium amorem rapiamur. » Le Dieu incarné, c’est plus que le Dieu créateur, maître et législateur, qu’avaient connu Adam et Eve : c’est un Dieu semblable à nous, notre ami, notre frère, un Dieu qui a un corps et une âme comme nous, qui a travaillé et souffert comme nous et plus que nous, un Dieu qui peut parfaitement sympathiser avec nous parce qu’il est tel que nous en toutes choses, hormis le péché. Emile Neubert, Marie cause de notre Joie par Jésus, in « Notre-Dame de Toute Joie », Les Cahiers de la Vierge N°4, Editions du Cerf, Juvisy, Juillet 1934. |
Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Magnificat Wq. 215
(deuxième fils survivant de Jean-Sébastien Bach et sa première femme Maria Barbara Bach)