Prières


Prières pour le temps du Carême



Prière à Marie

Quand vient pour nous l'heure de la décision
     Marie de l'Annonciation, aide-nous à dire "oui"
Quand vient pour nous l'heure du départ
     Marie d'Egypte, épouse de Joseph, allume en nous l'Espérance
Quand vient pour nous l'heure de l'incompréhension
     Marie de Jérusalem, creuse en nous la patience
Quand vient pour nous l'heure de l'intervention
     Marie de Cana, donne-nous le courage de l'humble parole
Quand vient pour nous l'heure de la souffrance
     Marie du Golgotha, fais nous rester aux pieds de ceux en qui souffre ton Fils
Quand vient pour nous l'heure de l'attente
     Marie du Cénacle, inspire-nous une commune prière
Et chaque jour, quand sonne pour nous l'heure joyeuse du service
     Marie de Nazareth, Marie des Monts de Juda, mets en nous ton cœur de servante
Jusqu'au jour où, prenant ta main,
     Marie de l'Assomption, nous nous endormirons, dans l'attente du jour de notre résurrection.

Jean-Paul Hoch




Dans ce jour qui finit

Merci de ce jour qui finit,
merci de cette nuit qui vient.
Mon Dieu,
qu'elle berce le sommeil des hommes endormis,
qu'elle berce ceux que j'aime,
qu'elle me berce moi-même,
jusqu'à demain.

Dans ce jour qui finit,
tout n'a pas été beau, ni bien fait, ni parfait.
Réparez si c'est possible, effacez, changez,
et donnez-nous de faire mieux demain.

Dans ce jour qui finit
des hommes ont souffert.
Guérissez, si possible,
diminuez le mal, ou le chagrin.
Faites que quelque chose vienne apaiser leur peine,
faites que quelqu'un s'en aille les aider
et que cette nuit leur fasse du bien.

Dans ce jour qui finit,
nous n'avons pas été ce que nous aurions du être.
Faites-nous meilleurs, mon Dieu, si possible,
moins durs envers les autres,
plus doux, plus patients.
Faites-nous plus forts, plus décidés aussi,
plus exigeants pour nous-mêmes,
plus vrais que nos paroles,
plus fidèles que nos promesses,
plus actifs dans nos travaux,
plus obéissants et plus soumis,
plus rieurs aussi,
et que demain soit plus beau qu'aujourd'hui, plus grand.

Merci de ce jour qui finit,
merci de cette nuit qui vient.
Qu'elle berce le sommeil des hommes endormis,
qu'elle berce ceux que j'aime,
qu'elle me berce moi-même jusqu'à demain.




Mon Dieu, qui êtes en moi et en qui je suis…
Daignez me donner ce sentiment continuel de votre présence,
de votre présence en moi et autour de moi,
et, en même temps, cet amour craintif qu'on éprouve en présence de ce qu'on aime passionnément et qui fait qu'on se tient devant la personne aimée, sans pouvoir détacher d'elle ses yeux, avec un grand désir et une pleine volonté de faire tout ce qui lui plaît, tout ce qui est bon pour elle…
En vous, par vous, et pour vous.
Amen.

Charles de Foucauld




O Toi qui es chez toi dans le fond de mon cœur,
laisse-moi te rejoindre
dans le fond de mon cœur.

O Toi qui es chez toi dans le fond de mon cœur,
je t'adore mon Dieu
dans le fond de mon cœur.

O Toi qui es chez toi dans le fond de mon cœur,
loué sois-tu, Seigneur,
dans le fond de mon cœur.

O Toi qui es chez toi dans le fond de mon cœur,
je m'offre à ton amour
dans le fond de mon cœur.

O Toi qui es chez toi dans le fond de mon cœur,
que surgisse ta joie
dans le fond de mon cœur.

O Toi qui es chez toi dans le fond de mon cœur,
garde-moi de tout mal
dans le fond de mon cœur.

     Père Henri Caffarel




Délivre-nous, Seigneur,
de tout ce qui nous encombre,
de nos convoitises et de nos complaisances,
de nos vanités et de nos richesses.
Délivre-nous de la crasse du cœur,
de l'envie, de l'ambition, de l'hypocrisie.
Délivre-nous de la rancune et des arrières-pensées,
de tout esprit de calcul et de concurrence.
Délivre-nous de la colère et de l'agressivité,
de l'orgueil et de la vanité.
Délivre-nous des tentations de la violence.
Délivre-nous des tortures et des assassinats.

Apprends-nous, Seigneur, à aimer les autres, tous les autres.
Apprends-nous à convaincre plutôt qu'à vaincre.
Apprends-nous le silence et la patience.
Apprends-nous la force des moyens pauvres.
Apprends-nous à nous désarmer,
car nous savons, Seigneur, grâce à toi,
qu'on ne triomphe jamais que par l'Amour.

Remplis nos cœurs, Seigneur,
non pas d'attendrissement mais de tendresse.
Remplis-nous de compassion pour les autres,
à commencer par les plus proches.
Apprends-nous à partager la souffrance des affligés
et à porter leur fardeau.
Rends-nous attentifs, Seigneur, à ceux qui pleurent
car c'est par leurs yeux que tu pleures.

Fais de nous, Seigneur,
des hommes de la réconciliation,
libérés de toute hargne, incapables d'injures,
détachés de tout, même de nos idées,
libres de tout, même de nos habitudes.
Nous calculons, nous jugeons, nous condamnons,
tandis que Toi, Seigneur,
tu pardonnes et tu fais confiance.
Tu mises tout sur l'Amour et sur la liberté.
Dieu de tendresse et de générosité,
d'accueil et de gratuité,
communique-nous la folie de ta miséricorde.
Et donne-nous de savoir veiller sans cesse,
avec Marie et tous les saints,
aux portes de ton Royaume.




L'attention

Attention chien méchant.
Attention travaux.
Attention chute de pierres.
Attention route glissante.
Partout, des appels à l'attention.

Mais où sont les appels à l'attention
que nous devons aux autres :
les appels à la délicatesse,
les appels au respect,
les appels au partage ?

Je suis distrait, Seigneur.
Comment pourrais-je les entendre, ces appels,
quand je suis préoccupé par ma santé,
enfermé dans mes rêves,
épuisé par mon travail,
fasciné par la télévision…
Pardon, Seigneur.

Et tes appels, Seigneur, les tiens,
les petits signes que Tu m'adresses
à travers les gens proches ou lointains,
les grands signes que Tu m'adresses,
à travers l'exemple des saints,
à travers les messages de ton Evangile,
à travers les invitations à la prière,
tous ces appels ne rencontrent souvent
que mon indifférence…
Pardon, Seigneur.

Apprends-moi, je t'en prie,
à être attentif
à toutes les attentes,
à toutes les souffrances,
à toutes les espérances.

Apprends-moi aussi
à déceler tout ce qui est bien
derrière ce qui est mal,
tout ce qui se cherche
derrière tout ce qui semble acquis,
tout ce qui est neuf
derrière tout ce qui est vieux,
tout ce qui bourgeonne
derrière tout ce qui se fane,
tout ce qui vit
derrière tout ce qui meurt.

Montre-moi, Seigneur,
l'enfant sous le vieillard,
la plage sous les pavés,
le soleil sous les nuages,
et toutes les soifs cachées :
la soif de pureté,
la soif de vérité,
la soif d'amour,
la soif de Toi, Seigneur.

Affine mon regard,
réveille ma capacité d'amour,
ouvre grand mon cœur,
aiguise mon attention,
développe mes attentions,
tourne-moi vers les autres,
tourne-moi vers Toi, Seigneur.

Amen.




Jamais homme n'a respecté les autres comme cet homme.

Pour lui, l'autre est toujours plus et mieux que ce à quoi les idées reçues, même des sages et des docteurs de la Loi, tendent à le réduire.
Il voit toujours en celui ou celle qu'il rencontre un lieu d'espérance, une promesse vivante, un extraordinaire possible, un être appelé, par delà ses limites, ses péchés, et parfois ses crimes, à un avenir tout neuf.
Il lui arrive même d'y discerner quelque merveille secrète dont la contemplation le plonge dans l'action de grâce !

Il ne dit pas : "Cette femme est volage, légère, sotte, elle est marquée par l'atavisme moral et religieux de son milieu, ce n'est qu'une femme". Il lui demande un verre d'eau et il engage la conversation.

Il ne dit pas : "Voilà une pécheresse publique, une prostituée à tout jamais enlise dans son vice". Il dit : "Elle a plus de chance pour le Royaume des Cieux que ceux qui tiennent à leurs richesses ou se drapent dans leurs vertus et leur savoir".

Il ne dit pas : "Celle-ci n'est qu'une adultère". Il dit : "Je ne te condamne pas. Va et ne pèche plus".

Il ne dit pas : "Cette vieille qui met son obole ans le tronc sur les œuvres du Temple est une superstitieuse". Il dit qu'elle est extraordinaire et qu'on ferait bien d'imiter son désintéressement.

Il ne dit pas : "Ces enfants ne sont que des gosses". Il dit : "Laissez-les venir à moi, et tâchez de leur ressembler".

Il ne dit pas : "Cet homme n'est qu'un fonctionnaire véreux qui s'enrichit en flattant le pouvoir et en saignant les pauvres". Il s'invite à sa table et assure que sa maison a reçu le salut.

Il ne dit pas, comme son entourage : "Cet aveugle paie sûrement ses fautes ou celles de ses ancêtres". Il dit que l'on se trompe à son sujet et il stupéfie en montrant avec éclat combien cet homme jouit de la faveur de Dieu : "Il faut que l'action de Dieu soit manifestée en lui".

Il ne dit pas : "Le centurion n'est qu'un occupant". Il dit : "Je n'ai jamais vu pareille foi en Israël".

Il ne dit pas : "Ce savant n'est qu'un intellectuel". Il lui ouvre la voie vers la renaissance spirituelle.

Il ne dit pas : "Cet individu est un hors-la-loi". Il lui dit : "Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis".

Il ne dit pas : "Ce Judas ne sera jamais qu'un traître". Il accepte son baiser et lui dit : "Mon ami".

Jésus n'a jamais dit : "Il n'y a rien de bon dans celui-ci, dans celle-là, dans ce milieu-ci…". De nos jours, il n'aurait jamais dit : "Ce n'est qu'un intégriste, un moderniste, un gauchiste, un fasciste, un mécréant, un bigot". Pour lui, les autres, quels qu'ils soient, quels que soient leur statut, leur réputation, sont toujours des êtres aimés de Dieu. Jamais homme n'a respecté les autres comme cet homme. Il est unique. Il est le Fils unique, de celui qui fait briller le soleil sur les bons et sur les méchants.

Seigneur Jésus, fils de Dieu, aie pitié de nous, pécheurs !

Mgr Albert Decourtray




Prière pour demander pardon d'avoir cédé à la tristesse

Pardonnez-moi Seigneur, cette tristesse amère
où je me suis complu.

Pardonnez-moi Seigneur, d'avoir médit des autres
et douté de moi-même.

Pardonnez-moi, Seigneur, ce visage fermé,
et ce rire mauvais qui déforme la bouche,
et ce dégoût de vivre et cette lassitude
et cet abattement.

Mais au dedans de moi, cette fumée pesante,
ne vient-elle pas Seigneur
du feu que votre souffle a ranimé ?
Sont-ce mes détritus et mes mauvaises herbes,
et toute ma vermine,
Seigneur qui se consument ?
Déjà, Votre Soleil entre dans ma cellule
et Votre Sainte Joie illumine ma face,
plus de rictus, plus de grimaces.

Voici que chante en moi la gaieté franciscaine
et le rire qui est aussi une vertu.
Pardonnez-moi, Seigneur.
Pardonnez-moi, Seigneur,
d'avoir médit, douté, gémi, pleuré, baillé,
d'avoir haï l'immense allégresse de vivre
et d'avoir hébergé la Fille de Satan (*),

O Joie, en ta demeure.

(*) : la tristesse




O Mère Bien Aimée, vous qui connaissez si bien les voies de la sainteté et de l'amour, apprenez-nous à élever souvent notre esprit et notre cœur vers la Trinité, à fixer sur Elle notre respectueuse et affectueuse attention. Et puisque vous cheminez avec nous sur le chemin de la vie éternelle, ne demeurez pas étrangère aux faibles pèlerins que votre charité veut bien recueillir ; tournez vers nous vos regards miséricordieux, attirez-nous dans vos clartés, inondez-nous de vos douceurs, emportez-nous dans la lumière et dans l'amour ; emportez-nous toujours plus loin et très haut dans les splendeurs des cieux.
Que rien ne puisse jamais troubler notre paix, ni nous faire sortir de la pensée de Dieu, mais que chaque minute nous emporte plus avant dans les profondeurs de l'auguste mystère, jusqu'au jour où notre âme pleinement épanouie aux illuminations de l'union divine, verra toutes choses dans l'éternel Amour et dans l'Unité. Ainsi soit-il.

Marthe Robin




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