Mois de Marie
d’après Bossuet
Cinquième Jour La Messe en l’honneur de Marie Dans un pensionnat des « Frères de Marie » appelés aussi « Marianistes », un enfant allait mourir d’une fièvre typhoïde. Appelée en toute hâte, sa pauvre mère ne quittait point son chevet. On administra sur le soir de son arrivée les derniers sacrements au malade, lequel tomba, aussitôt après, dans un état d’immobilité complète et d’apparente insensibilité. – « C’est la fin », murmura le docteur. Résolution. – Prier Jésus au nom des souffrances de sa Mère. Pratique du jour « Je ne m’étonne pas si Dieu paraît si fort éloigné des hommes (1), et s’il retire de nous ses miséricordes. Ah ! c’est que l’humilité est bannie du monde. Car si nous étions humbles, aimerions-nous tant les honneurs du siècle, que Jésus a tellement méprisés ? Si nous étions vraiment humbles, ne souffririons-nous pas les injures avec patience ? et nous y sommes si délicats ! Et si nous étions vraiment humbles, voudrions-nous rabaisser les autres pour bâtir sur leur ruine notre propre estime ? et pourquoi donc tant de médisances ? Et si nous étions vraiment humbles, ne craindrions-nous pas les rencontres dans lesquelles nous savons assez, par une expérience funeste, que notre intégrité fait toujours naufrage ? et nous allons aux occasions de péché, nous nous jetons au milieu des périls comme si nous étions impeccables. Combien notre orgueil est grand ! Il a fallu pour le guérir l’humilité d’un Dieu, et encore l’humilité d’un Dieu ne peut nous apprendre l’humilité ! » (1) : Bossuet, Œuvres orat., t. II, p. 14. Prière Seigneur, ayez pitié de notre orgueil. Profondément enraciné dans nos âmes, cet orgueil est si grand et si fort, qu’il y résiste au spectacle même du Verbe s’incarnant pour nous sauver. « Néant superbe, que faudra-t-il donc pour me rabaisser, si un Dieu anéanti n’y suffit pas ? Ce Dieu n’a rien au-dessus de lui, et il se donne un Maître, en se faisant homme ; et moi, resserré de toutes parts dans les chaînes de ma dépendance, » je ne puis ni m’humilier, ni obéir ! |