Poésies d’inspiration chrétienne
La croix de l’école
L’étude est commencée et la prière est dite ; Ils sont là sur deux rangs, tout le monde a sa place, Tout à coup des pas lourds piétinent à la porte ; La maîtresse effrayée essaie une parole… A l’œuvre !… » – Un forgeron armé d’une tenaille Le Christ tomba. « Pitié, Seigneur ! » dit la maîtresse. La cohorte sortit ; bientôt, pour leur salaire, Tous les yeux attachés à la muraille nue « Nous ne le verrons plus sur la muraille blanche ; Gardons-le dans nos cœurs, et gardons sa parole ! Victor Delaporte, S.J. Récits et légendes, Paris, Oudin, 1886 |
A propos des mesures anticléricales prises au Canada par le parti républicain à partir de 1879, cf. notre dossier sur le Sacré-Cœur de Jésus, annexe 5. Rappelons pour mémoire que c’est le 28 mai 1882 que fut votée la loi définissant la laïcité de l’école, et que les crucifix furent retirés des murs des écoles publiques. Paul Bert, ministre de l’Instruction publique, avait déclaré en juillet 1881 : « L’école symbolise la science, reine des temps modernes ; l’Eglise symbolise la foi, reine des temps obscurs et passés. Et le curé c’est l’homme de foi contre l’homme de science… Abandonnons donc cette pauvre école qui s’étiole à l’ombre de l’Eglise, et tournons-nous vers l’école de l’avenir, l’Eglise libre et ensoleillée ». Il écrira de nouveau en 1883 : « La religion qu’il s’agit de combattre, la seule, est celle qui inscrit au registre de ses baptêmes les quatre-vingt-dix-sept centièmes des enfants de ce pays… » |