Nouvel Age
Risques et dangers
C’est le baron von Hund, fondateur de la Stricte Observance Templière, qui invente en 1756 les Supérieurs Inconnus : ce sont des sages tout-puissants auxquels sa société est censée obéir. Cette notion de hiérarchie occulte va dès lors se propager rapidement, offrant à toutes les doctrines personnelles une légitimité « supérieure » et une portée universelle. On les retrouve ainsi à la fondation de la Société de Théosophie aux USA en 1875, Société fondée nous l’avons vu par Helena Petrovna Blavatsky (1831-1891) et le colonel Henry Steel Olcott (1832-1907). Dans son premier ouvrage (« Isis dévoilée« ), H.P. Blavatsky fait état de communications transmises par des êtres mystérieux, gardiens des vérités oubliées, ces fameux Supérieurs Inconnus. Dans son deuxième ouvrage (« La Doctrine Secrète« ), emprunté cette fois aux littératures hindouistes et bouddhiques, les Supérieurs Inconnus sont remplacés par les Maîtres Invisibles, vivant dans un sanctuaire sacré de l’Himalaya : le royaume de Shamballa (Il s’agit en fait dans la tradition bouddhiste de la terre mystérieuse des Bouddhas). Ce royaume de Shamballa sera exploré et détaillé par Alice Bailey (1880-1949). Très marquée par la théorie des Maîtres Invisibles, elle affirme être en contact avec l’un d’entre eux, Djawahl Khul, qui lui dictera par télépathie pas moins de 18 ouvrages, qui font toujours référence dans de nombreux groupes New-Age. Elle écrit en septembre 1939 ces lignes pour le moins inquiétantes (La situation générale sur terre, in « L’Extériorisation de la Hiérarchie« ) : « La force de Shamballa est active chez tous, car elle produit la fédération et la synthèse (…). Les hommes qui inspirèrent et commencèrent la révolution canadienne ; le grand conquérant, Napoléon ; Bismarck, le créateur d’une nation ; Mussolini, qui a régénéré son peuple ; Hitler, qui a porté sur ses épaules un peuple en détresse ; Lénine, l’idéaliste ; Staline et Franco, sont tous des expressions de la force de Shamballa et de certaines énergies peu comprises. Ils ont opéré des changements significatifs à leur époque et pour leur génération, ils ont modifié la face de l’Europe et, par contrecoup, affecté l’Asie ainsi que les attitudes conditionnant la vie et la ligne de conduite politique de l’Amérique. » Elle se trouvera bien obligée de changer radicalement d’avis moins d’un an plus tard… Louis Jacoliot (1806-1890), contemporain de Blavatsky, parle semble-t-il le premier du palais secret des Brahmâtmâ, chef suprême de tous les initiés : l’Agarttha (traduction d’un terme du bouddhisme : mahayânâ). Saint-Yves d’Alveydre (1842-1909) reprend cette idée et dévoile à son tour dans un ouvrage publié après sa mort (en 1910 : « Mission de l’Inde en Europe » – le titre est tout un programme !) l’existence d’une cité souterraine appelée l’Agarttha, siège du « Souverain Pontife », « support des âmes dans l’Esprit de Dieu ». Il est évident qu’excepté les plus hauts initiés, personne n’a jamais vu face à face le Souverain Pontife de l’Agarttha… « Pourtant, dans certaines cérémonies bien connues, à Jaggernat, par exemple, il apparaît aux yeux de tous dans Ses splendides vêtements. Monté sur son éléphant blanc, il ruisselle, depuis sa tiare jusqu’à Ses pieds, d’une lumière éblouissante qui aveugle tout regard, dans les scintillements semblables qui L’entourent. Mais il est impossible de distinguer Ses traits parmi ceux des autres pontifes, car une frange de diamants réfléchissant tous les feux du Soleil voile Son visage d’un flamboiement. » L’Agarttha, ce lieu aussi sacré que secret est « indépendant, synarchiquement organisé et composé d’une population s’élevant à un chiffre près de vingt millions d’âmes. (…) Autour du territoire sacré et de sa populations si considérable déjà, s’étend une confédération synarque de peuple, dont le total s’élève à plus de quarante millions d’âmes. (…) L’Agarttha tout entière est une image fidèle du Verbe éternel à travers toute la Création. (…) Les bibliothèques qui renferment le véritable corps de tous les arts et de toutes les sciences antiques depuis cinq cent cinquante-six siècles, sont inaccessibles à tout regard profane et à tout attentat. (…) Seul, le Souverain Pontife de l’Agarttha avec ses principaux assesseurs, (…) rassemble tout entier dans sa totale connaissance, dans sa suprême initiation, le caractère sacré de cette bibliothèque planétaire.« « Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux. » (Mat 5, 3) L’information est reprise par Ferdinand Ossendowski (1876-1944) dans son livre « Bêtes, Hommes et Dieux« , publié en 1924. On y découvre de nouvelles descriptions : « La capitale d’Agharti est entourée de villes où habitent des grands prêtres et des savants. Elle rappelle Lhassa où le palais de Dalaï-Lama, le Potala, se trouve au sommet d’une montagne recouverte de temples et de monastères. Le trône du Roi du Monde est entouré de deux millions de dieux incarnés. Ce sont les saints panditas. Le palais lui-même est entouré des palais des Goiros qui possèdent toutes les forces visibles et invisibles de la terre, de l’enfer et du ciel et qui peuvent tout faire pour la vie et la mort des hommes. Si notre folle humanité ne met pas un terme à ses guerres, ils sont capables de transformer la surface de la Terre en un vaste désert. Ils peuvent assécher une mer, faire d’un continent un océan, réduire une montagne à sa plus simple expression. Un mot, un signe, un commandement, et les arbres, les herbes, les buissons se mettent à pousser, des hommes vieux et faibles redeviennent jeunes et vigoureux, les morts ressuscitent. Dans d’étranges véhicules, inconnus de nous, ils franchissent à des vitesses incroyables les tunnels souterrains qui séparent une ville d’une autre. (…) Il n’est pas juste que le bouddhisme et notre religion jaune le cachent. La reconnaissance de l’existence du plus saint et du plus puissant des hommes, du royaume bienheureux, du grand temple de la science sacrée est une telle consolation pour nos cœurs de pécheurs et nos vies corrompues que le cacher à l’humanité serait un péché.« « Où étais-tu quand je fondai la terre ? « Ne le sais-tu pas ? Ne l’as-tu pas entendu dire ? « Le Seigneur seul sera proclamé juste. René Guénon (1886-1951) reprendra à son tour cette thèse, après avoir rencontré à plusieurs reprises Ossendowski, thèse qu’il développera en 1927 dans un ouvrage ayant précisément pour titre « Le Roi du monde« . Ce Roi est doté d’un pouvoir tout à la fois sacerdotal et royal : « Le « Roi du Monde » doit avoir une fonction essentiellement ordonnatrice et régulatrice (…) fonction pouvant se résumer dans un mot comme celui d' »équilibre » ou d' »harmonie », ce que rend précisément en sanscrit le terme Dharma : ce que nous entendons par là, c’est le reflet, dans le monde manifesté, de l’immutabilité du Principe suprême. » Pour faire le lien avec les traditions issues des textes bibliques, René Guénon ajoute : « Le nom de Melchissédec, ou plus exactement Melki-Tsedeq, n’est pas autre chose que le nom sous lequel la fonction même du « Roi du Monde » se trouve expressément désignée dans la tradition judéo-chrétienne. » Mais ne nous y trompons pas, Melchisédech n’est que de seconde importance, parce que rattaché à une tradition secondaire, et non à la Tradition primordiale : « Le titre de « Roi du monde », pris dans son acception la plus élevée, la plus complète et en même temps la plus rigoureuse, s’applique proprement à Manu, le Législateur primordial et universel.« Celui-ci règne sur la Tradition primordiale pendant toute la durée de ses différents cycles. Pour René Guénon, le Roi du Monde est donc essentiellement un principe : « L’Intelligence cosmique qui réfléchit la Lumière spirituelle pure et formule la Loi propre aux conditions de notre monde ou de notre cycle d’existence »… « « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? » Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d’eux et dit : « En vérité je vous le dis, si vous ne retournez pas à l’état des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux. Qui donc se fait petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. ». » (Mat 18, 1-4) Nicolas Roerich (1874-1947) mène à son tour une longue expédition en Asie Centrale en 1928. Il séjourne alors plusieurs mois dans la chaîne de l’Himalaya, et part un jour tout seul sur un poney à la recherche d’un point du Tibet du Nord où il pense découvrir tout à la fois l’entrée de l’Agarttha et le Royaume de Shamballa. Quand il reparaît plusieurs jours plus tard, les Ladakhis de son escorte se prosternent à ses pieds, pensant que seul un dieu pouvait revenir vivant de l’endroit où il s’est rendu… Voir à ce sujet le site internet « Les Portes de l’Ere Nouvelle » (http://erenouvelle.free.fr/index.php3?page=DOSSAGARROER). Roerich relate son voyage dans un livre (« Shamballa« ). Il aurait ainsi déclaré à son retour : « Les étoiles manifestent une évolution nouvelle. A nouveau, le Feu Cosmique se rapproche de la Terre. A nouveau, l’humanité sera soumise à l’épreuve. Mais comme la Lumière dévore l’obscurité, ainsi les œuvres du Malin seront consumées et détruites. Et le Maître Radieux de la Nouvelle Ere manifestera à tous Sa splendeur. » Daniel Meurois et Anne Givaudan, qui pratiquent la technique du « voyage astral », proposent également une exploration de Shamballa dans Le Voyage à « Shambhalla » (notez le « h » supplémentaire, sans doute pour un surcroît de mystère), « pour ceux qui s’intéressent au travail effectué par les Maîtres de Sagesse qui oeuvrent au bon déroulement de la libre circulation des énergies divines sur notre planète, et qui tâchent de guider l’humanité vers un retour à la Source.« Tout un programme… Les livres sur ce sujet ne manquent d’ailleurs pas, c’est ce que l’on appelle un titre « porteur » : « Shambhala, Oasis de Lumière d’Andrew Tomas » (Ed. Le Hierarch, Ed. Robert Laffont – coll. « Les Enigmes de l’Univers », 1976, et Ed. A. Brêthe). Au sommaire : description de rencontres avec des Maîtres ascensionnés et avec des adeptes en Orient, visite à une âme désincarnée dans l’Au-delà accompagné de Jésus (décors imaginaires et réalité), activités spéciales sur le plan physique de la Terre, etc. On y apprend par exemple que : « Les archives du Vatican renferment un nombre considérable de rapports précis de missionnaires catholiques des derniers cent cinquante ans sur les mystérieuses députations qu’envoyaient les empereurs de Chine aux Esprits des Montagnes. Ces êtres résidant dans le Nan Chan ou Monts Kun-Lun, étaient habituellement décrits revêtus de corps solides visibles qui, cependant, n’avaient ni chair ni sang. Etait-ce des surhommes dans une enveloppe humaine artificiellement obtenue d’une matière atomique cristallisée, les soi-disant dieux nés de l’esprit ? Les écrits indiens parlent du pouvoir dont jouissaient les corps divins de devenir plus lourds et plus denses, plus légers et plus éthérés. » « Le Soleil de Shamballa et l’Ecole de Vie Divine du Maître de Saint-Jean » d’Olivier Martin. Au sommaire : le Maître de Shamballa, la hiérarchie du Christ, l’instructeur du monde, l’initiation essénienne et le Saint-Graal, l’école de Melchisédek et la tradition cosmique, la fraternité cathare, le Maitreya bouddha, le renouvellement de l’âme du monde, le chemin vers Shamballa, les sept degrés vers l’illumination, la science des Trismégistes, etc.. « Pour ceux qui veulent vivre dans la lumière et communiquer avec le rayonnement de Shamballa, toutes les méthodes sont données dans ce livre. La plus haute initiation solaire y est décrite et l’enseignement du centre initiatique qui guide les initiés de la planète y est transmis. » « La Fraternité de Shamballa » de Jan Van Rijckenborgh et Catharose de Petri (Ed. Rose+Croix d’Or, Ed. Septenaire). « Comment ouvrir les sept passages secrets vers Shamballa ? Ni exercice, ni voyage astral, ni technique occulte ne pourront jamais faire découvrir ces passages qui mènent, dans le cerveau humain, vers la merveilleuse pinéale, le siège de la conscience universelle. Pénétrer dans Shamballa, c’est réorienter totalement le mystérieux sanctuaire de la tête vers le Grand But, la véritable royauté de l’homme, pour rétablir, à l’aide de la septuple lumière qui provient du cœur, la liaison avec les sept aspects de la «Terre Sainte», son domaine de vie originel. » « Disciple et Shamballa » de Raymund Andrea (Diffusions Rosicruciennes*). « Shamballa est un centre d’énergies suprahumaines. C’est aussi le lieu d’où émane l’orientation et l’évolution de l’humanité. Un ouvrage authentique qui aidera le disciple déjà avancé sur le Sentier à se préparer à participer à l’œuvre de Shamballa. Cet ouvrage est aussi une source de réflexion sur l’importance de la volonté spirituelle dans la quête initiatique. » « Shamballa » de Jean-Claude Genel (Ed. des 3 Monts, Ed. Telesma). Au sommaire : La trame divine de l’histoire humaine – Connais-toi toi-même – Et tu connaîtras les Shamballas de l’Univers – De Jésus au Christ, les Initiations de l’Humanité… « L’auteur nous offre ici une réflexion d’une rare qualité sur ce que représente Shamballa. Il pose les questions essentielles qui nous permettent de saisir l’aspect spirituel de l’histoire humaine – de Moïse à Bouddha, de Jésus à Maitreya. Les temps troublés que nous traversons semblent nous inviter à enfin concrétiser notre réalité mystique dans le quotidien. Ce livre serait-il le mode d’emploi pour y parvenir ? Peu d’ouvrages ont parlé avec tant de justesse et d’originalité de Shamballa. » Citons encore : Rien de plus « in » désormais que de proposer par exemple des stages de « Thérapie Multidimensionnelle Shamballa ». Ne riez pas, ça existe : c’est ce que vous apprendrez sur le site du « Shamballa Multidimensionnel de Saint Germain » (http://conscience.33.free.fr/shamballa.htm), où l’on vous dit tout de l’initiation aux « 4 niveaux de la Maîtrise en Reiki de Shamballa », les Maîtres de Sagesse et « l’immortel » comte de Saint Germain ayant « demandé à Hari Das Melchizedek de réintroduire le Reiki originel de Shamballa ». Ils souhaitaient, ces bons Maîtres, « offrir, au travers des initiations à Shamballa, une ouverture simple et profonde à l’Energie »… Bien joué, c’est aussi une ouverture simple et profonde du porte-feuille des pauvres âmes qui ne manqueront pas de répondre à l’appel… Mais pourquoi y répondre vous demandez-vous ? Parce qu’ainsi, « vous pourrez vous reconnecter avec Votre Soi, avec Votre Réalité Supérieure et travailler à tous les niveaux de votre Etre pour les intégrer sur ce plan, dans la vie de tous les jours. Bien au-delà d’une technique, Shamballa est une Conscience pour vous inviter à redécouvrir le Maître que vous êtes.« Et le tour est joué, nous sommes de retour à la base de la philosophie New-Age : vous êtes un Maître en puissance, vous n’avez donc plus besoin de Dieu…. Aujourd’hui, de nombreux messages délivrés sur internet s’appuient sur les écrits de H.P. Blavatski et de René Guénon. Parmi ceux-ci, notons les messages « transmis » par El Morya, ce membre de la Grande Fraternité Blanche dont nous avons déjà parlé. Voir par exemple les pages internet suivantes : El Morya 1 (http://spiritoile.com/canalisations/christophe/elmorya1.html), El Morya 2 (http://spiritoile.com/canalisations/christophe/elmorya2.html), El Morya 3 (http://net.addr.com/eveil/messagemorya.htm), El Morya 4 (http://french.tsl.org/enseignements/maitres/el_morya/elmokhanf.html)… Dans la hiérarchie de cette organisation, El Morya est le « Seigneur (Chohan) du Premier Rayon de la Volonté de Dieu » et « Chef du Conseil de Darjeeling ». Successivement Abraham, Melchior (l’un des trois mages), le roi Arthur, Thomas Becket, Thomas More, Akbar (empereur mongol), Thomas Moore (le poète irlandais), et enfin El Morya Khan au gré de ses « réincarnations », El Morya a été à l’origine de la fondation de la Société Théosophique. Avec un tel patronage, on comprend mieux la personnalité de H.P. Blavatsky… Il transmis à sa « messagère » Elizabeth Clare Prophet les enseignements du « Christ Universel » pour l’Ere du Verseau, que celle-ci consigna dans un livre qui a pour titre « Le Chela et le Sentier« . Au sujet de Shamballa, El Morya nous apprend donc que le Roi du Monde incarne l’énergie de Shamballa : il serait l’Etre le plus puissant de la Terre, car « tout en résidant dans l’Agarttha, au centre de notre planète, il vit et respire en même temps dans le Cœur du Soleil. » C’est lui qui, à la fin du Kali Yuga, doit ouvrir à l’humanité le grand Livre de la Connaissance, qui contient toutes les archives de notre passé aussi bien que de notre futur. Il contrôle cette substance que les Initiés nomment « l’énergie du Ka » et qui provient de notre Soleil central, siège de l’Intelligence multidimensionnelle, et il en assure la redistribution à l’humanité… Tout un programme ! A côté des Maîtres Ascensionnés de la Fraternité Blanche Universelle, on trouve les Frères de la Lumière, membres de la Grande Loge Blanche. Organisation concurrente ? C’est en tous cas une organisation parfaitement structurée, comme nous l’apprend cette page du site « Magie et Evolution Divines » (http://www.urgaya.net/) : « Les Frères de la Lumière constituent une Organisation Mystique à laquelle adhèrent les plus Grands Initiés de notre Système Planétaire. Ils forment une Société comportant des grades hiérarchiques correspondant chacun au degré de perfection de ses Membres. A leur tête se trouve le Premier Initié qui a rang de Mahatma. Celui-ci représente l’Ordre Divin et est Gardien de tous les mystères. Il est appelé, dans la Hiérarchie, « Urgaya », l’Homme sage de la Montagne ou encore le « Vieux Maître ». Il a été le premier Initié depuis l’origine des temps mais il ne s’incarne que très rarement… Douze Adeptes sont subordonnés au Vieux Maître. Ils ont atteint la perfection spirituelle la plus élevée et se chargent également des tâches les plus difficiles… Urgaya et les Douze Adeptes forment « le Conseil de l’Ancien » et se rencontrent régulièrement, à certaines périodes ou lorsque d’importantes décisions concernant l’Humanité doivent être prises. Ces Douze Adeptes contrôlent Soixante Douze Sages ou « Illuminés » auxquels sont subordonnés Trois Cent Soixante Maîtres… Le siège de la Grande Loge Blanche n’est pas visible aux yeux humains ; son siège est sur un plan subtil donc invisible pour nous. » Que l’on me pardonne, mais il faut tout de même avoir une sérieuse dose de naïveté pour prendre au sérieux une telle description… Est-elle là pour rassurer les futurs adeptes, sur ce mouvement qui paraît bien flou au premier abord ? Cette hiérarchisation des « Supérieurs » est-elle destinée à accréditer le sérieux des affirmations présentes sur ce site ? Il est vrai que depuis la trilogie de la « Guerre des Etoiles », tout cela doit sembler presque banal… Le site « Messages des Etres de Lumières » (http://perso.wanadoo.fr/ciel-a-la-terre/index0.html) ouvre largement ses pages à ces « Hiérarchies Supérieures », quoique – comme nous l’explique un « Messager » sur ce site, ce terme ne soit pas approprié : « Hiérarchies Supérieures n’est qu’un terme que notre canal emploie pour faciliter certaines compréhensions. Nous n’avons pas voulu encombrer vos esprits avec les plans (comme d’autres êtres sur terre vous l’ont enseigné) ; cela n’a aucune importance pour le travail que nous attendons de vous et pour le message que nous voulons faire passer. Lorsque nous parlons de Hiérarchies Supérieures, c’est simplement dans le sens de vos frères supérieurs, mais supérieurs en évolution, supérieurs en Amour, en conscience. » L’un de ces « Messagers » rappelle par exemple l’une de leur fonction : « Nous habitons le vrai royaume de ce monde. Nous sommes la réalité de ce monde, nous n’avons pas besoin de parler comme vous car nos esprits sont suffisamment purs pour pouvoir communiquer les uns avec les autres. C’est cela que vous devrez apprendre à faire demain : à purifier suffisamment vos pensées afin que vous puissiez communiquer autrement que par la parole.« Et tant pis pour les opérateurs téléphoniques ! « « Ma grâce te suffit : car la puissance se déploie dans la faiblesse. » C’est donc de grand cœur que je me glorifierai surtout de mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ… Car lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. » (2 Co 12, 9-10) Citons également le « Site de l’Elite de la Nouvelle Ere » (http://medecinenewage.ifrance.com/medecinenewage/actualites1.htm) où l’on peut lire les lignes suivantes : Sur le site « Emeraude » (http://www.chez.com/emeraude2/), déjà cité, on nous explique que « Un Maître Ascensionné est une âme incarnée qui, à la suite de nombreuses incarnations, a réussie à se connecter à sa Divinité et à redevenir souveraine. En réalisant son Ascension, l’âme se sort du cycle des réincarnations sur ce plan de la troisième dimension, pour poursuivre son évolution en des niveaux de compréhension beaucoup plus élevés : exemple : Le Christ, Bouddha, Confucius, les Saints, les Prophètes etc.. Aujourd’hui en ce moment crucial pour l’humanité, il est possible de réaliser l’Ascension pour tout être qui part à la découverte de son Soi-Supérieur. » Ce site présente même des illustrations de ces « Maîtres Ascensionnés », réalisées par des artistes médiums…On y retrouve donc Jésus (que de nombreux « Travailleurs de la Lumière » appellent par son nom énergétique : « Sananda« , ou « Jésus-Sananda« , puisque Jésus n’était que le nom de l’une de ses incarnations terrestres…), et Marie (« Maître Ascensionné relié au Temple de la Résurrection au royaume éthérique d’Israël/Palestine »), ces deux références indispensables au christianisme, mais aussi l’incontournable comte de Saint Germain (« Maître Ascensionné relié au Temple de la Liberté en Transylvannie »), le Gautama-Bouddha (« Maître Ascensionné relié au Temple de la Hiérarchie Spirituelle, Shambala, royaume éthérique situé dans le désert de Gobi »), Confucius, El Morya (présenté ici comme le « Maître Ascensionné relié au Temple de la Volonté de Dieu, à Darjeeling en Inde »), etc.. Du syncrétisme à l’attaque en règle des fondements même de la religion chrétienne, les recettes restent toujours les mêmes… Ces absurdités aussi prétentieuses que puériles pourrait prêter à sourire, si elles ne rencontraient pas un succès phénoménal auprès d’une population avide de connaissance, de pouvoir, et de cette « liberté d’être » qui lui est toujours promise… « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libèrera. » (Jean 8, 31-31) |