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Hénoch, ou Hanock, est la transcription d'un même nom, ainsi traditionnellement vocalisé en grec et en hébreu, et dont le sens serait "Inauguration". Deux personnages sans grand renom sont dits le plus souvent Hanok ou Hanock. L'un est présenté comme un fils de Madiân, donc comme petit-fils d'Abraham et de Qetoura (1). L'autre comme premier-né de Ruben, lui-même premier-né de Jacob-Israël (2); il est l'éponyme du clan rubénite des Hanokites (3). La forme Hénoch est généralement réservée à la désignation d'un patriarche antédiluvien, et bien autrement célèbre. La tradition yahviste de la Genèse fait de lui un "fils de Caïn", et le fondateur d'une ville a qui fut donné son nom (4); tandis que la tradition sacerdotale recueillie dans le même livre, et retenue dans les Chroniques, l'inscrit dans la descendance de Seth par Enoch ou Enos, et ledit fils de Yered et père de Mathusalem (5); ce qui lui vaut de figurer dans la généalogie du Christ selon Luc. Si un tel Hénoch échappe bien-sûr à l'histoire, il y projette pourtant la gloire rayonnée par l'exceptionnel destin que lui reconnaît le texte biblique : après qu'il eut longuement vécu de manière aussi parfaite qu'il est humainement possible - ce dont rend compte l'auteur sacré en lui accordant "365 ans" d'existence sur terre et en relevant qu'il y "marcha avec Dieu" -, "il disparut, car Dieu l'avait enlevé (7)". Cet "enlèvement", manifestement tenu pour différent de celui qu'implique la mort de tout homme ordinaire, trouvera une réplique plus imagée dans le récit de la disparition d'Elie "enlevé par Yahvé (8)" au terme de son ministère terrestre. Autant que le prophète, le patriarche de la plus antique tradition reste dans tous les âges le héros du mystère dont la révélation est ainsi suggérée : le juste, récompensé par l'exemption des affres de la mort, est admis, bien en vie par élection divine, à contempler les réalités célestes. Aux derniers siècles de l'ère ancienne encore, l'Ecclésiastique célèbre l'exemple d'Hénoch (9), et dans le Nouveau Testament l'épître aux Hébreux en tire leçon (10). Entre temps toute une littérature à dominante apocalyptique avait été attribuée à cet Hénoch tenu pour témoin vivant des secrets éternels. L'épître de Jude en cite un passage (11) dont la teneur est à elle seule le bref "chapitre 2", dans la version éthiopienne (12), d'un de ces ouvrages apocryphes plus précisément dit Livre d'Hénoch. (1) : Gn 25,4 , cf 1-2 ; 1 Ch 1,33 (2) : Gn 46,9 ; Ex 6,14 ; 1 Ch 5,3 etc. (3) : Nb 26,5 (4) : Gn 4,17 (5) : Gn 5,6-21 ; 1 Ch 1,1-3 (6) : Luc 3,37 (7) : Gn 5,23-24 (8) : 2 Rs 2,3 et 5 , cf 9-11 (9) : Ecq 44,16 et 49,14 ou 16 selon les versions (10) : He 11,5 (11) : Jde 4 (12) : En d'autres : verset 9 du chapitre 1 André-Marie Gérard, Dictionnaire de la Bible, Paris, Robert Laffont, Coll. Bouquins, 1989 |