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Les Cantiques ci-dessous sont extraits du "Recueil de Cantiques à l'usage des élèves du Sacré-Cœur de Jésus" (Lyon, J.-B. Pélagaud et Cie, 1851). Gloire et Bonheur des Anges O vous qui contemplez l'Eternel sur son trône ! Sublimes Chérubins, Séraphins glorieux, Purs Esprits que l'éclat de la gloire environne, J'honore vos grandeurs, je vous offre mes vœux. Publiez qu'il est saint, qu'il est grand, qu'il est sage Célébrez ses bienfaits en tout temps, en tous lieux ; Et présentez pour nous le plus parfait hommage A ce Dieu tout-puissant qui règne dans les cieux. Que ne puis-je imiter votre reconnaissance ! Que ne puis-je éprouver l'ardeur de votre amour ! Que ne puis-je égaler la prompte obéissance Que vous rendez à Dieu au céleste séjour ! Inspirez-nous l'horreur et la fuite des vices, Obtenez à nos vœux un favorable accès ; Secondez nos efforts, et soyez-nous propices : Nous mettons en vos mains nos travaux, nos succès. Ah ! nous vous en prions, soyez notre lumière, Faites-nous éviter les pièges de l'erreur, Et soutenez nos pas dans la sainte carrière Qui doit se terminer à l'éternel bonheur. Aux Saints Anges Que vers les cieux s'élèvent nos cantiques Pour célébrer les neuf chœurs immortels, Quand, avec vous, ces Vertus angéliques, Le front dans la poussière, entourent nos autels. Elu de Dieu, Archange plein de gloire, Qui combattis les combats du Seigneur, Etends ta main, donne-nous la victoire Contre un monde pervers et l'ange séducteur. O Raphaël, aimable et tendre guide ! Marche avec nous, soutiens nos pas tremblants ; Des passions que le voile perfide Abandonne des yeux obscurcis trop longtemps. Ange de grâce, envoyé par Marie, Nous unissons nos accents à ta voix Pour répéter à la Vierge bénie : Oui, nous vous saluons, Mère du Roi des rois ! Anges de Dieu, nos protecteurs fidèles, De vos enfants agréez l'humble amour ; Et puissions-nous, sous l'ombre de vos ailes, Nous mêler à vos chœurs au céleste séjour ! A l'Ange gardien (1) Ange gardien, je vous salue ; Je vous crois présent en ce lieu : Ne souffrez pas qu'à votre vue J'ose jamais offenser Dieu. Je vous honore et vous révère Comme un prince du paradis, En qui je trouve un tendre père Et le plus tendre des amis. Jour et nuit vous veillez sans cesse A garder mon âme et mon corps ; Quand la tentation me presse, Vous redoublez tous vos efforts. De combien d'accidents funestes Ne m'avez-vous pas préservé ? Sans toutes ces faveurs célestes, Ne serais-je pas réprouvé ? Assistez-moi de vos prières, Mon bon Ange, éclairez mes pas ; Soulagez-moi dans mes misères, Soutenez-moi dans mes combats ; A l'Ange gardien (2) Dans le désert de la vie, L'ancien, le cruel serpent, Plein de fureur et d'envie, Me poursuis à tout instant : Mais l'Ange de la lumière, Député du Dieu d'amour, A mes côtés sur la terre, Veille sur moi nuit et jour. Dès l'instant de ma naissance Mon Dieu m'a remis à lui ; Mon soutien dans mon enfance, Il l'est encore aujourd'hui : La nuit je dors sous son aile, Le jour il guide mes pas ; La vive ardeur de son zèle Me suivra jusqu'au trépas. Resserré dans les entraves Du plus cruel des tyrans, Au nombre de ses esclaves Je souffrais depuis longtemps : Mais au cri de ma misère, Mon Ange a fondu sur lui ; Le monstre a vu la lumière, Et soudain il s'est enfui. Délivré de sa malice, Je vis libre et sans effroi ; Ami tendre, Ange propice, Je veux me donner à toi. Le noir esprit fut mon maître, Deviens-le donc à ton tour ; Après mon Dieu, tu dois l'être Dès l'instant et sans retour. Du dragon pendant ma vie Rends vain l'immortel courroux, Et dans ma triste agonie Défends-moi contre ses coups : C'est dans cet affreux passage Que redouble sa fureur ; Sois mon espoir, mon courage, Ma défense et mon vainqueur. Toi qui, depuis mon baptême, Es ma force en mes combats, Au jour du péril extrême Soutiens-moi jusqu'au trépas : Qu'à ma dernière parole, Au doux nom de mon Jésus, Mon âme avec toi s'envole Au beau séjour des élus. A l'Ange gardien (3) O toi, guide secret de ma course mortelle, Invisible témoin de mes iniquités ! Comment es-tu toujours si constant, si fidèle, Malgré mes infidélités ? Au déplorable aspect d'une âme corrompue, Pourquoi n'as-tu pas fui plein de honte et d'effroi ? Tu pleurais mes péchés en détournant la vue ? Mais tu restais auprès de moi. Ta bonté m'a vaincu ; pour prix de ta victoire, Tu dois un jour au ciel voir ma félicité, Et mon bonheur sera ton triomphe et ta gloire Pendant toute une éternité. Mais il faut, je le sais, remplir toute justice ; Quand le crime est commis, il faut que, sans milieu, Ou de ses propres mains le pécheur se punisse, Ou qu'il soit puni de son Dieu. Oui, c'est de tout mon cœur que je veux, ô saint Ange ! De la peine ici-bas subir le triste sort ; Et si Dieu, de mes mains, consent que je le venge, Qu'il m'épargne au moins à la mort. Divin Ange de paix, prête-moi la tristesse Dont te navraient jadis mes honteuses erreurs ; Hélas ! pour expier mon indigne allégresse J'aurai besoin de tous tes pleurs. A l'Ange gardien (4) Dès que la naissante aurore A mes regards fait éclore Les premiers rayons du jour, Ange puissant qui me guides, Eclaire mes pas timides Dans ce ténébreux séjour. C'est en tes soins que j'espère ; Offre à mon Juge, à mon Père Mes désirs et mes regrets ; Daigne implorer sa clémence Et suspendre sa vengeance Prête à punir mes forfaits. Que mes malheurs t'intéressent ; Aux maux divers qui me pressent Oppose ton bras vainqueur : Si ma volonté chancelle, Que ta voix toujours fidèle Fixe le vœu de ton cœur. Je sens un poids qui m'accable ; Prête un secours favorable A mon esprit abattu : Loin du vice qui m'entraîne, Que ta bonté me ramène Sous le joug de la vertu. Le démon cherche à me nuire ; Le monde, pour me séduire, M'offre ses charmes pervers : Il tente mes sens rebelles ; Mais que craindre, sous tes ailes, Et du monde et des enfers ? Excite mon indolence, Ranime ma vigilance Dans la carrière où je cours ; Que, dans sa courte durée, Je songe à l'heure ignorée Qui doit terminer mes jours. Que, par ton bras invincible, Vainqueur d'un combat terrible, Je triomphe après ma mort ; Qu'au ciel mon âme ravie, Dans une immortelle vie, Partage ton heureux sort. A l'Ange gardien (5) O vous qui, nuit et jour, Céleste Intelligence, Dans ce mortel séjour, Veillez à ma défense, Qui portez mes soupirs, mes vœux Aux pieds du Monarque des cieux ! Ange de paix, par quel retour Paierai-je tant d'amour ? L'enfer veut me ravir A vos mains paternelles ; Mais je ne puis périr A l'ombre de vos ailes. Satan s'est armé contre moi, Mais peut-il m'inspirer l'effroi ? Soyez mon guide, mon soutien, Et je ne crains plus rien. Mais, ô combien de fois Mon cœur léger, volage, Fut sourd à votre voix, A votre doux langage ! Je repoussais un tendre ami, Pour suivre un cruel ennemi : Ah ! désormais, vous obéir Fera tout mon plaisir. Expirer dans les bras De Jésus, de Marie, O bienheureux trépas Qui nous donne la vie ! Dans ce moment, saint Protecteur, Vous pouvez tout pour mon bonheur ; Répétez-moi les noms chéris De la Mère et du Fils. A l'Ange gardien (6) O pure intelligence, Confident de mon Dieu, Chargé de ma défense En tout temps, en tout lieu ! Le zèle qui te presse Pour mon bien nuit et jour, Réveille ma tendresse Par un juste retour. Dans ce monde visible, Où je suis étranger, Mon cœur tendre est sensible Au don le plus léger ; Mais ton amour immense M'offre un trésor divin : Non, ma reconnaissance N'aura jamais de fin. Hélas ! combien d'alarmes, O saint Ange de paix, De soupirs et de larmes T'ont coûtés mes excès ! Si le céleste Père M'a remis mon péché ; De ma douleur amère Seras-tu moins touché ? Ta longue patience, Ton aimable douceur, Malgré ma résistance, Ont enchanté mon cœur : Je cède la victoire Dans ce jour décisif, Et ma plus douce gloire Est d'être ton captif. Dans ce désert aride, Où la foi me conduit, Ta lumière est mon guide Dans l'horreur de la nuit : A l'ombre de tes ailes, Pendant l'ardeur du jour, Conduis mes pas fidèles Au céleste séjour. O toi, de tous les Anges Le plus cher à mon cœur ! Prête-moi tes louanges Pour bénir mon Sauveur : Non, la reconnaissance N'a pas assez doux chants ; Aide mon impuissance Par tes tendres accents. |