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  Les premiers articles de la revue "L'Ange Gardien"

1904
N°10 - Février
N°12 - Avril
N°1 - Mai
N°2 - Juin
N°3 - Juillet
N°4 - Août
N°5 - Septembre
N°6 - Octobre
idem
L'Ange de la jeunesse
Saint Félix tiré de prison par un Ange
Victoire par les Anges
L'Ange de la pureté
Fruits d'une neuvaine aux Saints Anges
Préservé par son bon Ange
L'Ange de la souffrance
Le culte des Saints Anges
Saint François Régis et les Anges

Voir également : 1891 - 1892 - 1893 - 1894 - 1895 - 1896 - 1897 - 1898 - 1899 - 1900 - 1901 - 1902 - 1903


  L'Ange de la jeunesse

S'il est un âge où l'homme ait besoin d'un secours céleste, c'est bien celui de la jeunesse. Alors l'expérience n'est pas encore venue mettre au point la perspective des choses ; on se laisse facilement tromper par le mirage des rêves.
Comme un bouton de rose, l'adolescent s'est épanoui ; il est maintenant l'être resplendissant de force et de beauté, tel qu'il dut sortir des mains du Créateur au jardin de l'Eden ; il a toutes les ardeurs, toutes les audaces, toutes les espérances ; il anime de sa gaîté le foyer de la famille. Le père et la mère considèrent avec attendrissement ce beau jeune homme, cette rayonnante jeune fille, en qui ils se sentent fièrement revivre. Dans leur intime satisfaction, ils ne pensent pas que depuis son berceau, chaque pas de leur enfant les a poussés vers la tombe; ils semblent au contraire se rajeunir au contact de ses dix-huit, vingt ans. Le père, quand il offre son bras à la main de sa fille, oublie ses fatigues, ses soucis, il oublie les rides de son front, la neige de ses cheveux, il redresse sa taille déjà légèrement inclinée par le travail et les ans ; et la mère retrouve toutes les grâces, toute la coquetterie de sa jeunesse, quand elle s'appuie sur le bras de son fils. Gracieux tableau de la famille que l'Ange gardien a protégée de son aile, tu ravis les regards de Dieu, et les hommes te considèrent avec admiration !
Ces enfants ont grandi, fidèles aux inspirations de leurs Anges gardiens. Leur intelligence s'est développée pour le bien, elle s'est enrichie des connaissances de la vérité, et leur cœur palpite sous les plus nobles aspirations. La vertu s'épanouit sur leur front et le ciel sourit par leurs lèvres. La religion éclaire leur âme, et ses beautés la ravissent. Les bons exemples de la maison paternelle, les pieux enseignements de maîtres chrétiens ont indiqué le chemin à suivre. Mais cet âge de la jeunesse, que l'enfant désire et que le vieillard regrette, cet âge des grandes espérances, des belles illusions, est aussi l'âge des grandes luttes, souvent hélas : suivies des plus lamentables défaites. Si rien n'est beau comme un jeune homme de vingt ans sur le front duquel s'épanouit le lis de la pureté, rien non plus n'excite autant la rage de Satan et c'est vers lui qu'il dirigera ses coups les plus nombreux et les plus terribles. Il attisera le feu des passions pour égarer son cœur, il inventera des couleurs pour éblouir son imagination, et il tâchera de tromper sa raison par le subterfuge et le sophisme. Il cherchera, par la fréquence de ses attaques, à lasser son courage et à le jeter dans le désespoir. Egarer la jeunesse, la faire tomber, la souiller, voilà le grand travail de l'enfer, et pour l'accomplir, il met tout en œuvre. Le plaisir étale ses plus doux charmes, ses appâts les plus séduisants ; la gloire mondaine fait briller ses triomphes, les honneurs font miroiter leur éclat. Et c'est ainsi que le jeune homme se laisse fasciner, c'est ainsi qu'il va s'avilissant dans les plaisirs bas et les vices honteux ; c'est ainsi qu'une décrépitude anticipée flétrit ses traits, paralyse ses facultés, alanguit ses forces, que son âme se ferme à tout enthousiasme, et que, vieillard jeune encore, il se lasse de la vie.
Il faut de la volonté, il faut de l'énergie à la jeunesse pour résister aux séductions qui l'entourent et marcher dans l'austère sentier du devoir. Seule la religion peut donner cette volonté et cette énergie ; elle les donne par le ministère de l'Ange gardien qui, dans les moments de lutte, rappelle au jeune homme la noblesse de son origine et la grandeur de sa destinée, qui lui fait comprendre la mystérieuse beauté de l'immolation, et que la joie de vaincre ses passions dépasse de beaucoup la satisfaction du mal accompli.
L'Ange met sur les lèvres de l'ardente jeunesse la prière qui attiédit les bouillonnements du sang ; il lui présente la vision du ciel, la croix du Calvaire, le gouffre de l'enfer ; il lui met au cœur le souvenir d'une mère bien-aimée que ses défaillances feraient pleurer.
Un jeune homme de vingt ans écrivait à sa mère : « Maman, tu es ma meilleure amie ; tu le sais, et mon bon Ange me le dit souvent ; oui, tu es ma meilleure amie. Pourquoi m'est-il arrivé si souvent, entre l'appel du devoir et le cri de la passion, d'interposer la douce et irrésistible autorité de ta voix ? C'est parce que je prétends pouvoir toujours présenter à tes lèvres un front pur à baiser, sur lequel il n'y ait aucune flétrissure, parce que je veux avoir le droit de te regarder sans rougir ; enfin parce que je serais au désespoir de t'arracher une seule larme de douleur. Voilà pourquoi souvent je lutte, je résiste, je souffre, alors que la prière même est impuissante, et qu'il ne me reste d'autre refuge que d'évoquer ton souvenir ».

L'influence d'une mère sur le cœur de son enfant est toujours considérable. Un sourire de ses lèvres est une récompense, comme une tristesse de son regard est une punition. Est-il rien de plus doux, de plus précieux que ce bon baiser maternel, dont l'homme garde le souvenir attendrissant jusqu'au soir de la vie la plus longue ?
Mais qui pourrait dire l'influence d'une mère pieuse? Ange du foyer, elle est la puissante auxiliaire de l'Ange gardien. Quand ses paroles sont devenues sans écho, ses conseils inutiles, ses larmes même indifférentes, elle regarde le ciel, et le ciel ne reste pas insensible aux larmes d'une mère : Monique, en priant éplorée, fait rentrer Augustin dans le chemin de la sainteté. Heureuse donc la jeunesse qui garde auprès d'elle une mère qui sait prier !
Le démon, qui connaît la valeur d'un tel trésor, qui est jaloux d'une si puissante et si divine influence, fait tous ses efforts pour la diminuer et l'anéantir. Il a inventé les écoles sans Dieu, dont l'éducation impie découronne le front de la jeune fille de ce nimbe de piété modeste qui lui va si bien et en fait la mère chrétienne.
Que l'Ange gardien de la famille protège nos foyers en y conservant nos mères chrétiennes qui sont les premiers anges de la jeunesse !

J. M.

L'Ange Gardien n°10 - Février 1904 (pp.327-331)


  Saint Félix tiré de prison par un Ange

Saint Félix avait été ordonné prêtre par Maxime, évêque de Nole, sous la persécution de l'empereur Décius. Maxime s'étant enfui, Félix avait été pris, mis en prison et chargé de fers. Cependant l'évêque Maxime, dans le désert où il s'était retiré, était près de mourir de faim et de froid, manquant de tout, accablé d'années, de tristesse et d'inquiétude pour son troupeau.
Mais Dieu, qui veille toujours sur les siens, ne l'abandonna pas : au milieu de la nuit, un Ange du Seigneur parut dans la prison de Félix et l'éveilla par ses paroles et par l'éclat de sa lumière. Félix croyait d'abord que c'était un songe. L'Ange lui commande de se lever ; les fers tombent de ses mains et de ses pieds, les portes s'ouvrent ; les gardes étant endormis, Félix sort, et par des chemins inconnus il arriva jusqu'au désert où était le saint vieillard Maxime près de rendre le dernier soupir. L'ayant reconnu, il l'embrasse, le baise avec respect ; mais il le trouve sans pouls, sans voix et sans mouvement ; il ne lui restait qu'un léger souffle de respiration. Dans son embarras, Félix aperçoit sur sa tête une grappe de raisin pendue à des ronces ; il la prend, l'approche de la bouche du vieillard mourant qui, ouvrant ses lèvres déjà desséchées, presse la grappe et en reçoit le suc. Alors il reprend un peu de vigueur, la parole lui revient, il reconnaît Félix et lui dit : « Vous venez bien tard, mon fils ; il y a longtemps que Dieu m'avait promis que vous viendriez à mon secours ; reportez-moi, je vous prie, sans délai, à mon cher troupeau ». Félix le charge aussitôt sur ses épaules, le porte chez lui et le rend aux fidèles empressés de le voir.

L'Ange Gardien n°12 - Avril 1904 (pp.402-403)


  Victoire par les Anges

Le général Thimotée, au service de l'impie Antiochus, s'avançait avec une armée formidable contre les juifs, menaçant de les anéantir. Alors Judas Machabée et sa petite armée se mirent en prière, implorant le secours du ciel. La tête couverte de cendre et le corps d'un cilice, prosternés devant l'autel, ils suppliaient le Seigneur de leur être propice.
Le combat commença au lever du soleil et se poursuivit avec acharnement ; mais les troupes de Thimotée étaient plus nombreuses, et l'armée des Juifs allait faiblir. Tout à coup, au plus fort de la mêlée, il parut cinq hommes venus du ciel, montés sur des chevaux dont les freins étaient d'or. Impétueux, ils frayèrent un chemin à Judas Machabée au milieu des ennemis. Deux se mirent à ses côtés, l'environnant et le couvrant de leurs armes ; et tous les cinq lançaient contre les ennemis des traits et des foudres qui les aveuglèrent et jetèrent le désordre dans leur armée. Vingt-cinq mille hommes de pied et six cents cavaliers restèrent sur le champ de bataille.
Judas Machabée avait vaincu par le secours de la milice céleste, par le secours des Anges.

L'Ange Gardien n°1 - Mai 1904 (p.5)


  L'Ange de la pureté

Saint Amand avait pris pour épouse la vierge sainte Marthe. Un jour, comme ils s'exhortaient réciproquement à conserver pur et sans tâche le lys de leur virginité, ils virent apparaître au milieu d'eux leurs Anges gardiens tenant deux couronnes étincelantes formées de lis d'or et de diamants que le Seigneur leur envoyait. Ils les placèrent sur leur tête en les engageant fortement à persévérer dans la résolution qu'ils venaient de prendre, et disparurent immédiatement. Deux amies de Marthe, témoins de cette apparition, se trouvèrent, par les paroles des Anges, enflammées d'un si vif amour pour la virginité qu'elles se consacrèrent à Dieu dans un monastère du territoire de Langres. Amant fut élu dans la suite évêque d'Auxerre ; et après que Marthe eût rendu à Dieu son âme très pure, il transporta solennellement son corps dans sa cathédrale où il l'ensevelit. Dans sa vieillesse, son Ange l'ayant averti que son heure était venue, il se fit conduire à l'église, où, après avoir reçu la sainte eucharistie et donné sa bénédiction à son troupeau, il s'endormit paisiblement. Son âme fut aperçue par un grand nombre de personnes enlevée dans les cieux au milieu d'une multitude de blanches colombes et aux accents d'un concert de louanges en l'honneur du Très-Haut. Quant à son corps, il fut déposé à côté de celui de la vierge son épouse.

L'Ange Gardien n°2 - Juin 1904 (p.42)


  Fruits d'une neuvaine aux Saints Anges

Une pieuse mère de famille, depuis longtemps abonnée à l'Ange gardien, et ayant déjà obtenu divers bienfaits par une protection toute spéciale des saints Anges, nous a écrit :
« Encore une fois, je dois de vives actions de grâces aux bons Anges gardiens. J'avais un de mes enfants très gravement malade. Toute confiante en la puissance et la bonté des saints Anges, j'ai commencé une neuvaine de prière en leur honneur, les suppliant de venir à mon secours et de m'obtenir de Dieu la guérison de mon cher enfant. Les prières ont été merveilleusement exaucées. Le troisième jour de la neuvaine, alors que les remèdes humains semblaient rester inefficaces, un mieux très sensible se déclarait dans l'état du petit malade, et le dernier jour il était complètement guéri.
Merci de tout cœur aux bons anges en qui j'aime mettre ma confiance, et que je n'ai jamais prié en vain. Ils ont sauvé mon enfant.
J'avais promis une messe d'action de grâces en leur honneur et l'insertion de ma bien sincère gratitude dans l'Ange Gardien, s'ils m'obtenaient le bienfait sollicité par leur intercession. Je suis heureuse de remplir ma promesse envers ces célestes et puissants protecteurs ! »

L'Ange Gardien n°3 - Juillet 1904 (pp.81-82)


  Préservé par son bon Ange

Les Bollandistes, si renommés dans le monde entier pour la sévérité de leurs critiques dans l'histoire, rapportent le fait suivant qui doit nous donner une plus grande confiance en la protection de notre Ange gardien.
Saint Richard de Wich, étant professeur à l'université d'Oxford, fut invité à un festin que donnait un de ses collègues. Pendant le repas, on vint lui dire qu'un jeune homme, qui paraissait fort distingué, se tenait à cheval à la porte, et demandait à lui parler. Le maître de la maison sortit pour l'engager à entrer ; mais celui-ci s'en excusa avec une politesse exquise, et insista à demander le maître Richard, auquel il n'avait qu'un mot à dire. Richard, instruit de cette réponse, se leva sur le champ, et sortit dans la rue ; mais le cavalier n'y était plus, et ceux qui se trouvaient là ne purent lui apprendre qui il était, ni quel route il avait prise. Pendant que le docteur allait et venait s'enquérant de son cavalier, une pierre se détachant de la muraille à laquelle son siège était adossé, tomba droit à la place qu'il venait de laisser, et brisa ce qu'elle rencontra sur son passage. Il est donc à croire qu'elle l'eût tué, s'il eût été là ; en sorte que ce dérangement lui sauva la vie. Qui peut douter après cela que ce beau cavalier, qui était venu le déranger si à propos, ne fut un envoyé de Dieu pour préserver le saint homme d'un accident funeste ?

L'Ange Gardien n°4 - Août 1904 (p.114)


  L'Ange de la souffrance

Il est indéniable que sur cette terre le lot principal de l'humanité, c'est la souffrance.
Ici-bas tout gémit ; chaque chose exhale sa plainte, mais celle de l'homme domine toutes les autres, car s'il est le roi de la création, il est aussi le roi de la souffrance. C'est par un gémissement que le petit enfant ouvre les yeux à la lumière, et c'est dans un gémissement qu'il les fermera à la fin de sa carrière qui ne sera qu'un chemin plus ou moins long bordé de souffrances.
Souffrir ! ce mot est fatalement écrit sur chaque front. Il mêle partout son amertume ; il n'est pas de plaisir si grand, si pur, si doux, où l'on ne puisse trouver une goutte de ce poison. Et la souffrance a des formes innombrables de variété pour torturer le corps, 1'âme, l'esprit, le cœur. Les philosophes, les poètes, toutes les plumes ont dépeint la souffrance, se sont attardées parfois à la disséquer dans une analyse psychologique. Mais à quoi bon ! chacun ne la comprend-il pas en soi, chez soi, par soi ? S'il est une chose palpable physiquement et moralement, c'est bien la souffrance ; jamais personne ne l'a niée.
Cependant notre être est secoué d'une constante aspiration vers la joie, vers la jouissance, vers le bonheur. Le Créateur aurait-il donc été si cruel de mettre en nous un besoin qui ne doive jamais être satisfait ? et la souffrance ne peut-elle trouver un adoucissement ?
Le paganisme a inventé un mot pour supprimer la souffrance : le stoïcisme ; mais ce mot ne supprime rien. L'homme a beau se raidir contre sa douleur, a beau se dire à lui-même dans les contractions violentes de son être : Non, je ne souffre point ! il n'en est pas moins la victime de la maladie, de la douleur. La résignation stoïque n'est qu'un adoucissement bien fade à nos maux.
Mais alors ne reste-t-il donc à l'homme que la désespérance dans cette perspective de désolation, de misères, de ruines qui se montre à lui à chaque pas de son existence ?
Pendant une sombre nuit, - qui rayonnera sur le monde jusqu'à la consommation des siècles, - délaissé de ses amis, délaissé de son Père divin, Jésus, affalé dans une douleur d'agonie, douleur immense qui faisait chanceler son amour en face des méchancetés dont les hommes devaient abreuver son cœur, laissa exhaler cette plainte désolée : « Pourquoi m'avez-vous abandonné, mon Père ? Que ce calice, s'il se peut, s'éloigne de moi ». Et un ange descendit vers l'abandonné divin, un ange qui releva son courage et mit sur ses lèvres ces paroles de résignation : « Mon Père, que votre volonté soit faite et non la mienne ».
C'était l'Ange de la souffrance, l'Ange de la consolation que la Bonté divine envoie vers tous les souffrants qui l'implorent.
Que peuvent les banalités humaines, même les plus tendres, les plus cordiales, sur le désespoir d'une mère qui pleure près d'un berceau vide ? Mais l'Ange lui montre le ciel, et son âme sent l'apaisement se faire dans sa douleur. Elle entend une voix qui lui dit : Ton enfant est là-haut ; il est heureux pour toujours, et tu le retrouveras.
Il y a des larmes qui coulent si amères que rien d'humain ne saurait les adoucir.
Un jour, j'avais essayé de consoler un homme qui ne croyait point. Je ne pouvais lui parler de Dieu, de nos destinées futures, du bonheur du ciel qui répare tout : il ne croyait point. Vainement je cherchais les consolations humaines les plus fortes, les plus touchantes, les mieux senties ; sa douleur, qui était une douleur physique complétée d'une douleur morale, restait aussi cuisante, aussi cruelle, aussi désespérée.
L'Ange de la souffrance n'avait point sa place près de ce lit d'incrédule et son aile ne pouvait s'étendre pour porter l'apaisement divin.
Peu de temps après, je me trouvais auprès d'une chaise longue où gisait un jeune homme de vingt-cinq ans, immobilisé par la maladie depuis sept ans. Je le voyais pour la première fois, et je fus frappé de la sérénité de sa figure, du sourire qui l'égayait. Je n'en fus point étonné cependant, car je savais qu'il était croyant, et je comprenais qu'il puisait dans sa religion la force et la paix de son âme, un vrai contentement dans sa souffrance.
En mon esprit je fis un rapprochement entre ces deux malades, et devant une opposition si grande je pensais : La religion chrétienne, qui apporte une rayonnante consolation à ceux qui souffrent, est vraiment bonne, doit être la meilleure.
C'est Jésus qui a dit : « Bienheureux ceux qui souffrent, bienheureux ceux qui pleurent, bienheureux ceux qui sont persécutés, parce qu'ils seront consolés et posséderont le royaume des cieux ».
La vie n'est pas difficile à comprendre. Elle se résume en quelques syllabes : la volonté de Dieu. Il y en a qui appelle cela Destinée. C'est un mot bien effrayant, bien dur, bien sec. On ne peut pas prier la Destinée, tandis qu'on peut prier Dieu, Dieu qui a fait de la croix un pont pour passer de la terre au ciel. La prière est un baume pour toute douleur. Qu'ils sont à plaindre ceux qui ne croient pas, qui ne savent pas prier ! Comment peuvent-ils se résigner dans leurs peines, puisque se résigner ne peut être autre chose que mettre Dieu entre la douleur et soi ?
La foi seule donne le vrai courage de souffrir, parce qu'elle fait marcher devant elle deux vertus qui sont sœurs : l'espérance et la patience, sans lesquelles il n'y a ni héros, ni martyrs.
Ils sont bien coupables envers l'humanité ceux qui cherchent par leurs écrits, par leurs discours, par leurs actes, à amoindrir, à éteindre la foi dans les âmes, détruire la religion, à supprimer nos christs.
Vraie ou fausse cette religion d'une doctrine si consolante doit être conservée. Par quoi la remplacer auprès de ceux qui souffrent : Comment, sans l'idée d'un Dieu juste, d'une vie future réparatrice, adoucir l'agonie des cœurs, apporter la résignation dans les tortures du corps ?
Ah! puisque vous ne pouvez ordonner ni au paralytique d'emporter son grabat, ni au sépulcre de rendre ses morts, ni à l'injuste de restituer ses rapines, taisez-vous, libres-penseurs et athées, et laissez-nous écouter les voix du ciel, laissez-nous nos Anges consolateurs, les Anges de la souffrance.

J. M.

L'Ange Gardien n°5 - Septembre 1904 (pp. 147-150)


  Le culte des Saints Anges

A quelques jours de distance, l'Eglise célèbre deux fêtes en l'honneur des Esprits bienheureux : le 29 septembre en l'honneur du glorieux archange saint Michel, prince de la milice céleste, et le 2 octobre, en l'honneur des saints Anges gardiens que Dieu a spécialement chargés de veiller sur nous, de nous guider dans la vie, de nous protéger dans tous les dangers de l'âme et du corps. Par cet hommage public et solennel, l'Eglise nous montre quel prix elle attache au culte des saints Anges, et nous rappelle quels bienfaits nous pouvons recevoir du ciel par l'entremise de ces puissants médiateurs, si nous les prions avec ferveur et confiance.
L'origine du culte des saints Anges remonte non seulement au commencement de l'ère chrétienne, mais aux premiers âges du monde. Les Livres saints, l'Ancien et le Nouveau-Testament, la tradition sont remplis de l'histoire des Anges, de leurs apparitions et des bienfaits divins dont ils avaient été déjà les doux messagers pour les hommes. Qui n'a lu et admiré le rôle des Anges dans la vie des patriarches, des prophètes, des apôtres, de la sainte Vierge et d'un grand nombre de saints et saintes ?
Héritière de la révélation mosaïque, fondée sur l'autorité des saints Livres inspirés par le Saint-Esprit, sur l'Evangile, sur le divin témoignage de Notre-Seigneur qui a souvent parlé des Anges, l'Eglise a toujours reconnu et préconisé le culte des bons Anges. Aussi à peine avait-elle conquis la liberté que le monde chrétien élevait partout des sanctuaires dédiés à ces ministres de Dieu. Constantinople en a plusieurs sous Constantin le Grand, et les livres liturgiques de cette époque mentionnent différentes fêtes instituées en l'honneur des saints Anges.
Ce qui contribua beaucoup à étendre rapidement le culte des saints Anges, furent les faveurs signalées obtenues du Ciel par leur intercession. Le nombre de ces grâces est considérable ; il serait facile de multiplier les citations.
Le culte des Anges n'a pas cessé de faire des progrès dans la suite des siècles chrétiens, et nous constatons avec bonheur les admirables accroissements qu'il a pris de nos jours. Sans parler de plusieurs fêtes particulières instituées en l'honneur des saints Anges, l'Eglise universelle célèbre, le 8 mai, l'anniversaire de l'apparition de saint Michel sur le mont Gargan ; le 29 septembre, la dédicace du sanctuaire élevé sur la sainte montagne comme fête générale en l'honneur de tous les Anges ; le 18 mars, la fête de saint Gabriel ; le 21 octobre, celle de saint Raphaël ; et le 2 du même mois, celle des Anges gardiens. C'est sûrement à la divine Providence, qui toujours proportionne le secours aux épreuves et les remèdes aux maux, qu'est dû le développement de la dévotion envers les saints Anges. Sous son inspiration, les fidèles enfants de l'Eglise sentent de plus en plus le besoin de se mettre sous l'égide de ces puissants protecteurs. D'ailleurs, l'exemple leur vient de haut ; dans ses plus douloureuses angoisses, le Vicaire de Jésus-Christ a répété bien des fois que toute sa confiance était en Dieu et dans ses Anges. Les temps sont mauvais, jamais l'Enfer ne s'était déchaîné avec autant de fureur contre la sainte Eglise. Mais ne craignons pas ; l'Eglise de Jésus-Christ vivra jusqu'à la fin des siècles, continuant toujours à chanter sa vitalité et son triomphe sur la tombe de ses ennemis. Dieu la garde et les Anges sont ses ministres.
Aimons, honorons les saints Anges, implorons surtout l'assistance de notre bon Ange gardien, cet aimable et fidèle compagnon de notre vie. Dans toutes nos nécessités, dans toutes nos peines, appelons-le à notre aide. Il est plein d'une tendre sollicitude pour nous et il est heureux d'employer sa puissante intercession à nous obtenir du Seigneur les grâces les plus précieuses et les plus abondantes.

Raoul de Méran.

L'Ange Gardien n°6 - Octobre 1904 (pp.183-185)


  Saint François Régis et les Anges

Saint François Régis avait une tendre dévotion aux saints Anges et particulièrement à son bon Ange gardien, auquel il s'adressait avec la plus grande confiance, mettant son salut entre ses mains, et lui demandant de bénir toutes ses actions, pour la plus grande gloire de Dieu.
Il ne passait jamais à côté d'une église ou dans une paroisse sans saluer l'Ange gardien de l'église, de la paroisse et de chaque habitant ; il avait toujours remarqué dans cette dévotion les plus heureux fruits. S'il voyait venir un pécheur pour se confesser, il commençait par le recommander à son bon Ange, et le conjurait de toucher cet homme, de le presser et de lui faire comprendre l'importance de son salut.
Les saints Anges ne laissaient pas cette pieuse confiance sans récompense. Sa vie en fournit un grand nombre de preuves. Un jour, il est arrêté par une main invisible ; il ne peut avancer. Dans cet intervalle, on ouvre une fenêtre d'un quatrième étage d'où l'on demande à grands cris un prêtre pour assister une personne qui se mourait. Il monte et il a le temps d'entendre la confession de la mourante et de lui administrer les derniers sacrements.
Qui avait pu l'arrêter dans la rue ? C'était sans doute l'Ange gardien de cette personne, afin qu'il pût lui aider à bien mourir. C'est d'autant plus évident que l'Ecriture sainte nous dit : Dieu a ordonné à ses Anges d'avoir soin de nous et de nous garder dans toutes nos voies.

L'Ange Gardien n°6 - Octobre 1904 (p.185)


Depuis 1891, la revue "L'Ange Gardien" créée et dirigée par les Clercs de Saint-Viateur, fait connaître et aimer tous les saints Anges.
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L'Ange Gardien - 21, Montée St-Laurent - 69005 Lyon - France
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