La dévotion au Sacré-Coeur de Jésus

Annexes




5. 1879-1907 : le Parti républicain au pouvoir
nouvelles mesures anticléricales


N.B. : la notion d'anticléricalisme a été forgée en 1852 après le coup d'état bonapartiste, pour marquer l'opposition à ceux (les "cléricaux") qui en 1848 visaient à subordonner le pouvoir civil au pouvoir religieux. Nous donnons ici à ce terme le sens plus large communément admis d'opposition au clergé.

1877 : Le 4 mai, à la tribune de la Chambre des députés, Léon Gambetta (1838-1882) qui s'est proclamé le "commis voyageur" de l'anticléricalisme - termine un réquisitoire contre l'Eglise catholique par ces mots : "Je ne fais que traduire les sentiments intimes du peuple de France en disant du cléricalisme ce qu'en disait un jour mon ami Peyrat : le cléricalisme, voilà l'ennemi". Il a fondé la République française, journal anticlérical bientôt rejoint par le Dix-neuvième siècle dirigé par About et Sarcey, et le Rappel de Vacquerie et Lockroy, presse qui dénonce quotidiennement les prétendus abus de pouvoir des prêtres.
Le 9 mai, Mgr Guibert, archevêque de Paris, écrit à M. Martel, ministre de la justice et des cultes : "C'est donc bien nous tous, évêques, prêtres, fidèles, qu'on désigne par cette qualification de cléricaux. C'est du catholicisme ainsi considéré qu'on a dit : "Voilà l'ennemi !". C'est nous tous qui sommes dénoncés comme ennemis de la patrie ; non plus seulement par la presse radicale, mais par la Chambre et par le gouvernement".

1879 : Le 5 janvier, les républicains obtiennent la majorité au Sénat. Le 31 janvier, ils instituent le 14 juillet fête nationale, et la Marseillaise hymne national. Le 21 février, la Chambre vote la démolition des Tuileries.
Le 26 mars, Jules Ferry (1832-1893), ministre de l'Instruction publique, dépose à la Chambre son projet de loi sur la liberté de l'enseignement. Il prévoit la suppression de la lettre d'obédience qui remplaçait légalement pour les congrégations enseignantes les diplômes académiques, la suppression du jury mixte pour la collation des grades de l'enseignement supérieur, et l'article 7 prévoit que "nul n'est admis à participer à l'enseignement public ou libre, ni à diriger un établissement de quelque ordre qu'il soit, s'il appartient à une congrégation religieuse non reconnue". Les débats à la Chambre des députés, ouverts le 16 mai, sont orageux. Jules Ferry, qui veut "organiser l'humanité sans roi et sans Dieu", affiche ouvertement son hostilité à l'Eglise : "La République est perdue si l'Etat ne se débarrasse pas de l'Eglise, s'il ne désenténèbre pas les esprits du dogme".
Le 9 juillet, l'ensemble du projet est adopté à la Chambre par 362 voix contre 159.
Le 2 août, le Sénat repousse le projet.
L'armée est défendue de participer aux cérémonies religieuses.

1880 : Du 23 février au 10 mars, reprise des débats sur le projet de loi de Jules Ferry, qui est de nouveau adopté, mais cette fois sans l'article 7. Le Sénat confirme ce vote. Les décrets du 29 mars reprendront la teneur de l'article abandonné.
Le 5 mars, Jules Ferry déclare à la Chambre : "Nous vous convions à soutenir avec nous le combat de tous ceux qui procèdent de la Révolution française, de tous ceux qui ont recueilli son héritage". Son collaborateur protestant Ferdinand Buisson (1841-1932) déclarera quelques années plus tard dans "Foi laïque" : "Nous avons arraché l'homme à la tutelle despotique de l'Eglise. Nous avons permis à l'âme humaine de s'en aller librement, sans influence étrangère, vers le vrai, le bien, le beau, dont elle a le secret dans sa propre conscience et sa nature elle-même".
Les 29 et 30 mars, Jules Ferry signe deux décrets : le premier impose aux Jésuites de se disperser et d'évacuer leurs communautés et résidences dans un délai de trois mois, et les établissements scolaires dans les cinq mois. Jules Ferry entend "arracher l'âme de la jeunesse française" à la Compagnie de Jésus. Les Jésuites seront chassés par la force des baïonnettes. Le second décret invite l'ensemble des congrégations non autorisées à régulariser leur situation dans le même délai, sous peine d'expulsion. Devant leur résistance, c'est manu militari que 6000 religieux seront ainsi dispersés.
Suppression de l'enseignement religieux dans les écoles publiques. Réorganisation du Conseil Supérieur de l'Instruction publique (les évêques, officiers et magistrats en sont exclus).
Le 31 mars, Léon XIII déclare à M. Desprez, ambassadeur de France au Vatican : "L'Eglise, qui cherche le salut des âmes, n'a point de désir plus ardent que celui de conserver la paix avec ceux qui gouvernent la chose publique, comme d'entretenir cette paix entre les peuples. Seulement l'Eglise ne change jamais. Aussi sommes-nous dolent d'apprendre que l'on entendrait adopter certaines mesures envers les congrégations religieuses. Aux yeux du Saint-Siège, les congrégations ont toutes une valeur égale. Notre cœur ressentirait donc une douleur profonde en les sachant en butte à l'hostilité du pouvoir, et c'est alors que nous devrions élever la voix pour protester en leur faveur".
Suppression de la loi interdisant le travail du dimanche.
Le 9 novembre, une déclaration ministérielle recense la dispersion de 261 établissements religieux non autorisés.

1881 : Le 16 juin, loi sur la gratuité de l'école primaire. Rappelons que dès 1681, les Frères des Ecoles Chrétiennes avaient été fondés précisément pour instruire gratuitement les enfants du peuple…
Laïcisation des hôpitaux, des pompes funèbres, et des cimetières. Les crucifix sont retirés des tribunaux. Des croix sont abattues par arrêté municipal.
Le 18 septembre, Paul Bert (1833-1886), ministre de l'Instruction publique, déclare aux instituteurs :
"L'école symbolise la science, reine des temps modernes ; l'Eglise symbolise la foi, reine des temps obscurs et passés. Et le curé c'est l'homme de foi contre l'homme de science… Abandonnons donc cette pauvre école qui s'étiole à l'ombre de l'Eglise, et tournons-nous vers l'école de l'avenir, l'Eglise libre et ensoleillée".

1882 : En janvier, l'interdiction qui était faite à la librairie d'introduire en France les livres immoraux et les gravures obscènes est levée.
Le 14 janvier, Gambetta dépose un projet de révision des lois constitutionnelles. A sa volonté d'en ôter toute mention relative à Dieu, M. Gabriel de Belcastel répond par un courrier où l'on peut lire : "Aujourd'hui, Monsieur le Président du Conseil, vous jetez, avec un dédain mal joué, le reniement solennel du nom de Dieu, qu'une Assemblée nationale avait gravée dans la loi constitutionnelle. Vous rayez d'un trait de plume ce nom que, durant quarante siècles et sous tous les cieux du globe, l'humanité a respecté. Prenez garde ! Vous pouvez expulser Dieu d'une Constitution qui va mourir, vous ne l'expulserez jamais du gouvernement du monde. A l'heure même où vous lui donnez congé, il s'apprête à vous signifier le vôtre ; il compte les semaines de votre pouvoir débile. Vous tomberez comme les autres, plus bas que d'autres, et longtemps après que vous serez tombé, l'Eglise immortelle, debout sur les cendres des ennemis de Dieu, célèbrera triomphalement des sacrifices réparateurs pour l'apostasie nationale que vous aurez tenté d'accomplir en passant…"
Le 28 janvier, Gambetta démissionne, à la suite du rejet de son projet de révision par les députés. Il décèdera le 31 décembre de la même année.
Le 7 mars, la Chambre demande l'abrogation du Concordat de 1801.
Le 29 mars, laïcisation des écoles primaires publiques : l'enseignement primaire devient obligatoire et laïc. Ici encore, rappelons que Louis XIV avait édicté l'obligation scolaire dès 1698… En 1882, sur 63.510 institutrices, soit publiques, soit privées, il y a 39.401 religieuses, et les seules classes communales emploient 25.658 maîtres ou maîtresses congréganistes.
Le 28 mai, loi définissant la laïcité à l'école. Suppression de l'instruction religieuse obligatoire en France. Suppression des aumôniers de lycée. Le crucifix est enlevé des écoles publiques. Le sénateur Jules Simon (1814-1896) déclare à la tribune :
"Je ne me sens plus dans le monde où j'ai vécu, dans le monde où j'ai enseigné, alors que nous inscrivions le nom de Dieu dans la loi, parce que, dans ce nom, nous voyions une source de courage et de vertu".

1883 : Interdiction est donnée aux troupes de paraître officiellement aux cérémonies religieuses.
En mars, Léon XIII écrit au président Jules Grévy (1807-1891) : "Au moment où toutes les nations, effrayées des maux qui proviennent des mauvaises doctrines, se rapprochent du souverain pontificat, qu'ils savent être en possession du vrai remède social, on serait douloureusement impressionné de voir la France, cette fille aînée de l'Eglise, alimenter en son sein les luttes religieuses, et par conséquent perdre cette union et homogénéité des citoyens qui a fait sa vitalité et sa grandeur propre, et obliger l'histoire à proclamer que l'œuvre inconsidérée d'un jour a détruit en France le travail grandiose des siècles".
Le 31 mai, Paul Bert dépose sur le bureau de la Chambre un rapport contenant une série de projets et de proposition nouvelles : dénonciation du Concordat, sécularisation et confiscation des biens du clergé séculier et régulier, séparation de l'Eglise et de l'Etat. Il écrit :
"La religion qu'il s'agit de combattre, la seule, est celle qui inscrit au registre de ses baptêmes les quatre-vingt-dix-sept centièmes des enfants de ce pays. C'est cette Eglise forte, immuable, disciplinée, hiérarchisée, qui depuis son triomphe sur l'arianisme, a dominé en souveraine dans ce pays, dont les rois s'honoraient du titre de ses fils aînés, qui a été seule la règle et la maîtresse du développement intellectuel ; qui pendant quatorze siècles a élevé à sa guise les enfants de ce pays, les empreignant de son esprit jusqu'aux moelles ; qui a pétri, peut-on dire, l'âme de la France, mettant sur chaque génération sa marque souveraine. […] Le mouvement naturel des civilisations modernes pousse les sociétés à la séparation. Un jour les concordats iront rejoindre dans l'oubli les constitutions civiles du clergé et les religions… Mais les conditions actuelles dans lesquelles l'Eglise vit et se meut s'opposent à la réalisation de ce principe logique. […] Commençons par changer ces conditions, pour préparer le triomphe futur de l'idée que nous combattons aujourd'hui… Commençons par enlever à l'Eglise l'autorité factice qu'elle a prise sur le pays. Exigeons d'elle l'obéissance aux prescriptions concordataires qu'elle a stipulées elle-même. Enfin, attendons le jour où l'éducation publique, et particulièrement celle des femmes, ait préparé des esprits capables de supporter avec fermeté la période d'établissement de la liberté religieuse. […] Les lois d'instruction, l'abolition de l'exemption du service militaire, la suppression des congrégations, telles sont les principales mesures législatives par lesquelles pourra être combattue l'influence politique de l'Eglise… Quand ce résultat sera obtenu, quand les lois que j'ai indiquées seront votées, quand l'éducation publique aura été modifiée par le jeu des institutions nouvelles, alors il sera possible sans danger […] de prononcer la séparation de l'Eglise et de l'Etat".

1884 : Le 8 février, publication de l'Encyclique Nobilissima Gallorum gens de Léon XIII, qui proteste contre la laïcisation en France, et prône l'entente entre l'Eglise et l'Etat.
Suppression des prières pour la rentrée du Parlement, des aumôniers dans les hôpitaux, des facultés de théologie catholique.
Le 27 juillet, la loi Naquet rétablit le droit au divorce.

1886 : Le 22 juin, loi interdisant le territoire national aux chefs des familles ayant régné en France.
Le 30 octobre, loi ordonnant que les écoles publiques soient confiées à des laïcs. L'ensemble du personnel enseignant doit être laïcisé, les congréganistes sont interdits aux postes d'instituteur communal.

1887 : Suppression des aumôniers dans les colonies.

1888 : Le 20 juin, publication de l'Encyclique Libertas de Léon XIII, sur la liberté et les libertés. "Il n'est pas défendu de préférer pour l'Etat des conditions qui fassent la part de l'élément démocratique, à condition toutefois qu'on observe la doctrine catholique sur l'origine et l'exercice du pouvoir. L'Eglise ne réprouve aucune forme de gouvernement, du moment qu'elle est apte à procurer le bien de la nation ; mais elle veut, comme il est juste, que son établissement ne viole le droit de personne et respecte ceux de l'Eglise".

1889 : Le 15 juillet, loi instituant le service militaire de trois ans, et obligeant les séminaristes et ministres du culte à effectuer ce service.

1890 : Le 12 novembre, le cardinal Charles Lavigerie (1825-1892), archevêque d'Alger (1867) et de Carthage (1884), de retour de Rome où il a rencontré Léon XIII, déclare à l'occasion d'un toast porté à Alger devant les autorités militaires, maritimes et administratives du pays : "Quand la volonté d'un peuple s'est nettement affirmée sur la forme du gouvernement, et lorsque, pour arracher un peuple aux abîmes qui le menacent, il faut l'adhésion sans arrière-pensée à cette forme politique, le moment est venu de déclarer l'épreuve faite ; et il ne reste plus qu'à sacrifier tout ce que la conscience et l'honneur permettent, ordonnent à chacun de nous de sacrifier pour le salut de la patrie. […] Entrer dans l'édifice pour en soutenir les colonnes, faire de cette adhésion une œuvre de résignation, de raison, et pour les catholiques une œuvre de conscience, puisque le pape en a donné le conseil explicite : hors de là rien n'est possible, ni pour conserver l'ordre et la paix, ni pour sauver le monde du péril social, ni pour sauver le culte même dont nous sommes les ministres".
Le 28 novembre, le cardinal secrétaire d'Etat Rampolla écrit au nom du pape à l'épiscopat français, exhortant "les catholiques à prendre part aux affaires de leur pays, à tenter en ce sens une œuvre opportune et salutaire, entrant ainsi dans une voie plus prompte et plus sûre pour atteindre le noble but du bien de la religion et du salut des âmes".

1892 : Le 16 février, Léon XIII publie l'Encyclique Inter innumeras sollicitudines, adressée en français "à tous les évêques et catholiques de France" (Au milieu des sollicitudes), en faveur du ralliement des catholiques aux gouvernements laïques : "Une telle attitude est la plus sûre et la plus salutaire à garder pour tous les Français dans leurs relations civiles avec la République, qui est le gouvernement actuel de leur nation".
Les bourses aux séminaristes sont supprimées.

1893 : Vote d'une diminution de 11 millions de francs sur le budget des cultes. Les processions religieuses sont interdites dans plusieurs villes françaises, et de nombreux évêques et prêtres se voient privés de leur traitement.
En décembre, Jean Jaurès (1859-1914), député socialiste, fait le bilan de l'école athée, et des responsabilités à endosser en cette fin de XIX° siècle : "Vous avez voté des lois d'instruction ; vous avez voulu que l'instruction fût laïque, et vous avez bien fait. Ce que vous avez proclamé, c'est que la seule raison suffisait à tous les hommes pour la conduite de la vie. Vous avez définitivement arraché le peuple à la tutelle de l'Eglise et de ses dogmes. Vous avez interrompu la vieille chanson qui berçait la misère humaine, et la misère humaine s'est réveillée avec des cris, elle s'est dressée devant vous. Vous avez arrêté ce rayonnement religieux, et vous avez concentré dans les revendications sociales tout le feu de la pensée, toute l'ardeur du désir. C'est vous qui avez élevé la température révolutionnaire du prolétariat ; et si vous vous épouvantez aujourd'hui, c'est devant votre œuvre !".

1895 : Lois fiscales contre la main-morte des congrégations : loi d'accroissement et loi d'abonnement.

1899 : Le 11 novembre, la police envahit l'Assomption, rue François 1° à Paris. Les Augustins sont déférés en correctionnelle pour infraction à la loi sur l'interdiction des associations non autorisées, et leur Ordre est dissous. Le journal La Croix qu'ils ont créé en 1883 est racheté par Féron-Vrau, industriel lillois.

1901 : Le 1° juillet, vote de la loi de Waldeck-Rousseau sur les associations, qui restreint le droit des congrégations (art. 13 et 16). Les congrégations existantes doivent solliciter une autorisation dans un délai de trois mois, sous peine d'être déclarées illicites et dissoutes, et aucune congrégation religieuse ne peut plus se former sans cette autorisation. L'enseignement est interdit aux associations non autorisées, et l'ouverture d'un nouvel établissement par une congrégation autorisée doit faire l'objet d'un décret. 160.000 religieux se trouvent ainsi menacés. Sous l'impulsion d'Emile Combes, successeur de Waldeck-Rousseau, toutes les demandes de création (600 demandes déposées) sont rejetées par la Chambre, et les congrégations non autorisées sont dissoutes ou contraintes à l'exil (3 octobre).

1902 : En mai, le bloc des gauches remporte les élections législatives.
Le 27 juin, le président du Conseil Emile Combes décrète la fermeture des écoles religieuses n'ayant pas fait l'objet d'une autorisation (plus de 3000 établissements sont touchés), en application de la loi de 1901. Cette mesure déclenche de nombreuses manifestations, à Paris et en Bretagne.

1903 : Le 10 janvier, Léon XIII proteste contre l'attitude de l'Etat français vis-à-vis de la religion catholique.
Le 18 mars, la Chambre repousse en bloc les demandes d'autorisation de vingt-cinq congrégations monastiques. Le 23, celles de vingt-huit « prédicantes ». Les religieux voués à l'apostolat sont traînés dans les prétoires, comme en 1880.
Le 29 avril, apogée des mesures anticléricales. La Grande Chartreuse est évacuée par la troupe.

1904 : Le 31 avril, une circulaire du garde des Sceaux prescrit de profiter des vacances de Pâques pour retirer crucifix et emblèmes religieux des prétoires et salles d'audience.
Le 7 juillet, vote d'une loi abrogeant la loi Falloux de 1850, qui interdit désormais l'enseignement à toutes les congrégations religieuses, autorisées ou non. Elle entre en vigueur le 3 janvier 1905. Ecoles, dispensaires ou maisons de charité, plus de 17.000 œuvres congréganistes ont ainsi été fermées depuis 1901, et 50.000 religieux ou religieuses ont du quitter la France. René Viviani, ministre du Travail, déclare : "Nous avons éteint dans le ciel des lumières qu'on ne rallumera plus."
Le 13 juillet, la rupture du Concordat de 1801 est décidée en Conseil des ministres.
Le 30 juillet, rupture des relations diplomatiques avec le Vatican.
Le 16 décembre, vote de la loi abrogeant l'art. 298 du Code civil, qui interdisait, en cas d'adultère, d'épouser son partenaire.

1905 : Le 18 janvier, démission du gouvernement Combes, suite au scandale des "fiches" : on a appris (par le secrétaire-adjoint qui a transmis ces fiches au député nationaliste Guyot de Villeneuve) que le Grand Orient - organisme maçonnique - a fourni des renseignements sur les opinions politiques et religieuses des officiers, renseignements qui ont permis au général André (1838-1913), ministre de la guerre, de constituer un fichier détaillé du commandement de l'armée et de favoriser l'avancement des Républicains.
Le 3 juillet, la Chambre adopte la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, qui sera ratifiée par le Sénat le 9 décembre suivant. Elle sera complétée en mars et juin 1907.
Le 8 juillet, publication au Journal Officiel d'une liste de couvents et congrégations dont la suppression a été décidée. Un délai de six semaines est accordé pour l'exécution du décret.
Le 9 décembre, défendue par Aristide Briand (1862-1932), la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat est votée au Sénat. La loi abroge le Concordat de 1801. Le budget des cultes est supprimé. L'Eglise doit former des associations cultuelles, seules désormais qualifiées pour recevoir les biens des paroisses, évêchés et autres établissements ecclésiastiques. Ces biens seront transférées aux associations après "inventaire".

1906 : Le 18 janvier, élection d'Armand Fallières (1841-1931) à la présidence de la République. Anticlérical, il a aussi été l'auteur en 1883 de la proposition de loi visant à expulser du sol français les princes héritiers des anciennes familles royales.
Le 11 février, Pie X, dans l'Encyclique Vehementer nos, condamne la loi de séparation et la dénonciation du Concordat. Le 10 août, par l'Encyclique Gravissimo officii, il repousse les "associations cultuelles" comme présentant un danger de schisme.
En mars, les "inventaires" prennent une tournure dramatique. Les fidèles défendent les églises et maisons religieuses que la police vient inventorier, notamment en Bretagne et à Paris. Echauffourées parfois sanglantes. On défère devant les tribunaux ceux qui ont "ceinturé les commissaires de police" voulant ouvrir les tabernacles. Une amnistie générale est proclamée le 12 juillet, mais les inventaires reprennent en novembre avec l'aide de l'armée.
Le 11 décembre, la loi de séparation entre en vigueur. Evêchés, presbytères et séminaires sont évacués, et les bâtiments sont mis en vente.

1907 : Le 2 janvier, une loi est votée qui maintient leur affectation religieuse aux lieux de culte. Les crucifix sont retirés des classes des écoles libres.
200 Associations cultuelles catholiques non romaines officiellement déclarées se regroupent au sein de la "Ligue des Catholiques de France", dirigée par le journaliste Henri des Houx (1848-1911), puis au sein du "Secrétariat des Associations Cultuelles Catholiques" dirigé par l'Abbé Félix Meillon et l'avocat Bonzon. L'Eglise gallicane française - relancée à Paris en 1872 par le Père Hyacinthe (Charles Loyson, 1827-1912) et légalisée par décret en date du 3 décembre 1883 - sera structurée par Joseph-René Vilatte (1854-1929), archevêque non romain ordonné à l'épiscopat en 1892. Le journal le Gallican, fondé en 1921 par Mgr Louis-François Giraud (1876-1950) en remplacement du Réveil Catholique, paraît encore de nos jours.

1908 : Le 13 avril, les biens des évêchés sont attribués aux communes et à l'Etat.

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1919 :    La plupart des congrégations religieuses qui avaient été supprimées en 1901 se reforment en France (jusqu'en 1931).

1920 :    Le 30 novembre, rétablissement des relations diplomatiques avec le Saint-Siège.

1925 :    En février, arguant d'un "manque de crédit", et au nom du principe de la laïcité, le gouvernement supprime l'ambassade de France au Vatican.



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